La manœuvre a beau se répéter, elle ne laisse jamais indifférent. Le 25 février 2026, SpaceX a diffusé les images de retour du booster B1093 après sa mission Starlink, et quelque chose dans ce plan fait plus que simplement documenter un exploit technique.
Le 25 février 2026, une Falcon 9 décollait de la base spatiale de Vandenberg en Californie à 6h17 du matin, heure locale, pour larguer 25 satellites Starlink en orbite basse. Comme le rapportent NASASpaceflight.com et Digital Trends, c'est au retour que tout s'est joué. Pour comprendre pourquoi ces images circulent autant, il faut se souvenir qu'avant 2015, récupérer le premier étage d'une fusée après un vol orbital relevait de la pure science-fiction.
Ce qui s'est passé au-dessus du Pacifique
Le booster B1093 en était à son 11e vol consécutif : une pièce déjà rodée, qui avait notamment servi à des missions militaires (SDA T1TL-B, SDA T1TL-C) avant d'enchaîner les rotations Starlink. Après la séparation des étages, le propulseur de 41,2 mètres a entamé son retour autonome vers le drone-navire « Of Course I Still Love You », ancré dans le Pacifique.
La séquence de récupération suit un protocole précis. Après séparation, le booster effectue une rotation à l'aide de propulseurs à gaz froid. Il déploie ensuite ses gouvernes aérodynamiques pour piloter sa trajectoire dans l'atmosphère, enchaîne une combustion de freinage en entrée, puis allume ses moteurs une dernière fois quelques secondes avant l'impact pour se poser verticalement, pattes déployées. Le tout se joue en moins de neuf minutes depuis le décollage.
Ce qui a fait le tour des réseaux sociaux, c'est la vidéo tournée par une caméra embarquée sur la fusée elle-même, montrant le lever du soleil au-dessus du Pacifique pendant la descente.
Derrière l'esthétique, il y a une logique industrielle froide. SpaceX enchaîne les lancements à un rythme que personne d'autre ne tient : en 2025, la Falcon 9 avait déjà signé plus de 170 vols, dont une grande partie depuis Vandenberg. Chaque récupération de booster réduit les coûts de la mission suivante. B1093 repart désormais pour un 12e vol. La beauté du spectacle sert aussi de communication de masse gratuite, là où d'autres agences spatiales paient des agences de relations publiques.
Ce n'est pas un hasard si ces vidéos sortent toujours dans des conditions lumineuses flatteuses. SpaceX sait depuis longtemps que l'image travaille pour elle, bien au-delà du bulletin de mission.