Île-de-France Mobilités lance Covoit IDFM, une application centralisée de covoiturage subventionné. Objectif : offrir une alternative crédible aux habitants de la grande couronne qui regardent passer… rien du tout.

2 mois et demi après une mise en ligne sans tambour ni trompette, Île-de-France Mobilités a officiellement lancé Covoit IDFM, développée en partenariat avec l'opérateur Karos. Cette application unifie sous une seule interface tous les services de covoiturage régionaux, jusqu'ici éparpillés entre plusieurs plateformes depuis 2021. La région cible prioritairement les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise, où l'offre de transports collectifs reste lacunaire. Quelques semaines après le lancement, l'application affiche déjà 50 000 inscrits et 400 000 trajets effectués.
Deux modes pour deux types de galères
Covoit IDFM propose deux formules distinctes selon vos besoins. Le covoiturage planifié fonctionne comme un service de mise en relation classique : vous renseignez votre trajet domicile-travail sur l'application, qui vous jumelle avec un conducteur effectuant le même parcours. Utile pour les trajets réguliers ou lorsque le réseau habituel tombe en panne.
La deuxième option, baptisée « ligne de covoiturage », copie le fonctionnement d'un bus. Vous vous rendez à un arrêt physique matérialisé sur la voie publique, vous signalez votre présence via l'app ou par SMS, et vous attendez qu'un conducteur inscrit sur cette ligne s'arrête Trois lignes existent actuellement, reliant Cernay-la-Ville, Saint-Quentin-en-Yvelines, Les Ulis et Pont de Sèvres. D'autres sont prévues pour 2026, sans calendrier précis pour l'instant.

Pour les conducteurs, le système affiche la demande des passagers sur des panneaux lumineux au bord de la route, avec leur destination. Ils récupèrent les personnes aux arrêts sélectionnés sans modifier leur itinéraire habituel. Une rémunération de 2 euros par passager leur est versée pour les trajets de moins de 20 kilomètres, puis 10 centimes par kilomètre supplémentaire jusqu'à 30 kilomètres, dans la limite de 3 euros et 200 euros mensuels.
Une gratuité temporaire pour doper l'adoption
Les détenteurs d'un pass Navigo annuel, mensuel ou Imagine R bénéficient de deux trajets gratuits par jour, à condition d'avoir plus de 18 ans. Pour les autres, l'application reste gratuite jusqu'au 1er avril 2026. Passé cette date, les non-abonnés Navigo paieront 50 centimes pour tout trajet de moins de 20 kilomètres, puis 10 centimes par kilomètre additionnel jusqu'à 30 kilomètres, avec un plafond fixé à 1,50 euro.
Certaines restrictions s'appliquent toutefois : les trajets dont le départ ou l'arrivée se situe hors Île-de-France ne sont pas subventionnés, tout comme ceux effectués intégralement dans Paris ou le long d'une ligne concurrençant directement le réseau de transports collectifs existant. En 2025, la région avait déjà subventionné 3,5 millions de trajets en covoiturage, soit une hausse de 25% par rapport à 2024. Karos, choisi en juillet 2025 comme unique opérateur pour deux ans renouvelables, devra notamment gérer un système de contrôle anti-fraude. Reste à voir si cette centralisation suffira à transformer l'essai dans les zones où la voiture demeure le seul moyen réaliste de se déplacer.