OpenAI monte au créneau. En pleine guerre technologique entre les deux premières puissances mondiales, la start-up accuse son homologue chinoise, DeepSeek, d'avoir recours à une pratique illégale pour entraîner son futur modèle. On fait le point.

Il y a un tout petit peu plus d'un an, DeepSeek secouait le monde de la tech en lançant R1, un modèle de raisonnement ultra performant. Sa prouesse ? L'avoir entraîné sans accès aux meilleures puces d'intelligence artificielle (IA) signées NVIDIA. De quoi faire drastiquement chuter les coûts et remettre en cause le modèle défendu par la Silicon Valley. Désormais, la jeune pousse chinoise travaille sur un successeur, et OpenAI porte de graves accusations à son encontre.
DeepSeel aurait recours à la distillation de modèles
Le créateur de ChatGPT a fait parvenir un mémo à la commission spéciale de la Chambre des représentants américaine, chargée de la concurrence stratégique avec la Chine. Il affirme avoir identifié des comptes liés à DeepSeek cherchant à contourner ses garde-fous techniques afin d'accéder à ses modèles.
L'entreprise de Sam Altman évoque notamment des méthodes passant par des « routeurs tiers obfusqués » destinés à masquer l'origine des requêtes. Elle l'accuse aussi d'avoir développé du code permettant de récupérer des réponses générées par ses IA « de manière programmatique », dans le but de les réutiliser pour entraîner leurs propres systèmes.
C'est une pratique que l'on appelle distillation, qui consiste à faire évaluer les réponses d'un modèle puissant par un autre afin de transférer indirectement ses apprentissages. Ainsi, OpenAI déplore des « efforts continus pour profiter gratuitement des capacités développées par les laboratoires américains ».

- Compréhension avancée du langage naturel
- Réponses adaptées à des contextes variés
- Disponible en plusieurs langues
Pas une première
Ce n'est pas la première fois que la firme profère de telles allégations. Elle dénonçait des pratiques similaires l'année dernière également, peu de temps après le lancement de DeepSeek R1.
De son côté, la start-up chinoise doit naviguer dans un contexte complexe en raison des lourdes sanctions américaines pesant sur la Chine. Elle est privée des meilleures puces d'IA, ce qui la freine clairement dans ses efforts. Mais elle pourrait à nouveau surprendre le secteur avec son prochain modèle. Reste à voir si Washington sévit face aux accusations d'OpenAI.
Source : Reuters