Malgré un contexte tendu et une transition semée d’embûches, la marque britannique Jaguar avance sur le développement de sa future GT 100 % électrique. Un modèle stratégique, pensé pour incarner le renouveau du constructeur sur le segment du luxe.

En septembre dernier, alors que Jaguar était déjà très critiquée pour une nouvelle stratégie de communication jugée trop « woke » et la décision de stopper toutes ses productions pour revenir en 2026 avec des véhicules plus haut de gamme et 100% électriques, la marque était la cible d'une cyberattaque massive, entrainant la fermeture de ses systèmes.
Jaguar, de la traversée du désert à celle du cercle polaire
Avant cela, en août dernier, Adrian Mardell quittait ses fonctions chez Jaguar après trente ans passés au service de la marque. Jaguar était alors engluée dans une série de controverses et confrontée à un effondrement sans précédent de ses ventes depuis la fin de l’année précédente, après avoir opté pour une stratégie tournée vers un avenir entièrement électrique.
Mais sur le terrain, la transition peinait à convaincre. Alors que Jaguar cherchait à redéfinir son image et son positionnement, les chiffres traduisaient une perte de vitesse spectaculaire. Fin 2024, la marque levait le voile sur un concept-car électrique radical, la Type 00, et prépare son arrivée pour cette année.
Un nouveau modèle électrique de 1 000 ch attendu en 2026
La marque britannique a récemment donné des nouvelles de sa future sportive électrique, un modèle très attendu qui devait initialement voir le jour l’an dernier, mais dont le calendrier a glissé à plusieurs reprises.
Dernière étape en date : des essais grandeur nature menés dans les conditions extrêmes du cercle polaire arctique, où les prototypes ont affronté des températures descendant jusqu’à -40°C afin de valider leurs choix techniques.
Pour l’heure, cette Jaguar électrique conserve encore l’appellation provisoire « GT », son nom définitif n’ayant pas encore été officialisé. Entièrement électrique, cette berline de luxe ambitionne clairement de repositionner Jaguar parmi les références du segment haut de gamme.
« Jaguar a toujours été synonyme de plaisir de conduite, et notre nouvelle GT électrique quatre portes ne fera pas exception. Elle marque un tournant majeur dans nos ambitions technologiques », souligne Matt Becker, responsable de l’ingénierie chez Jaguar.
Une promesse qui se traduit par une berline GT à quatre portes, chaussée d’imposantes jantes de 23 pouces et animée par une triple motorisation électrique développant plus de 1 000 chevaux. Mais après cette succession de controverses, le félin peut-il encore retomber sur ses pattes avec sa stratégie 100% électrique ?
Source : Jaguar
À très basse température, les réactions électrochimiques d’une batterie ralentissent, ce qui réduit la puissance disponible et l’autonomie, tout en allongeant les temps de charge. Le système de gestion de batterie (BMS) doit alors adapter en permanence les limites de courant, l’équilibrage des cellules et les stratégies de protection pour éviter la dégradation. Le chauffage de l’habitacle et le préconditionnement thermique de la batterie deviennent aussi des postes énergétiques majeurs, avec un impact direct sur les performances. Ces essais servent également à vérifier la fiabilité des capteurs, des câblages et des actionneurs (freins, direction, suspensions) quand les matériaux se contractent et que l’adhérence chute. L’objectif est d’obtenir un comportement prévisible et répétable, même quand la voiture fonctionne proche de ses limites physiques.
Que signifie une « triple motorisation » sur une GT électrique, et quels gains techniques cela apporte ?Une triple motorisation désigne généralement trois moteurs électriques répartis entre l’avant et l’arrière, souvent avec deux moteurs sur un essieu et un sur l’autre. Cela permet une transmission intégrale pilotée électroniquement, avec un contrôle très fin de la répartition de couple entre les roues. Le gain principal vient du torque vectoring, qui améliore motricité, agilité en virage et stabilité, en ajustant le couple roue par roue. Cette architecture facilite aussi la redondance : si un module limite sa puissance, les autres peuvent compenser partiellement. En contrepartie, elle ajoute complexité, masse et contraintes de refroidissement, surtout sur des puissances annoncées au-delà de 1 000 ch.
Qu’implique la fermeture des systèmes après une cyberattaque pour un constructeur automobile moderne ?Pour un constructeur, l’IT ne sert pas qu’aux e-mails : il pilote aussi la production, la logistique, l’approvisionnement, et de plus en plus le développement logiciel des véhicules. Fermer les systèmes, c’est souvent isoler le réseau pour stopper la propagation, au prix d’interruptions sur des outils critiques (ERP, PLM, gestion des fournisseurs, services après-vente). Selon le type d’attaque (rançongiciel, compromission d’identifiants, exfiltration), l’enjeu est à la fois opérationnel (repartir vite) et juridique (protéger données et preuves). La remise en route passe par des restaurations depuis sauvegardes, des contrôles d’intégrité et parfois une reconstruction d’environnements entiers. À moyen terme, ces incidents accélèrent généralement le durcissement de la segmentation réseau, du contrôle des accès et des procédures de continuité d’activité.