Le géant des GPU aurait apporter une aide cruciale à DeepSeek sur certains modèles IA. Modèles adoptés ensuite par l'armée chinoise.

Le sujet de l'intelligence artificielle est aujourd'hui crucial entre la Chine et les États-Unis, Washington craignant que certaines de ses grandes entreprises aident son concurrent systémique - avec NVIDIA au premier chef. Et alors que se pose la question de la vente des GPU H200 en Chine, GPU extrêmement performants, un nouveau rapport montre que cette société a pu aider indirectement l'armée chinoise.
NVIDIA aurait fourni une assistance décisive à DeepSeek pour améliorer son efficacité
Cette lettre du président du comité restreint de la Chambre des représentants sur la Chine, John Moolenar, n'a pas dû faire plaisir à NVIDIA. La missive en question, envoyée au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, indique qu'en s'appuyant sur des documents internes, il a pu découvrir que NVIDIA avait apporté une assistance décisive à Deepseek en 2024.
Cette assistance de NVIDIA s'est faite à travers un « co-design optimisé des algorithmes, des frameworks et du matériel », permettant à Deepseek de bénéficier de gains importants dans l'efficacité de l'entraînement. Grâce à cette aide, le modèle DeepSeek-V3 n'a nécessité que 2,78 millions d'heures d'entraînement sur des GPU NVIDIA H800, soit un bien meilleure performance que celles des rivaux américains.

Un exemple qui devrait pousser Washington à plus de prudence
Cette différence est d'autant plus dérangeante pour le parlementaire que des modèles DeepSeek ont ensuite pu être utilisés par l'armée chinoise. Du côté de NVIDIA, on fait remarquer qu'à l'époque, rien ne pouvait permettre de deviner que les modèles développés seraient plus tard utilisés par l'institution militaire. Dans ce dossier, l'entreprise présidée par Jensen Huang affirme avoir traité la startup de Hangzhou comme n'importe quel autre partenaire, NVIDIA ayant l'habitude de dépêcher ses ingénieurs auprès de ses clients pour les aider à optimiser l'usage du matériel acquis.
Évidemment, si l'argumentaire se tient, la pilule a du mal à passer du côté de Washington. Pour John Moolenar, ce cas prouve que les restrictions imposées par les États-Unis contre la vente de puces pour des usages militaires en Chine, tout en permettant la vente du même matériel à des sociétés civiles, pourraient ne pas suffire. Pour lui, « la vente de puces à des utilisateurs finaux prétendument non militaires en Chine entraînera inévitablement une violation des restrictions relatives à l'utilisation finale à des fins militaires. »
Source : Reuters