L'ANFR, l'Agence nationale des fréquences, a ordonné le retrait immédiat de six smartphones vendus sur Cdiscount. Ces téléphones, non conformes à la réglementation européenne, auraient dû rester hors du marché français.

La distribution en ligne des téléphones portables ne se fait pas sans couac, comme l'ANFR vient de le confirmer. Six modèles de smartphones commercialisés sur Cdiscount présentent des manquements si graves aux normes européennes que l'Agence nationale des fréquences a directement ordonné leur retrait et leur rappel, a-t-elle indiqué mercredi. Plusieurs éléments, comme l'absence de marquage CE, de documentation technique et de procédure de conformité, rendent leur commercialisation totalement illégale.
L'ANFR découvre sur Cdiscount six téléphones qui n'auraient jamais dû être vendus en France
L'ANFR a épinglé six références précises. On retrouve le KXD Classic A10, l'Oppo F11-CPH1911, le Vivo Y79A, l'Oscal Flat 1C, le Blackview Wave 6C et le Hotwav Cyber 15. Des noms qui ne disent probablement rien à la majorité des consommateurs et des téléphones bon marché, généralement vendus pour moins de 100 euros pièce, mais qui partagent tous un point commun. Ces appareils, repérés sur la marketplace du géant français de la vente en ligne Cdiscount, n'ont jamais été conçus pour le marché européen.
Les contrôles menés par l'Agence ont mis au jour un total de trois violations réglementaires. La première, c'est qu'aucune procédure d'évaluation de conformité n'a été mise en œuvre par les fabricants. Il est aussi impossible de mettre la main sur la documentation technique obligatoire. Le troisième problème, et non des moindres, n'est autre que l'absence totale du fameux marquage CE, ce petit logo qui garantit qu'un produit respecte les exigences européennes.
Ces infractions administratives sont tellement lourdes que l'ANFR n'a même pas jugé nécessaire de soumettre ces téléphones à des tests techniques approfondis. Puisque ces équipements n'auraient jamais dû franchir les frontières du marché français, pourquoi perdre du temps à analyser leurs performances ? Le simple fait qu'ils soient en vente constitue déjà une violation majeure de la réglementation.
Cdiscount et les distributeurs contraints de retirer ces smartphones du marché
L'enquête administrative menée par l'Agence a permis d'identifier les responsables de cette mise sur le marché irrégulière. Apex CE Specialists GMBH, qui distribue trois des modèles incriminés ; Gavimosa Consultoria qui en gère deux autres ; et Bigm Trading pour le dernier appareil, sont les trois sociétés dans le viseur de la France. L'ANFR leur a adressé une mise en demeure formelle, qui respecte l'article L. 43 du code des postes et des communications électroniques.
Les trois entreprises devaient prendre rapidement toutes les mesures nécessaires pour corriger les non-conformités, aussi bien pour les téléphones encore disponibles à la vente que pour ceux déjà vendus aux consommateurs. L'Agence, qui déplore l'absence de réaction satisfaisante, a décidé de retirer du marché et de rappeler chacun des six modèles concernés.
Ceux qui détiennent l'un de ces smartphones sont invités à contacter leur point de vente pour connaître les modalités précises du rappel. En parallèle, Cdiscount et les autres distributeurs potentiels ont bien l'obligation légale claire de retirer immédiatement ces produits de leurs catalogues, qu'il s'agisse de boutiques physiques ou de plateformes en ligne. Les agents de l'ANFR mènent déjà des contrôles supplémentaires pour vérifier que ces appareils disparaissent effectivement de tous les circuits de distribution français.