Microsoft : "nous structurons l'interopérabilité"

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Il y a un an, Steve Ballmer et Ray Ozzie, respectivement PDG et directeur technique chez Microsoft, s'engageaient publiquement sur le domaine de l'interopérabilité. Quatre points fondamentaux ont été soulevés à savoir : des protocoles ouverts et documentés, la promotion de la portabilité des données, une plus grande implication dans les standards et la coopération avec les autres acteurs de l'industrie. Clubic s'est penché sur le sujet au cours d'un entretien avec Jean Paoli, directeur général du département Interopérabilité & Architecture XML chez Microsoft et l'un des pères fondateurs du standard 1.0 du langage XML.

Clubic : Quels sont les enjeux de Microsoft dans le domaine de l'interopérabiité ?

Jean Paoli : Dans le monde des nouvelles technologies nous avons véritablement un paysage hétérogène et cela s'amplifie avec le temps. Paradoxalement, avec la démocratisation de l'Internet haut-débit et des téléphones qui deviennent de plus en plus intelligents, les gens s'attendent à trouver des produits qui s'harmonisent les uns avec les autres. Par exemple, aujourd'hui je peux connecter mon iPhone à Exchange et lire un .docx sans avoir à installer un plugin.

Lorsque l'on parle d'interopérabilité, quelles sont les grandes lignes soutenues par Microsoft ?

JP : Il y a quatre composants à l'interopérabilité. Tout d'abord il faut que les produits eux-mêmes soient interopérables. Par exemple pour Internet Explorer 8 nous avons implanté les standards du web par défaut. De la même manière le format ODF est pris en charge au sein de Microsoft Office. Ensuite il faut une coopération. Quand on parle d'interopérabilité cela implique qu'il faut être au moins deux ou trois à discuter. Nous avons par exemple coopéré avec Novell et la société française Soyatek pour porter la technologie de Silverlight sur la plateforme Linux. Aussi il faut rendre ces technologies accessibles et cela se fait au travers de la publication de documentations techniques avec des détails sur l'implementation des composants des standards. Nous avons publié environ 50 000 pages de documents techniques. Enfin il y a la standardisation qui est très importante. Il faut savoir que Microsoft travaille avec 150 organismes de standardisation.

Chez Microsoft, comment se passe les décisions d'interopérabilité ?

JP : Nos équipes en charge des différents produits nous contactent régulièrement avec les retours des clients. Depuis trois ans, tous les six mois se tient un conseil d'interopérabilité au sein duquel se réunissent 35 DSI de différents pays et de sociétés privées comme publiques. Durant ces six mois nous faisons des réunions hebdomadaires, soit de visu, soit par téléphone, en analysant les retours des utilisateurs. Puis, lors du conseil suivant nous exposons nos résultats et prenons des décisions.

Quelles décisions peuvent être prises ?

JP : Nous essayons de déterminer de manière très concrète quel standard doit être adopté. D'ailleurs, il se peut qu'il y ait un standard qui ne soit jamais implanté parce qu'il ne répond pas à une demande réelle. Parfois nous développons nos propres standards car ceux qui sont mis en place nous semblent limités.

Etait-ce le cas avec OpenDocument ?

JP : La polémique autour d'OpenDocument résulte véritablement d'une mauvaise communication. Nous étions confrontés à un problème technique. Il nous fallait un standard qui puisse permettre de migrer des documents Office (doc, xls, ppt) au sein d'un format XML sans aucune perte d'informations. Parfois certains documents peuvent être très complexes, par exemple des fichiers de rapports financiers. Nous avons donc observé très précisément la migration de l'information et celle-ci ne se traduisait pas complètement au sein d'ODF.

Comment se fait-il qu'il y ait encore des technologies propriétaires chez Microsoft, par exemple au sein des clients de messagerie instantanée professionnelle ou pour le grand public ou encore le protocole DeltaSync chez Hotmail ? Qu'est-ce qui bloque l'adoption de certains standards ?

JP : Je vous assure que c'est le client. Notre initiative est centrée autour du client. Le paysage est véritablement hétérogène. Vous savez, il y a 20 ou 25 ans, le simple processus d'impression était périlleux, aujourd'hui on ne se pose même plus la question. L'interopérabilité que nous essayons de structurer ne se fait pas si rapidement. Nous sommes en temps de crise et il serait mal venu de dire à toutes les sociétés de changer de technologie du jour au lendemain. Pour cette raison, nous essayons de collaborer avec différents acteurs, comme Novell ou Red Hat, afin de proposer une valeur ajoutée à chacun des produits.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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