Garmin s’attaque enfin au marché du bracelet sans écran avec le Cirqa, un tracker d’activité vendu 199,99 euros et surtout dépourvu d’abonnement obligatoire, contrairement à Whoop. Reste à savoir si cette première tentative mérite déjà qu’on lui confie son poignet 24 heures sur 24.

- Aucun abonnement obligatoire, contrairement à Whoop
- Données fiables
- Autonomie d'une dizaine de jours
- Très confortable pour le suivi du sommeil
- Richesse habituelle de Garmin Connect
- Étanche jusqu'à 50 mètres
- Boîtier proéminent et peu élégant
- Synchronisation capricieuse, données parfois manquantes
- Suivi des exercices imprécis sans smartphone
- Garmin Connect trop dense pour un public grand public
- Pas de GPS intégré ni d'ECG
- 199,99 euros, soit le double d'un Fitbit Air
Il fallait bien que Garmin s’y mette. Depuis que Whoop a popularisé le bracelet sans écran auprès des sportifs, le segment est devenu une vraie catégorie à part entière, investie tour à tour par Fitbit, Amazfit ou Polar. Le Cirqa est la réponse de Garmin, et elle arrive avec un argument de poids : pas d’abonnement obligatoire pour accéder à ses données, là où le modèle économique de Whoop repose entièrement sur la location du matériel et de l’accès à un service.
Le principe est simple. Pas d’écran, pas de notifications, pas de GPS intégré. Le Cirqa se contente de collecter en continu, jour et nuit, puis de renvoyer tout cela dans Garmin Connect. J’ai porté le bracelet pendant une semaine, en complément de mon Apple Watch, pour voir ce que ce format minimaliste apporte réellement au quotidien.
Test réalisé sur un exemplaire prêté par le constructeur.
Un bracelet sans écran, mais du Garmin dedans
Le Garmin Cirqa ne cherche pas à se faire remarquer, et c’est bien le but. Le bracelet en tissu, décliné en quatre coloris (Mauve, Gris français, Bleu capitaine et Noir), reprend les codes désormais classiques du secteur. J’ai reçu le Gris français, sobre et passe-partout, qui s’accorde avec toutes les tenues et est très agréable sur la peau. Le boîtier en plastique est légèrement incurvé pour épouser la forme du poignet, et embarque le capteur de fréquence cardiaque Elevate V4 maison.
C’est justement sur ce boîtier que se situe ma principale réserve. Contrairement au Google Fitbit Air et ses 5 grammes qui disparaissent littéralement au poignet, le Cirqa reste visible et perceptible en permanence. Je dirais même que le design est un peu vilain et manque d’élégance. Comparé au capteur de Google, qui vient se loger dans le bracelet, le capteur du Garmin est comme simplement retenu par le bracelet (même si un système d’attache vient maintenir les deux parties). Rien de douloureux, rien qui empêche de le porter toute la journée, mais on n’oublie jamais complètement sa présence. Pour un produit dont l’argument central est justement de se faire oublier, c’est un détail qui compte.
L’unique bouton strié sur le côté sert à lancer et arrêter un entraînement. Il fait le travail, mais je me suis souvent retrouvé à le chercher du bout du doigt sans savoir si je l’avais bien pressé. Sans écran ni retour visuel, la confirmation passe uniquement par une vibration, et l’ensemble manque un peu d’évidence dans le geste, même si c’est mieux que le Google Fitbit Air qui s’active d’une pression, un geste qui fonctionne une fois sur deux.
Côté fiche technique, Garmin assume les absences. Pas d’ECG, pas de GPS intégré non plus : pour tracer une activité, le Cirqa emprunte celui du smartphone via Garmin Connect. Le bracelet est en revanche étanche jusqu’à 50 mètres, ce qui autorise la douche et la natation sans y penser.
Une semaine au poignet, en complément de ma montre
Contrairement à mon test du Fitbit Air, où j’avais retiré ma montre pour vivre pleinement l’expérience du sans-écran, j’ai cette fois porté le Cirqa en parallèle de mon Apple Watch. Un usage que Garmin semble d’ailleurs anticiper, tant le bracelet se destine à ceux qui possèdent déjà une montre de sport de la marque et cherchent un complément discret pour le suivi permanent.
L'’’absence d’écran se vit alors de façon paradoxale. Libératrice d’un côté : plus de notifications qui s’accumulent, plus cette tentation permanente de jeter un œil au poignet. Handicapante de l’autre, car la moindre donnée nécessite de sortir son smartphone. Sans montre au poignet opposé, l’expérience aurait sans doute été plus frustrante.
C’est la nuit que le Cirqa se montre le plus convaincant. Le bracelet est nettement plus agréable à porter qu’une montre pour dormir, et le suivi du sommeil, automatique, se fait sans la moindre gêne, et ce malgré l’épaisseur de l’appareil. Sur ce terrain précis, le format bracelet prend clairement l’avantage sur n’importe quelle smartwatch, aussi fine soit-elle.
L’autonomie, enfin, tient ses promesses. Garmin annonce une dizaine de jours, et mon usage sur une semaine confirme cette base sans mauvaise surprise. On est loin de la corvée de recharge quotidienne, et c’est exactement ce qu’on attend d’un objet conçu pour ne jamais quitter le poignet. Pour la recharge, il faut en passer par un câble propriétaire. Comptez environ 1 h 30 pour une recharge complète.
Garmin Connect devient l’écran du Cirqa
Sans affichage, toute l’expérience repose sur Garmin Connect. L’application devient littéralement l’écran du bracelet, et c’est là que se joue l’essentiel. La richesse habituelle de Garmin est au rendez-vous, avec un suivi complet du sommeil, de la récupération, de la fréquence cardiaque au repos ou encore du stress. Le Cirqa reprend également des métriques comme la charge aiguë, le ratio de charge ou le Fitness Age, qui vient directement concurrencer le Whoop Age, ainsi que la Body Battery qui vous indique sous forme d’un score votre niveau d’énergie restant.
Bonne nouvelle sur la fiabilité : les données remontées sont cohérentes avec celles de mon Apple Watch portée en parallèle. Sur la fréquence cardiaque comme sur le suivi du sommeil, pas d’écart aberrant à signaler, ce qui n’était pas gagné d’avance sur un capteur Elevate V4 sans ECG. Lors d’un exercice, la différence entre les deux appareils est d’un battement de cœur/minute. Parfois le score de sommeil, qui illustre la qualité de la récupération, est meilleur sur le Garmin que sur la montre Apple, mais cela s’explique par des différences d’algorithme. Garmin Connect peut d’ailleurs s’interfacer avec Apple Santé pour piocher les données d’une Apple Watch et d’autres applications tierces déjà connectées.
En revanche, l’expérience logicielle n’est pas encore au point. J’ai rencontré plusieurs problèmes de synchronisation avec Garmin Connect, des activités qui n’ont pas été détectées automatiquement, et même des données tout simplement manquantes par moments. Il faut parfois fermer l’application et la relancer pour voir apparaître le score de sommeil ou le dernier exercice consulté. Quand la synchro échoue, il ne reste littéralement rien à consulter.
Je suis aussi assez dubitatif face à l’expérience utilisateur proposée. Garmin s’adresse à un public spécialisé, et propose une multitude de données à l’écran. C’est pertinent, mais d’un point de vue grand public, cette surabondance a tendance à effrayer, ou lasser. Avec Google Health, le Fitbit Air propose un tableau de bord plus agréable à lire une fois par jour. Garmin Connect propose une expérience plus austère, pas forcément désagréable, mais davantage centrée sur la performance que le suivi santé en arrière-plan.
Même chose avec le suivi des exercices. Lors d’une marche de plus de 2 km, le Garmin Cirqa n’a compté que la moitié du temps de parcours. En emmenant mon iPhone avec moi, la mesure est évidemment plus précise, puisque basée sur le relevé GPS du téléphone, et malgré cela, quelques imprécisions subsistent. Sur un produit classique, ce serait agaçant. Sur un bracelet sans écran, où l’application est le seul point d’accès aux informations, c’est autrement plus problématique.
Sans abonnement, l’arme anti-Whoop ?
C’est l’argument que Garmin met en avant, et il est légitime. Le Cirqa fonctionne sans abonnement obligatoire, là où Whoop conditionne l’usage de son bracelet à un paiement mensuel, allant jusqu’à réclamer le retour du matériel en cas de résiliation. Ici, on achète le produit, on garde ses données, et l’historique reste dans Garmin Connect sans rien débourser de plus.
Pour un utilisateur déjà installé dans l’écosystème Garmin, l’équation est même excellente : pas d’historique à reconstruire ailleurs, pas de nouvel abonnement à souscrire, et une continuité avec les données de sa montre existante.
Il faut toutefois nuancer le tableau, car Garmin n’échappe pas complètement à la logique de l’abonnement. La marque propose depuis 2025 une formule Connect+, facturée 8,99 euros par mois ou 89,99 euros par an, qui débloque notamment Active Intelligence, une couche d’analyse par IA capable de commenter vos données et de suggérer des ajustements d’entraînement, ainsi qu’un coaching plus poussé et des tableaux de bord enrichis. Pour le moment, l’IA ne sert pas à grand-chose et se contente d’afficher des messages assez creux, du type « Vous avez fait assez d’exercice aujourd’hui, reposez-vous ». Je n’ai pas activé l’IA lors de ma première semaine d’essai et finalement, elle n’a pas apporté grand-chose de plus les jours qui ont suivi.
Toutes les fonctions historiques de Garmin Connect restent toutefois gratuites, et le Cirqa fonctionne parfaitement sans souscrire à quoi que ce soit. Mais l’expérience la plus aboutie, celle qui donne du sens à la masse de données collectées, se situe désormais elle aussi derrière un paywall. Un schéma qu’on retrouve à l’identique chez Google avec le Fitbit Air et son coach Gemini réservé aux abonnés Premium.
Reste la question du prix. À 199,99 euros, le Cirqa n’a rien d’un achat d’impulsion, surtout pour un bracelet sans écran ni GPS. Le Google Fitbit Air se positionne à la moitié de ce tarif, et une Garmin Forerunner 165 propose peu ou prou les mêmes données avec en prime un écran, un GPS intégré et des notifications, pour un budget comparable. L’absence d’abonnement est un vrai bon point, mais elle ne suffit pas à faire oublier que la facture d’entrée reste élevée.
Garmin Cirqa : l’avis de Clubic
Le Garmin Cirqa remplit son contrat de base : collecter en continu, sans rien réclamer de plus que le prix d'achat. Les données sont fiables, l'autonomie d'une dizaine de jours tient ses promesses, et le confort nocturne surclasse largement celui d'une montre. Pour qui vit déjà dans l'écosystème Garmin, le bracelet trouve naturellement sa place aux côtés d'une Forerunner ou d'une Fenix.
Mais ce premier essai sent le produit sorti un peu trop vite. Les ratés de synchronisation, les activités mal mesurées et les données manquantes ne pardonnent pas sur un bracelet privé d'écran, où l'application constitue l'unique fenêtre sur ses propres mesures. Garmin Connect, par ailleurs excellent pour les sportifs aguerris, noie le nouveau venu sous une avalanche de métriques là où Google Health se contente d'un tableau de bord lisible en dix secondes. Quant au boîtier, plus proéminent et franchement moins élégant que celui du Fitbit Air, il rappelle qu'on est encore loin de l'objet invisible.
Le Cirqa s'adresse donc aux convaincus, ceux qui possèdent déjà une montre Garmin et veulent prolonger leur suivi la nuit ou au bureau sans porter un boîtier de 50 grammes. Pour les autres, à 199,99 euros, soit le double d'un Fitbit Air, l'addition reste salée pour un bracelet qui demande encore à mûrir. Reste à voir si Garmin corrigera le tir assez vite pour transformer cette bonne idée en évidence.
- Aucun abonnement obligatoire, contrairement à Whoop
- Données fiables
- Autonomie d'une dizaine de jours
- Très confortable pour le suivi du sommeil
- Richesse habituelle de Garmin Connect
- Étanche jusqu'à 50 mètres
- Boîtier proéminent et peu élégant
- Synchronisation capricieuse, données parfois manquantes
- Suivi des exercices imprécis sans smartphone
- Garmin Connect trop dense pour un public grand public
- Pas de GPS intégré ni d'ECG
- 199,99 euros, soit le double d'un Fitbit Air
Fiche technique Garmin Cirqa
Résumé
| Etanchéité | 5 ATM |
| Autonomie | 10jour(s) |
Caractéristiques techniques
| Smartphones compatibles | iPhone et Android |
| Capacité de stockage | 128Mo |
| Etanchéité | 5 ATM |
| Autonomie | 10jour(s) |
| Temps de charge | 90mn |
Connectivité
| Carte(s) SIM compatible(s) | Aucun |
| NFC | Non |
| GPS | Non |
Capteurs
| Accéléromètre | Oui |
| Analyse du sommeil | Oui |
| Fréquence cardiaque | Oui |
| ECG | Non |
| Oxymètre | Oui |
| Stress | Oui |
Caractéristiques physiques
| Épaisseur | 8.7mm |
| Largeur | 27.5mm |
| Longeur | 46.9mm |
| Poids | 18g |
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