Boya arrive sur le marché des enregistreurs IA avec le Notra, un petit boîtier magnétique capable de capter réunions, appels et conversations via son microphone ou des écouteurs Bluetooth. Un produit plutôt efficace couplé à une appli qui progresse rapidement. De là à concurrencer la référence du marché ?
Encore un enregistreur IA ? Oui, encore un. Après Plaud, Soundcore et quelques clones plus ou moins inspirés, Boya tente à son tour de transformer nos réunions, interviews et appels en notes propres, résumés exploitables et fichiers exportables. La marque n'arrive toutefois pas de nulle part : Boya connaît l'audio, les micros et les usages nomades. Le Notra part donc avec un vrai capital confiance.
En épluchant sa fiche technique, on s'aperçoit que cet appareil possède plusieurs atouts séduisants comme trois modes d'enregistrement (ambiant, téléphone et Bluetooth), une compatibilité MagSafe (fixation magnétique au dos du téléphone), un vrai port USB-C qui permet l'accès direct aux fichiers enregistrés (fonction à activer avant les enregistrements), l'export de ces fichiers en MP3, la réduction de bruit intégrée et la promesse de confidentialité renforcée.
Mais un bon enregistreur IA ne se juge pas seulement à sa fiche technique. Il doit surtout se faire oublier au quotidien et livrer des transcriptions fiables. Et c'est précisément là que nous attendons le Notra.
Le déballage et la mise en route
Le Boya Notra se présente comme un petit carré compact, plus ramassé qu'un Soundcore Work dans sa station, mais moins fin et moins discret qu'un Plaud Note Pro. Le format intrigue d'abord. Il donne au produit une identité, ce qui n'est pas si fréquent sur ce marché déjà rempli de galets, de cartes et de pastilles aimantées. La finition est sérieuse, la grille micro inspire confiance et le poids plume permet de l'oublier rapidement dans une poche. Un peu trop, même : détaché du téléphone, ce genre de gadget peut vite finir au fond d'un sac.
Le contenu de la boîte du Boya Notra. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Le contenu de la boîte va à l'essentiel : l'enregistreur, un câble USB-C vers USB-C, un adaptateur USB-A et un anneau magnétique pour les téléphones non compatibles MagSafe ou protégés par une coque. C'est propre, pratique, et surtout plus rassurant que les systèmes à câble propriétaire. En effet, le Notra se recharge et se connecte en USB-C, un détail qui n'en est pas un quand on multiplie les déplacements, les salons et les interviews, loin du bureau ou de chez soi.
La mise en route passe par l'application Boya OS. L'appairage ne pose pas de difficulté particulière. L'interface ressemble à si méprendre à celle de la concurrence. Boya n'a pas réinventé le fil à couper le beurre, mais ne fait pas non plus preuve d'originalité. Les enregistrements se succèdent sous forme de listing à la chronologie parfois un peu aléatoire.
L'appareil apparaît en haut à droite, c'est là que l'on peut régler des fonctions bien spécifiques comme l'accès aux enregistrements via USB, la réduction du bruit, quelques réglages microphones, appairer un casque Bluetooth ou, encore, mettre à jour l'appareil. Dans le profil perso (avatar en haut à gauche), on accède aux paramètres de l'appli à proprement parler, à la gestion de l'abonnement, à la version Web et son profil.
La fixation magnétique ne m'a pas vraiment convaincu. Sur iPhone ou Pixel, le Notra tient correctement, même très correctement. Mais sur certains Android plus épais ou dotés d'un imposant bloc photo comme mon Honor Magic 8 Pro, c'est plus compliqué. Il faut vraiment viser juste. Mal positionné, l'enregistreur peut glisser ou se décoller sans crier gare.
De plus, le produit est assez épais comparé à un Plaud Note Pro (6,8 mm vs 2,99 mm), il prend de la place au dos du smartphone et me rappelle constamment qu'il est là. Un premier petit coup de canif dans la promesse d'un accessoire que l'on clipse et que l'on oublie.
L'utilisation au quotidien
Parmi les originalités du Boya Notra, signalons la présence d'un sélecteur physique pour passer d'un mode d'enregistrement à un autre. Le Notra peut ainsi enregistrer une conversation ambiante, un appel téléphonique via son capteur à conduction osseuse ou, encore, un échange mené avec des écouteurs Bluetooth.
Ce dernier point est rare et plutôt bien vu, surtout pour les conf calls quand on n'a pas pu réserver de salle de réunion ou pour les appels en situation de mobilité. En revanche, vous devrez connecter le boîtier au smartphone en USB-C et penser à le basculer sur le bon mode d'enregistrement.
Le bouton principal sert à lancer l'enregistrement, l'arrêter et marquer des moments importants. Là encore, c'est simple et utile. En interview, pouvoir signaler un passage clé sans sortir son téléphone change vraiment la donne. La portée annoncée atteint les 10 mètres, mais dans un environnement bruyant, il faut plutôt tabler sur environ 5 mètres pour conserver un résultat parfaitement exploitable. Ce n'est pas absurde : le Notra reste un petit appareil non directionnel, pas un kit micro de plateau.
En ce qui concerne la qualité audio, Boya démontre tout son savoir-faire. Derrière sa large grille latérale, le Notra associe deux microphones MEMS omnidirectionnels à un capteur VPU, chargé de récupérer les vibrations transmises par le smartphone lors des appels (pour pouvoir enregistrer sans dépendre des restrictions logicielles d’iOS ou d’Android).
Les enregistrements sont propres, la réduction de bruit intégrée fait correctement son travail sans trop en faire et les voix restent intelligibles même dans des conditions imparfaites. On entend cependant parfois un très léger sifflement à l'écoute de certains fichiers, sans néanmoins que cela ruine la captation ni la compréhension par l'IA.
La vitesse de transfert, elle, est l'un des bons points du produit : elle apparaît plus rapide que sur les premiers Plaud et le Soundcore Work, et l'accès direct aux fichiers audio via USB-C est une vraie respiration pour celles et ceux qui n'aiment pas dépendre entièrement d'une application.
Sur le papier, le Notra adopte une approche intéressante en matière de confidentialité. Boya affirme que les enregistrements restent locaux par défaut, que les transferts utilisent TLS 1.3, que les données stockées sont chiffrées en AES-256 et que les fichiers envoyés pour traitement sont ensuite supprimés (sauf sauvegarde dans le cloud volontaire). Nous n’avons toutefois pas pu auditer ces mécanismes ni vérifier indépendamment les déclarations de conformité du fabricant. Aucune mention du respect du RGPD/HDS n'est par ailleurs mise en avant par le fabricant sur son site.
Une fonction d'anonymisation des voix avant envoi des données dans le cloud va également dans le bon sens. Sur un produit qui aspire des réunions, des interviews et parfois des appels et conversations santé sensibles, c'est appréciable même si en tant qu'utilisateur final on ne peut que croire sur parole la marque.
L'interface de l'appli Boya OS. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Là où ça se corse un peu plus, c'est au niveau de la transcription. En anglais, le Notra s'en sort bien, très bien même. Les résumés sont corrects, les textes restent cohérents et, tout au long de notre test, on a vu les transcriptions et résumés progresser au fil des mises à jour de l'appli proposées par Boya (en version 1.2.30 au moment de publier ce test).
En français, le bilan était à l'origine vraiment peu flatteur, mais nous avons pu constater une amélioration constante des transcriptions entre le printemps et l'été. À un tel point que nous avons dû revoir notre avis sur ce produit. Désormais, la transcription en français est nettement meilleure et seules les conversations où les échanges fusent peuvent déboussoler l'IA, tout comme les échanges bilingues anglais-français un peu trop nourris.
Si on n'est pas encore au niveau de l'excellence d'un Plaud, on dépasse légèrement la qualité des transcriptions du Soundcore Work, testé il y a quelques mois. Les résumés sont quant à eux propres et arrivent à compenser certaines transcriptions hasardeuses en français. Derrière Boya OS, on trouve à en croire la marque un savant mélange d'IA comme ChatGPT, Claude, Gemini et Grok (cette dernière étant réservée aux utilisateurs payants).
Comparaison entre la qualité de la transcription de Boya OS en mai et en août. Il n'y a pas photo, le Notra est bien plus recommandable qu'au printemps dernier. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Côté endurance, Boya annonce jusqu’à 24 heures d’enregistrement continu et 365 jours en veille, de quoi couvrir plusieurs journées d’interviews ou de réunions sans surveiller constamment la jauge d'énergie. Comptez environ 1h30 à 2 heures pour une recharge complète en USB-C.
L'autonomie restante est consultable dans l’application, tandis que la LED clignote en violet pendant cinq secondes lorsque la batterie passe sous les 10%. Enfin, sa certification IP54 le protège de la poussière, de la transpiration et des éclaboussures accidentelles, mais pas d’une immersion ni d’une utilisation prolongée sous la pluie.
Boya Notra : l'avis de Clubic
Le Boya Notra est un produit paradoxal. Il est bien construit, malin sur plusieurs points et même supérieur à certains concurrents sur des détails très concrets : le port USB-C, l'accès aux fichiers WAV, les exports MP3/WAV, les trois modes physiques, la captation via écouteurs Bluetooth, la vitesse de transfert et une approche local first intéressante côté confidentialité. En promotion, il peut aussi devenir nettement plus abordable qu'un Plaud Note Pro ou qu'un Soundcore Work.
Mais à son prix officiel, le raisonnement se complique. Autour de 230 euros, autant regarder du côté de Plaud, plus mature et plus fiable sur la transcription. Même en promotion autour de 170 euros, voire moins lors d'opérations ponctuelles, l'avantage reste fragile. Car pour un usage professionnel avec beaucoup d'heures de transcription, il faudra ensuite passer à l'abonnement. Et là, Boya ne casse pas vraiment le marché : les tarifs reviennent vite dans les mêmes eaux que ceux de ses concurrents (250€ vs 225€ pour Plaud en illimité annuel, l'abonnement Pro à 1 200 minutes par mois est au même prix, 111€/an), sans offrir le même niveau d'excellence dans les transcriptions.
Bref, si vous ne dépassez pas les 320 minutes d'enregistrement gratuites par mois (600 minutes/mois la première année en ce moment via une réduction sur le site de Boya) et que vous captez surtout des colloques, des cours, des consultations ou des réunions où les interlocuteurs ne se coupent pas sans cesse la parole, le Notra peut constituer une alternative intéressante. À une condition toutefois, qu'il soit vendu sensiblement moins cher qu'un enregistreur Plaud.
- 3 modes d'enregistrement
- Vrai port USB-C pour recharger et transférer
- Bonne portée des micros
- Boîtier MagSafe
- Enregistrement via écouteurs Bluetooth
- Prix des abonnements mensuels
- Switch manuel entre les conversations ambiantes, Bluetooth et téléphoniques
- Fixation magnétique pas si universelle
- Transcriptions en français pas encore au niveau de Plaud
- Un peu épais

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