Souvent adroit lorsqu’il s’agit d’aligner les compromis sans sacrifier l’intérêt global des produits de sa gamme Nitro, Acer revenait il y a quelques mois avec un catalogue rafraîchi de machines entrée de gamme. Armé par AMD et NVIDIA, le Nitro V16 AI en fait partie.

Le Nitro V16 AI. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le Nitro V16 AI. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Les plus
  • RTX 5060 joliment exploitée
  • Dissipation au point, chauffe contenue
  • Clavier réussi, connectiques suffisantes et bien réparties
  • Bon potentiel d’évolutivité (RAM et SSD faciles d’accès)
Les moins
  • Performances CPU suffisantes, mais modestes
  • Écran Full HD+ blafard
  • Le châssis 100% plastique trop mou
  • Le trackpad, les haut-parleurs et la webcam à revoir

Positionnée sur l’entrée / milieu de gamme d’Acer, la gamme Nitro recycle en partie des châssis et des particularités employés auparavant par les appareils Predator, tout en procédant à des arbitrages parfois difficiles, mais habituellement judicieux, pour parvenir à un rapport équipement / prix intéressant. Avec son Nitro V16 AI, Acer livre un produit d’entrée de gamme plutôt aguicheur de prime abord, misant sur des puces AMD récentes et sur la dernière génération de GPUs NVIDIA.

Voici avant toute chose la configuration complète du Nitro V16 AI qu’Acer France nous a fait parvenir en prêt :

La configuration Full HD+ / Ryzen 7 / 16 Go / RTX 5060 reçue pour ce test est affichée en ligne à un tarif de 1399,99 euros. Une configuration similaire mais dotée de 32 Go de RAM et 1 To de stockage existe aussi sous nos latitudes, cette fois à 1599,99 euros.

La coque en plastique de l'appareil accroche facilement les traces de doigts. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Design : un faux-air d’ancien Predator

Vous allez rire mais le nouveau Nitro V16 AI nous a beaucoup fait penser au Predator Triton 500 millésime 2019, que nous testions ici même il y a maintenant six ans. Heureusement pour nous, le nouveau modèle entrée de gamme d’Acer est bien plus moderne de conception, mais son look reste effectivement proche de ce que nous connaissions sur la gamme Predator il y a quelques années.

Avec 40,8 x 27,5 x 2,4 cm pour 2,44 kg, l’engin se positionne en tout cas dans la plus pure moyenne des gamers de 16 pouces, se montrant suffisamment compact pour tenir sans problème dans un sac à dos. Son châssis 100 % plastique, en revanche, aurait gagné à être mieux construit. Le carénage, un peu trop « mou » de ce nouveau Nitro, n’est pas tout à fait au niveau qu’ASUS ou Lenovo peuvent par exemple délivrer, et son cadre d’écran manque bien trop de rigidité pour inspirer pleinement confiance. Nous sommes sur un produit abordable qui ne fait pas beaucoup d’efforts sur le design. Ses qualités, car elles existent, sont ailleurs.

Le V16 AI de face. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Clubic
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Puisque nous en sommes aux défauts du produit, nous pouvons continuer en abordant le trackpad médiocre ajouté sous le clavier (heureusement nettement meilleur). Ce pavé tactile trop petit est le même que sur l’ancienne génération d’appareils Nitro… et ce n’est pas flatteur que de le dire. Imprécis au possible, il offre un rendu plastique désagréable et vous convaincra bien vite de brancher une souris.

Bloquée en 720p, la webcam juchée au-dessus de l’écran est à peu près aussi piteuse. Le traitement de l’image par IA a beau arrondir un peu les angles, le rendu offert par ce sinistre capteur ne s’avère jamais satisfaisant. Attendez-vous à une image fortement bruitée et des couleurs délavées. Nos critiques, nous les étendons aussi aux deux petits haut-parleurs sous le châssis. Nous n’en attendions rien, nous sommes quand même déçus. Acer n’a investi ni efforts ni moyens sur ce plan. Est-ce vraiment gênant à moins de 1500 euros ? Pas vraiment, mais certains constructeurs font tout de même un peu mieux, notamment sur la webcam.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Par bonheur, le clavier n’est pas un fiasco. Loin de là. S’il est un peu étroit et qu’il nous a fallu un moment pour nous y habituer, ce dernier offre une frappe très silencieuse au toucher onctueux. La course des touches est profonde et la présence d’un pavé numérique reste clairement un plus pour travailler. Après une petite période d’adaptation, ce clavier nous a donc convaincus, en jeu comme au quotidien d’ailleurs.

Le Nitro V16 AI nous régale aussi sur les connectiques avec un bel assortiment d’entrées et sorties bien répartis sur les deux flancs du PC, ainsi qu’à l’arrière. On retrouve ainsi trois ports USB-A 3.2, un port USB-C 3.2 (avec prise en charge de l’affichage), une sortie HDMI 2.1, une prise Ethernet, une prise casque, et un lecteur de cartes microSD. Seul ce lecteur microSD fait un peu tâche (car très peu utile), mais pour le reste, on a tout ce qu’il faut à portée de main. La connectivité est enfin assurée par un modem MediaTek délivrant Wi-Fi 6E et Bluetooth 5.3. Les derniers standards ne sont donc pas au menu, mais ce n’est pas vraiment gênant pour cette gamme. L’essentiel des usages reste couvert sans souci.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Terminons par un point sur l’accès aux composants. La chose se fait sans heurt après avoir retiré 10 vis Philips à l’aide d’un tournevis de précision. La plaque inférieure du châssis ainsi libérée, on constate assez vite que la batterie est facile à remplacer, au même titre que la RAM, le modem Wi-Fi et le SSD. Et cerise sur le gâteau : un second emplacement pour SSD M2 est laissé vacant pour accroître la quantité de stockage en quelques minutes.

Écran : une dalle honnête et réactive, mais blafarde

Acer ne s’étend pas tellement sur l’écran de son Nitro V16 AI. On sait néanmoins que l’appareil est équipé dans cette version d’une dalle LCD IPS Full HD+ (1920 par 1200 pixels) au format 16:10, capable de monter à une fréquence de rafraîchissement 180 Hz et de restituer à 100 % le spectre sRGB. Voyons ce qu’elle vaut dans le détail, à l’aide de notre sonde et du logiciel de mesures DisplayCal.

L'écran du V16 AI n'est vraiment pas son point fort. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Commençons par la luminance de cet écran LCD, qui atteint un maximum de 394,2 cd/m² en SDR sur notre machine de test. Une valeur convenable pour assurer une lisibilité suffisante dans la majorité des cas, d’autant que le revêtement mat appliqué à la dalle lui permet de limiter efficacement les reflets. Honnête sur la luminance, l’écran choisi par Acer pour ce modèle dispose aussi d’un contraste satisfaisant, mesuré à 1147:1 par nos outils. La technologie IPS peut faire mieux, on le sait, mais ce ratio de contraste reste correct dans l’absolu.

Attention par contre : notre PC de test souffrait d’importantes fuites de lumière compromettant sérieusement l’uniformité des noirs. Un problème gênant, mais nous ne savons pas s’il s’agit ou non d’un problème limité à notre seul modèle de prêt.

Acer a quoi qu’il en soit veillé à ce que la calibration de ce panneau IPS soit à peu près au point, avec un DeltaE estimé à 0,6 par notre sonde, et une température des couleurs de 6 184 kelvins. La première de ces deux valeurs est parfaite, puisque le DeltaE est censé être égal ou inférieur à 3 pour restituer des couleurs naturelles ; mais la température de l’écran est malheureusement un peu trop chaude par défaut, car trop éloignée des 6 500 kelvins du standard vidéo.

Ce n’est pas catastrophique, mais c’est dommage, car contrairement à ce que permettent d’autres constructeurs, il n’est pas possible d’ajuster quoi que ce soit manuellement depuis les paramètres de l’application NitroSense.

En réalité, le gros défaut de cet écran est à chercher au niveau de la prise en charge des principaux espaces de couleurs. Ici, Acer n’est pas du tout au niveau de la concurrence, et encore moins au niveau de ce qu’évoque la fiche technique de son appareil. Avec 52 % du spectre sRGB pris en charge, et un gamut DCI-P3 supporté à 39 % seulement, le Nitro V16 AI se prive d’une qualité d’affichage suffisante pour s’ouvrir à la création de contenu.

S’il est évident que les utilisateurs les plus exigeants ne se tourneront pas vers ce produit, les créatifs occasionnels auraient pu s’y intéresser. Ce ne sera pas le cas.

Performances : que vaut le duo Ryzen 7 / RTX 5060 choisi par Acer ?

Parlons sans plus attendre de l’éléphant au milieu de la pièce : le Ryzen 7 260. Ce CPU a beau avoir été lancé en début d’année 2025 par AMD, il n’est pas (du tout) de toute première fraîcheur sur le plan technique. La puce s’articule en effet autour de cœurs Zen 4 dont le lancement initial remonte maintenant à 2022, et reprend à son compte l’architecture Hawk Point dont les premières émanations sont arrivées sur le marché mobile en fin d’année 2023. Il y a donc deux ans.

Cette partie CPU vieillotte est néanmoins couplée par Acer à un volet GPU bien plus chatoyant, puisque c’est la RTX 5060 que l’on retrouve sous le capot de notre Nitro V16 AI. Le constructeur taïwanais choisit en outre d’exploiter honorablement cette puce Blackwell, en lui octroyant ici un budget TGP de 95 W. À gabarit équivalent, c’est donc mieux que ce que propose par exemple le Gigabyte Gaming 16 (85 W), mais fatalement moins bien que ce que fait ASUS avec son ROG Strix G16 (115 W). Les deux produits ne boxent pas dans la même catégorie tarifaire, ce qui explique ce décalage.

La RTX 5060 se porte bien sur le V16 AI. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Voici un bref rappel de la configuration à laquelle nous avons à faire :

  • Processeur AMD Ryzen 7 260 (8 cœurs / 16 threads Zen 4, cadencés à un maximum de 5.1 GHz, 24 Mo de cache, 45 W de TDP, gravure en 4 nm)
  • 16 Go de mémoire vive (DDR5)
  • Carte graphique NVIDIA GeForce RTX 5060 8 Go GDDR7 (95 W de TGP)

Commençons par parler du système de dissipation intégré à notre Nitro V16 AI. Contrairement à ce que l’on aurait pu craindre sur une machine à prix contenu, Acer ne mégote pas trop ici. On y trouve en effet un dispositif combinant deux ventilateurs, un caloduc principal et deux caloducs attachés au refroidissement du CPU et du GPU, respectivement. Rien de spectaculaire ici, mais le bilan est malgré tout convenable. Les températures sont maintenues à des niveaux décents en jeu comme en utilisation intensive, et le bruit reste supportable (53 à 55 dB en mode Turbo). C’est correct : les modèles gaming étant peu réputés pour leur modération en la matière.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Sur le plan des performances CPU cette fois, l’appareil ne surprend personne sous Cinebench R24, où son Ryzen 7 260 obtient sans surprise les scores que l’on observait couramment il y a deux ans sur des modèles abordables. On relève ainsi un score pâlot de 104 points en single-core et 908 points seulement en multi-core. La même puce délivrait pour comparaison 104 points en single-core et 956 points en multi-core sur l’ASUS TUF Gaming A18, qui profitait de son grand format pour pousser un peu plus loin les performances sur plusieurs cœurs… sans pour autant faire de miracles.

En clair, ce n’est pas sur le plan CPU que brille vraiment notre Nitro V16 AI. La puce qui l’anime est suffisante au quotidien et pour jouer, mais elle se montrera bien vite limitée en calcul lourd. On arguera toutefois que chez la concurrence, le constat n’est pas meilleur. Le Core i7-13620H (ancien lui aussi) employé sur le Gigabyte Gaming 16 se contentait de délivrer 109 points en single-core et 865 points tout juste en multi-core.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Sur le plan graphique, le paysage est plus flatteur, la RTX 5060 de notre modèle de prêt parvenant à délivrer de solides performances en Full HD+. Face à la concurrence, le Nitro V16 AI se positionne d’ailleurs avantageusement, se plaçant à mi-chemin entre le ROG Strix G16 (vendu environ 1000 euros de plus) et le Gigabyte Gaming 16. On vous laisse jeter un œil au tableau ci-dessous pour vous donner une idée des performances graphiques sur 3D Mark, mais dites-vous qu’en jeu, les titres les plus gourmands sont animés facilement avec les réglages les plus exigeants. Preuve en est sur Cyberpunk 2077 et Black Myth Wukong.

Pour rappel, nous mesurons ici les performances GPU en 1200p / Ultra, et trois types de réglages différents sont utilisés tout à tour pour chacun des deux titres testés : le premier « run » est effectué avec le Path Tracing complet et la Multi Frame Generation x4. Il est suivi d’un second essai où l’on remplace le Path Tracing par le ray tracing « classique »… mais cette fois en désactivant la MFG pour pousser le GPU dans ses derniers retranchements. Enfin, nous procédons à un troisième essai, mais cette fois uniquement en rastérisation (ray tracing et MFG désactivés).

Voici alors les résultats obtenus :

  • Sur Cyberpunk 2077, tout d'abord avec le Path Tracing actif, couplé la Multi Frame Generation x4, et l'ensemble des réglages en Ultra, nous atteignons sans mal le cap des 112 FPS moyens. Cette moyenne s’affaisse sans surprise à 53 FPS lorsqu'on se contente du ray tracing en Ultra et du DLSS « Auto », mais sans génération d'images par IA. Enfin, en rastérisation (sans ray tracing et sans Frame Generation), mais avec l'ensemble des réglages toujours positionnés en Ultra, nous relevons cette fois une moyenne de 88 FPS.
  • Sur Black Myth Wukong, on relève pour commencer une moyenne de 76 FPS avec réglages « Cinématiques » (les plus élevés disponibles), le path tracing maximal, et la MFG x4. La RTX 5060 de notre Nitro V16 AI s’en tient en revanche à 30 FPS tout juste lorsqu'on conserve les réglages « Cinématiques » et le DLSS, que l'on s'en tient au path tracing minimal (impossible de faire autrement sur ce jeu), mais que l'on désactive totalement la Frame Generation. Enfin, en rastérisation, le titre est cette fois propulsé à 32 FPS en moyenne (réglages « Cinématiques », avec le path tracing entièrement coupé, et la frame generation désactivée elle aussi).

Terminons par un tour d’horizon rapide des performances du SSD de 512 Go installé sur notre Nitro V16 AI. Sur ChrystalDiskMark, on relève 6 324 Mo/s en lecture et 4 413 Mo/s en écriture. Tout à fait suffisant pour assurer une bonne réactivité au système et des temps de chargement rapides en jeu.

Autonomie : quelques heures sans chargeur, tout juste ?

En matière d’autonomie, les modèles gamers sont souvent plus des sprinters que des marathoniens. Comprenez par là qu’ils épuisent la plupart du temps toute l’énergie de leur batterie au bout de 3 ou 4 heures dans le meilleur des cas. En combinant un processeur AMD relativement économe en énergie, un écran LCD Full HD+ « seulement » et une carte graphique dédiée désactivée lorsque le chargeur est débranché, notre Nitro V16 AI va pour sa part un peu plus loin.

Côté autonomie, le V16 AI ne s'en sort pas si mal pour un modèle gamer. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

À l’instar des modèles concurrents équipés à peu près de la même manière, l’engin parvient ainsi à tenir entre 5 et 6 heures sur batterie dans la plupart des cas, dans un contexte d’utilisation polyvalente et en faisant un peu attention aux réglages d’alimentation. Dans le cadre de notre test d’autonomie habituel (lecture vidéo 1080p via Edge, avec la luminosité de l’écran à 100 %, le rétroéclairage du clavier coupé, un casque branché et les paramètres d’alimentation les plus économes en énergie), nous parvenons même à tenir un tout petit peu plus de 6 heures et 15 minutes avant de voir l’écran s’éteindre. Clairement, on a vu bien pire sur ce type de produit.

La recharge se fait quoi qu’il en soit à l’aide d’un chargeur de 135 W que nous aurions aimé plus compact, mais qui recharge la batterie de 76 Wh de notre Nitro V16 en plus ou moins 1 heure et 30 minutes sur secteur.

Acer Nitro V16 AI : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
7 / 10

Moins agréable à regarder et à manipuler qu’un Gigabyte Gaming 16 ou un ASUS TUF Gaming A16, le Nitro V16 AI réussit pourtant à délivrer de solides performances en Full HD+, au moyen d’un système de dissipation basique mais efficace. Bien positionné sur le plan tarifaire, l’appareil s’avère compétent dans les jeux gourmands grâce à une RTX 5060 bien exploitée.

Le nouveau gamer abordable d’Acer parvient donc à se positionner honorablement à moins de 1500 euros. Un châssis un peu plus soigné et une dalle un peu moins terne lui auraient toutefois permis de surpasser ses concurrents… et non pas simplement de les égaler.

Les plus
  • RTX 5060 joliment exploitée
  • Dissipation au point, chauffe contenue
  • Clavier réussi, connectiques suffisantes et bien réparties
  • Bon potentiel d’évolutivité (RAM et SSD faciles d’accès)
Les moins
  • Performances CPU suffisantes, mais modestes
  • Écran Full HD+ blafard
  • Le châssis 100% plastique trop mou
  • Le trackpad, les haut-parleurs et la webcam à revoir
Sous-notes
Design
7
Écran
6
Performances
8
Autonomie
6

Concurrence : quelles alternative au Nitro V16 AI ?

  • La RTX 5050, vaillante en Full HD+
  • Machine silencieuse, même en jeu
  • Belle qualité de construction, design moderne
7 / 10
  • Châssis bien construit, plutôt fin et discret
  • Système de dissipation efficace
  • Configuration très à l’aise en Full HD+
8 / 10
  • La RTX 5070 puissante et plus sobre en énergie (malgré des problèmes de jeunesse)
  • Rapport équipement / prix avantageux
  • Qualité de construction au point
8 / 10
  • Refroidissement efficace et silencieux
  • Performances CPU stratosphériques
  • Appareil agréable à regarder, joliment assemblé
8 / 10