Test Razer Naga Pro : sans-fil et polyvalente, mais tellement chère

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
17 octobre 2020 à 18h18
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Soucieux de toucher autant de joueurs que possible, Razer fait évoluer son modèle de souris le plus polyvalent, la Naga. Baptisée « Pro » sans doute pour faire plus sérieux, ce nouveau modèle conserve la conception modulaire qui a fait le succès des précédentes souris, mais en dope les caractéristiques techniques… tout en l’équipant du sans-fil.

Décidément, chez Razer on aime multiplier les références, faire constamment évoluer les gammes. Ainsi, seulement quelques semaines après avoir testé la DeathAdder v2 Mini et alors que d’autres modèles de Basilisk ou de Viper sont arrivés il y a peu, c’est la Naga qui fait peau neuve. Enfin, pour être plus exact disons que Razer vient compléter cette gamme qu’il destine d’habitude plus volontiers aux amateurs de MMORPG / MOBA. La Naga Pro multiplie effectivement les boutons pour donner un accès plus large aux diverses compétences de ce type de jeux.

La Naga Pro est agréable à tenir peu importe la taille de votre main © Nerces pour Clubic

Fiche technique de la Razer Naga Pro

Razer Naga et Razer Naga Left-Handed Edition ont en commun de se focaliser sur ce seul type de jeux. Au niveau du pouce, un panneau de douze boutons a donc été dessiné par les ingénieurs de Razer afin d’offrir un maximum de contrôles. Nous l’avons dit, la Naga Pro fait évoluer le concept vers plus de polyvalence, mais un coup d’œil à la fiche technique permet d’abord de vérifier les améliorations plus « techniques » du produit.

La Razer Naga Pro, c’est :

  • Prise en main : droitier
  • Capteur : Razer Focus+ (optique)
  • Contacteurs : Razer (70 millions de clics)
  • Sensibilité : 100 – 20 000 points par pouce, par pas de 50 ppp
  • Fréquence : 125, 500 ou 1 000 Hz
  • Nombre de boutons : 9, 13 ou 19 tous programmables, 1 molette
  • Mémoire embarquée : oui, capable de stocker 5 profils
  • RVB : oui, Razer Chroma sur 3 zones (16,8 millions de couleurs)
  • Dimensions : 119 x 74,5 x 43 mm
  • Poids : 117 g
  • Type de connexion : sans-fil (Bluetooth / Hyperspeed) ou filaire USB (câble Speedflex de 1,8 mètre)
  • Autonomie de la batterie : jusqu’à 150 heures (Bluetooth) ou 100 heures (Hyperspeed)
  • Logiciel : oui, Razer Synapse 3
  • Garantie : 2 ans
  • Prix et disponibilité : déjà disponible, à 169,99 €

En premier lieu, il est ainsi possible de voir que Razer a décidé d’intégrer son plus récent capteur optique, le Focus+, à cette Naga Pro. Remarquez, vu le tarif officiel de cette souris – 170 euros donc – il aurait été regrettable d’avoir des composants au rabais. Un tarif qui se justifie également par les fonctionnalités sans-fil de la bête, Bluetooth et 2,4 GHz.

La molette est crantée juste comme il faut et dotée de clics latéraux © Nerces pour Clubic

Un modèle plutôt compact et trapu

S’il n’est pas question de la comparer à la DeathAdder v2 Mini, la Naga Pro surprend d’emblée par sa relative compacité. En effet, compte tenu des caractéristiques de la bête, de la présence de multiples boutons et d’une batterie, on pouvait craindre un embonpoint important. À 119 millimètres de long, la bête est pourtant tout à fait dans la moyenne et sa largeur (74,5 mm) comme sa hauteur (43 mm) sont aussi conformes à ce que l’on trouve sur le marché. Non, la seule concession concerne le poids de la Naga Pro : ses 117 grammes l’empêchent de concourir au titre de mulot le plus léger.

À défaut d’être légère, la Naga Pro se veut polyvalente et on le sent dès l’ouverture de la boîte, via les accessoires. On repère ainsi trois coques pour personnaliser la souris, un câble USB « Speedflex » – d’une grande souplesse –ainsi que le dongle sans-fil 2,4 GHz. Ce dernier se range dans le corps de la souris en retirant la coque latérale. Très pratique. Par défaut, la coque latérale en place est le module pour MMORPG / MOBA, doté de 12 boutons. D’un rapide geste de la main, il est possible de la retirer pour glisser une autre coque puisque sont également dans le bundle : celle plus « classique » dotée de deux boutons et une « intermédiaire » avec déjà six boutons.

Des patins PTFE qui assurent une très bonne glisse © Nerces pour Clubic

La mise en place de la nouvelle coque se fait aussi simplement que de retirer l’ancienne : aucun clip, la coque est maintenue par un puissant aimant qui s’assure d’une installation aussi rapide qu’elle est précise. Nous reviendrons bien évidemment sur l’utilisation de ces différentes coques en fonction de l’usage souhaité, mais soulignons que leurs boutons viennent logiquement en complément des deux boutons principaux et de ceux de la roulette. Si cette dernière n’est hélas pas débrayable, elle intègre malgré tout des clics latéraux déjà bien pratiques. Au total, les joueurs peuvent donc compter sur un nombre élevé de commandes peu importe la coque retenue.

Soulignons la présence d’un dernier bouton sous la souris : il sert à basculer entre les profils. Bascule matérialisée par une petite LED présente à proximité. On repère aussi la présence d’un sélecteur trois positions : il permet bien sûr de choisir entre Bluetooth et HyperSpeed (2,4 GHz), mais il a aussi le bon goût d’avoir une position centrale, pour couper la souris qui peut alors encore fonctionner en filaire, mais préserve sa batterie. Enfin, terminons par un mot sur les quatre patins « Ultraslick » qui assurent la glisse de la Naga Pro, ils sont en polytétrafluoroéthylène, on aurait aimé de la céramique, encore plus efficace.

Trois coques pour trois styles de jeux différents © Nerces pour Clubic

Modularité et précision

Vous l’aurez sans doute déjà compris, l’intérêt principal de cette Naga Pro est à chercher dans sa modularité. Razer estime ainsi que la coque douze boutons est davantage tournée vers les joueurs de MMORPG, la coque six boutons plutôt prévue pour les joueurs de MOBA et la coque deux boutons pour… tous les autres ! D’emblée, nous émettrons une critique qui n’est pas le seul fait de Razer : il est effectivement très difficile de loger douze boutons sur un panneau de cette taille et que tous soient aisément accessibles. De fait, en fonction de la longueur de notre pouce, on aura du mal à aller jusqu’aux premiers boutons ou à revenir sur les plus en arrière.

Le problème se retrouve dans une moindre mesure avec la coque six boutons : là, la forme oblongue desdits boutons est plutôt bien vue par Razer, elle offre un accès plus aisé. Reste qu’au-delà de ce défaut, les boutons sont d’excellente facture et réactif « comme il faut ». Relativement sonore, leur cliquetis n’est pas gênant pour autant et le constructeur souligne l’emploi de switchs maison : il s’agit de contacteurs dotés d’un faisceau infrarouge capables – selon les infos officielles – d’un temps de réponse de 0,2 millisecondes. Impossible de vérifier une telle valeur, mais la réactivité des boutons est excellente et leur endurance ne devrait pas être un problème.

Astucieux rangement pour le dongle 2,4 GHz © Nerces pour Clubic

Notons qu’en plus d’être simplissime, le changement de coque peut se faire à la volée : il n’est pas question d’éteindre l’ordinateur ou de débrancher la souris. Pratique. Cela donne à la souris une grande polyvalence évidemment renforcée par le sans-fil. Là, Razer laisse aux joueurs le choix des armes. Le Bluetooth autorise une meilleure autonomie (150 heures) et une connexion simplifiée par rapport au 2,4 GHz qui impose l’usage d’un dongle, est moins autonome (100 h), mais se montre plus réactif, moins gêné par la latence. Enfin, le câble de recharge permet aussi à la souris de fonctionner en mode filaire : quoique d'aspect un peu « cordre » il n’est pas aussi souple que certains concurrents.

Capteur retenu pour tous les modèles haut de gamme de chez Razer, le Focus+ – une fabrication maison – est bien sûr de la partie et le bilan est toujours excellent. Sa grande sensibilité ne sera pas utile pour tout le monde, mais il est aisé de l’adapter à ses propres habitudes. Il ne souffre d’aucun problème de précision et se montre à l’aise sur la majorité des surfaces. Surfaces sur lesquelles une glisse d’excellente facture est rendue possible par les patins évoqués précédemment. On aurait simplement préféré que compte tenu du prix, Razer laisse le choix entre le PTFE et la céramique, comme peuvent le faire certains concurrents.

La fonction HyperShift, toujours aussi pratique © Nerces pour Clubic

Fidèle au poste, l’interface Razer Synapse

On ne change pas une équipe qui gagne chez Razer et pour configurer, pour ajuster, pour adapter la Naga Pro à nos habitudes de joueur, c’est vers le logiciel Synapse qu’il faut une fois encore se tourner. Relativement gourmand en espace de stockage (plus de 300 Mo), il se montre plutôt simple à manipuler grâce à des fonctionnalités bien organisées, en cinq onglets. Le premier est dédié à la configuration des contrôles sachant que tous les boutons peuvent être « reprogrammés » et que la fonction Hypershift est toujours de mise : elle associe une seconde action à chaque commande, action qui s’active via le raccourci éponyme.

Des réglages classiques, mais plutôt complets © Nerces pour Clubic

L’onglet performances vient régler la sensibilité du capteur (de 100 à 20 000 ppp par pas de 50 ppp et avec cinq paliers). Il est aussi possible de modifier le taux d’interrogation qui se limite aux trois valeurs les plus classiques (125, 500 et 1000 MHz). L’onglet éclairage permet de jouer sur la puissance et les effets des trois zones RVB présentes sur la souris (logo, molette et boutons du pouce) : il est possible de couper l’éclairage. L’onglet calibrage introduit la fonction de suivi intelligent qui permet de modifier la distance de « décrochage » du capteur afin que l’on puisse repositionner la souris sur le tapis sans déclencher de mouvements intempestifs.

Paramétrer la hauteur de décrochage du capteur © Nerces pour Clubic

Enfin, le dernier onglet est dédié à l’alimentation. Une petite pile indique le niveau de charge actuel et il est possible de définir le temps (1 à 15 minutes) avant que la souris ne se mette en veille. Un mode basse-consommation est également de la partie : on règle son activation à un niveau de batterie et lorsqu’il est actif, la vitesse de réponse est légèrement réduite pour préserver le reste d’autonomie. Nous en avons parlé, un bouton sous la souris permet de basculer entre les profils, car Razer a intégré une mémoire capable de stocker 5 profils utilisateurs que l’on puisse rappeler nos paramètres aisément, sans même avoir Synapse d’installé.

La borne de recharge - facultative - est à acheter séparément © Razer

Razer Naga Pro : l'avis de Clubic

Les habitués des souris Naga ne seront pas dépaysés par la Naga Pro, mais Razer a bien fait les choses pour que sa nouvelle souris soit aussi polyvalente que possible. Les trois coques interchangeables, la gestion des cinq profils utilisateurs ou la question du sans-fil / filaire sont autant de petites touches qui font de la Naga Pro un modèle d’exception capable de se plier à (presque) toutes les situations. Hélas, cette polyvalence se paie au prix fort et à près de 170 euros – tarif officiel de lancement – la nouvelle souris Razer est un luxe que peu de joueurs pourront s’offrir. Cela n’enlève rien aux qualités de la Naga Pro, mais aura un impact sur ses ventes, à n’en pas douter.

Razer Naga Pro

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Razer a mis les petits plats dans les grands afin d'offrir aux amateurs l'une des souris les plus polyvalentes actuellement sur le marché grâce à l'utilisation de trois coques aisément interchangeables. Pour ne rien gâcher, on peut l'utiliser aussi bien en Bluetooth qu'en 2,4 GHz ou en filaire et son autonomie la range parmi les meilleures. Hélas, tout cela a un coût et à près de 170 euros, la Naga Pro ne s'adresse qu'à un public fortuné - et droitier - prêt à dépenser sans compter pour s'équiper d'une souris remarquable.

Les plus

  • Trois coques interchangeables
  • Filaire ou sans-fil au choix
  • +100 heures d'autonomie
  • HyperShift très pratique
  • Capteur Focus+ remarquable
  • Réactivité et sensibilité

Les moins

  • Tarif particulièrement élevé
  • Réservée aux seuls droitiers
  • Molette non débrayable
  • Pas de patins en céramique
Modifié le 18/10/2020 à 00h49
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