Nikon Coolpix S800c : le premier compact sous Android en test

le mardi 13 novembre 2012

Nikon Coolpix S800c


Nikon a coupé l'herbe sous le pied de Samsung, puisque c'est à une semaine près que le constructeur nippon a ravi au coréen le titre de pionnier de l'appareil photo Android (sorti, parce qu'on se rappelle de l'annonce de Polaroid, qui n'a jamais donné suite). Annoncé le 22 août 2012 (contre le 29 août pour le Galaxy Camera de Samsung), le Coolpix S800c inaugure la convergence à contre sens du smartphone vers l'appareil photo. Contre sens mais pas non sens. Oui, nous connaissions tous le téléphone qui fait appareil photo, voici désormais l'appareil photo qui fait téléphone... ou presque !

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Le Coolpix S800c


Nikon S800c
Caractéristiques photo
Pixels effectifs / réels
Résolution max
16,8 Mpix / 16 MPix
4 608 x 3 456 pixels
Capteur - taille CMOS rétro-exposé - 1/2,3''
Zoom 25 - 250 mm (10 X)
Ouvertures max / stab
f3,2 - f5,8 / mécanique
Ecran
3,5'' OLED tactile / 819 000 points
Sensibilités
125 à 3 200 ISO
Obturateur
4 s - 1/4 000 s
Macro
10 cm
Portée du flash
5,6 m maximum
GPS / Format RAW
Oui / Non
Stockage
SD/SDHC/SDXC
+ 1,7 Go interne
Connectique Mini HDMI + USB UC-E6
Autonomie annoncée 140 photos (CIPA)
Dimensions 111,4 x 60 x 27,2 mm
Poids 182 g
Alimentation Batterie Li-ion 1 050 mAh
Caractéristiques vidéo
Qualité max 1080p en 30 im/s
Conteneur - codec AVC (MOV)
Son Stéréo (AAC)
Zoom / AF pendant vidéo Oui / Oui
Vidéo stabilisée Oui, optique
Caractéristiques Android
Android Gingerbread v2.3
Processeur / RAM Cortex-A9 / 512 Mo
Wi-Fi i802.11b/g/n
Sécurité WPA/WPA2/WEP
Bluetooth v2.1 + EDR


Prise en main, Android et ergonomie


D'abord, le concept

Pourquoi donc les constructeurs historiques feraient évoluer leurs appareils photos de cette manière ? Tout simplement parce qu'une large frange des compacts (celle qui fait le gros des volumes) est de plus en plus chahutée par les smartphones. Un appareil omniprésent, de plus en plus doué en photo et communicant. De quoi combler tous les besoins d'un nombre grandissant d'utilisateurs, se détournant ainsi du compact.

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Face à un iPhone 4


Comme la meilleure défense reste l'attaque, Nikon, et dans la foulée Samsung, ont décidé d'intégrer tout ce qui fait l'attrait du smartphone dans un appareil photo. Et ils bouclent leur argumentaire en taclant les smartphones sur leurs faiblesses en photo : même s'ils s'améliorent de jour en jour, ils n'offrent toujours pas la réactivité d'un vrai appareil, ni la polyvalence d'un bon zoom. Mais aucun de ces deux "appareils photo intelligents" ne permet en revanche de téléphoner. Les dès sont jetés faites vos jeux messieurs dames !

Prise en mains


De face, le S800c ressemble à bon nombre d'autres compacts. De dos en revanche, les points de comparaison se limitent à quelques références à écran tactile, comme les TX20 de Sony, MV800 de Samsung ou encore FP7 de Panasonic. Mais une fois allumé, le S800c n'a de rival que le Galaxy Camera, seul autre appareil à exploiter un OS issu de l'univers des smartphones, en l'occurrence Android ! Un appareil mutant en quelque sorte, qui dispose des attributs habituels d'un appareil photo compact (le Nikon S6300 pour être précis) mais s'utilise comme un smartphone. On retrouve d'ailleurs à l'arrière les trois touches emblématiques d'Android, uniques boutons au dos du boîtier : retour, accueil et menu. Et la glissière de déverrouillage de l'appareil à l'allumage.

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De face un appareil standard, de dos un compact tactile et même un appareil hybride sous Android


La finition semble de prime abord plutôt correcte, sentiment renforcé par la présence d'une coque en métal en façade. Cependant, nous avons constaté un défaut fâcheux, révélé par la présence d'une tâche noire à l'écran : la porosité du barillet d'objectif aux poils et poussières. Il y a en effet un jour assez conséquent autour de la lentille principale, espace par lequel s'insinue les corps étrangers. N'essayez pas de souffler dessus, vous feriez rentrer de la buée dans l'objectif. Nikon nous a envoyé un deuxième exemplaire, noir, mais il y avait encore un joli poil à l'intérieur, d'office ! Un coup de bombe à air sec et le poil est parti se loger ailleurs.

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Nous avons constaté la présence d'un corps étranger à l'écran (tâche noire à droite), que nous avons expliqué par l'existence de jours autour de la lentille frontale : bingo quand on souffle dessus de la buée s'installe à l'intérieur !


L'appareil se veut simple et il l'est : sorti des trois touches au dos de l'écran, du déclencheur avec sa manette de zoom et du bouton de mise en route, tout le reste passe par l'écran tactile de 3,5 pouces et son interface Android. Avant d'y venir, bouclons le tour de l'appareil. Sur la tranche droite, le S800c propose un port USB (type UC-E6) et le connecteur mini HDMI. La trappe inférieure abrite l'emplacement carte mémoire (en plus de la mémoire interne de 1,7 Go dont seuls 728 Mo restent disponibles) et la batterie de 1 050 mAh. Cette dernière n'assure qu'une autonomie de 140 vues, là où le Coolpix S6300 autorisait 230 vues : forcément avec le Wi-Fi, le Bluetooth, le GPS, l'écran tactile et le processeur Cortex-A9 dédié à Android, le S800c pompe bien davantage d'énergie. Nikon n'aurait-il pas dû opter pour une autre batterie ?

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Connectique, emplacement batterie et carte, Wi-Fi et GPS


Le dernier point portera sur l'écran : une dalle OLED de 819 000 points. C'est en fait un écran de type PenTile (société rachetée par Samsung), avec un agencement particulier des sous pixels en RVBV. L'idée étant de former 1 pixel avec 2 sous pixels (contre 3 en RVB), ou plutôt 2 pixels avec 4 sous pixels, les points verts étant dédoublés. Cette technique permet d'obtenir des définitions plus importantes (854 x 480 pixels ici) mais avec une finesse d'affichage moindre, la matrice PenTile étant plus visible que celle RVB. Nikon a par ailleurs doté son écran d'une couche anti-reflet, qui miroite en bleuté.

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L'écran de type PenTile et les reflets bleutés


Quid d'Android ?

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La nouveauté majeure de ce Coolpix, c'est qu'il embarque le système d'exploitation de Google Android, ici en version 2.3. Que Gingerbread ? Certes, Jelly Bean (qui équipe le Galaxy Camera de Samsung) aurait davantage collé à un appareil qui se veut moderne, mais ça ne gêne pas plus que cela. D'ailleurs l'architecture ARMv7 (processeur Cortex-A9 @ 1 600 MHz et GPU PowerVR SGX 540 d'après l'application AnTuTu Benchmark v2.9.4) avec seulement 512 Mo de RAM fait tourner le système de façon tout à fait fluide. Notez ma confusion à ce sujet dans la vidéo de présentation, le Cortex-A9 étant bien le processeur et non pas l'architecture. Et cette dernière n'est pas « un peu vieillissante » comme stipulé mais bien actuelle.

AnTuTu nous sort un résultat de bench de 3599 points, ce qui place le S800c entre un Google Nexus S et un HTC EVO 3D. L'autre application de test Quadrant Standard v2.1.1 attribue elle la note de 1164 points au Nikon S800c, qui finit alors derrière le Nexus S. Mais un jeu exigeant comme Dread Trigger passe sans la moindre saccade ! Et le principal, c'est que cet Android là est complet et que le Play Store demeure accessible et non bridé.

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Les résultats de test avec AnTuTu Benchmark et Quadrant Standard, et le jeu Dead Trigger qui se porte comme un charme


A l'usage, quel est l'apport d'Android sur un appareil photo ? Combiné à une connectivité améliorée (Wi-Fi n et Bluetooth 2.1 + EDR), Android offre à ce Coolpix tout son écosystème d'applications et les possibilités qui en découlent. Traitement d'image (Instagram, Aviary Photo Editor, Photoshop Express, Camera Effects, Camera ZoomFX...), prise de vue (essentiellement des applications de HDR comme Pro HDR...), partage (Facebook, Google+, Twitter, YouTube, Picasa, Flickr, email...) et upload vers le service mypicturetown.com de Nikon : dès qu'on dispose d'une borne Wi-Fi dans les parages (hotspot, routeur domestique ou partage de connexion depuis un mobile 3G), tout est possible, de la même manière qu'avec un smartphone Android ! Ou presque, parce que l'écran de 3,5 pouces n'est pas toujours aussi grand qu'on le voudrait : par rapport à un Galaxy S3, on se sent à l'étroit.

le Samsung WB850F connecté.

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Les applications du S800c, le Play Store (avec un widget sur l'écran d'accueil), Angry Birds et la navigation




Et les menus photos ?


Encore une fois, ce Coolpix qui se base sur le S6300 est un compact simple. Et c'est tant mieux parce que les interfaces 100 % tactiles ne se prêtent pas vraiment à l'opulence de paramètres. Quatre icônes tactiles de réglage à gauche de l'écran de visée, une icône à droite pour les modes de prise de vue et l'accès juste en dessous à la visualisation des images. Côté modes de prise de vue, Nikon en propose six mais rien de débrayable. On se réjouira de la présence de panoramique par balayage et d'une HDR, même si cette dernière est très basique.

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Pour accéder aux réglages de l'appareil, sommaires, il faut presser la touche menu contextuel d'Android. En phase de cadrage, on peut régler d'autres paramètres comme la sensibilité et la taille d'image en pressant cette même touche « Menu ». Tout est dit ! Le seul point ergonomique embêtant, c'est qu'une pression sur le déclencheur lorsqu'on est sur l'écran d'accueil d'Android ne démarre pas l'appareil photo. Dommage !

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