Monpotager.com : Faire pousser des légumes sur... le Web !

Jérôme Cartegini
Spécialiste sécurité informatique
14 août 2015 à 12h22
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Proposer aux citadins de gérer leur propre potager et d'y cultiver des fruits et des légumes à distance par l'intermédiaire d'une interface virtuelle Web, voici le concept un peu fou imaginé par Thierry Desforges, le fondateur de Monpotager.com. Lancé en septembre 2013 à Paris, puis, quelques mois plus tard à Lyon, ce service innovant murit, depuis, au rythme des récoltes des internautes à la main verte.

A l'heure où les consommateurs font de plus en plus attention à leur alimentation, ce service unique en son genre semble promis à un bel avenir. Outre l'assurance de pouvoir obtenir des produits frais et de saison, il propose notamment certaines variétés de légumes anciens que l'on ne trouve pas forcément dans les réseaux de distribution traditionnels. Monpotager offre une expérience inédite permettant de se glisser dans la peau d'un véritable jardinier et de gérer un potager au quotidien. Découverte...

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Comment ça marche ?

Le mode de fonctionnement se révèle très simple. Après s'être connecté sur le site, il suffit de sélectionner une parcelle de terre plus ou moins grande en fonction de ses besoins (Solo, Duo, Trio ou Familial), puis de « planter » les fruits et légumes de son choix parmi les 60 variétés proposées. Le potager virtuel devient alors bien réel et commence à prendre racine dans une exploitation maraichère partenaire où un producteur en chair et en os prend soin des cultures. Il n'y a plus qu'à suivre l'évolution de ses plants de carottes Yellowstone, de betteraves Burpees golden et autres framboises Tulameen grâce à des commentaires et des photos envoyés par email à chaque fois « qu'il se passe quelque chose », par l'équipe de Monpotager. Une fois arrivés à maturité au fil des différentes récoltes de l'année, les produits sont expédiés par colis dans des points relais.

Des différentes variétés de fruits et légumes, à leur valeur nutritionnelle, en passant par leur mode de culture, de pousse ou encore de récolte, le service délivre de nombreuses informations pédagogiques et toutes sortes de conseils. Au fil des plantations, les jardiniers virtuels appelés « Ageekculteurs » peuvent ainsi assimiler de nombreuses connaissances, tout en s'amusant. Ludique et fun, l'interface de gestion des potagers virtuels rappelle un peu celle de la saga des jeux vidéo « Ferme Mania ». Chaque parcelle contient des petites cases représentant chacune une surface de 1 m2 qu'il faut remplir en sélectionnant les graines de fruits et légumes à semer. Pour éviter les erreurs et planter des légumes d'hiver en été ou inversement, chaque espèce dispose d'une fiche dynamique détaillée permettant de visualiser en un coup d'œil les utilisations possibles du légume, le rendement à l'année, les périodes de livraison... En bref, quelques clics suffisent pour gérer son potager virtuel comme un pro !

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Du virtuel au réel

Disponible pour le moment dans les régions parisiennes et lyonnaises, le service propose différents abonnements mensuels assortis d'un engagement minimum de 12 mois. Pour favoriser l'équilibre du sol et pouvoir faire suivre plusieurs cultures sur une même parcelle, les exploitations maraichères utilisent une technique dite de rotation culturale qui dure environ 12 mois. Les abonnés devenant eux-mêmes des producteurs, ils doivent donc s'adapter à ce cycle des cultures des potagers. Certaines espèces (artichauts, fraises, framboises..) nécessitent même des cycles de rotations de plusieurs années. Les utilisateurs qui souhaitent se lancer dans ce type de cultures au long cours ne sont pas forcément obligés de s'engager sur plusieurs années, et peuvent dans certains cas hériter d'une culture d'un autre abonné ayant souhaité arrêter avant la fin du cycle. A noter que le service dispose également d'un système de troc permettant aux jardiniers en ligne de troquer leurs cultures lorsqu'ils partent en vacances, par exemple.

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Les prix des abonnements varient en fonction de la taille de la parcelle choisie. Moyennant un abonnement mensuel de 15 euros/mois, le potager Solo de 15 m2 comprend par exemple une surface de 6 m2 pour les légumes d'été, 6 m2 pour les légumes d'hiver et 3 m2 pour les fruits. Ce tarif inclut de 40 à 60 kg de fruits et légumes par an selon le rendement de la parcelle et 8 livraisons en point relais à utiliser quand on le souhaite. Le forfait Familial (150 m2 à 100 euros/mois) dont la production varie de 400 et 600 kg/an compte 32 livraisons au total sur l'année. Largement de quoi mettre des produits frais dans l'assiette de toute une famille durant un an.

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Agriculture raisonnée

La start-up lyonnaise répond aux attentes de plus en plus de consommateurs en faveur d'une agriculture responsable, et soucieux de connaître la traçabilité des aliments. En témoigne le succès des initiatives qui fleurissent en ville depuis quelques années comme les jardins partagés littéralement pris d'assaut, les plantes potagères pouvant être cultivées sur les balcons qui s'arrachent comme des petits pains dans les jardineries, ou encore, les « Paniers » de produits du terroir que les consommateurs achètent directement aux producteurs locaux.

La nouvelle génération d'acteurs « éco-responsables » qui favorisent les circuits de distribution courts pratique souvent des tarifs plus élevés que les distributeurs traditionnels. Monpotager n'échappe malheureusement pas à cette règle. Interrogé par nos soins à ce sujet, Thierry Desforges ne manque pas d'arguments pour justifier ces différences de prix : « En moyenne, nos produits sont 15% plus cher qu'au supermarché, mais le service est incomparable : colis préparés à l'unité, plateforme de suivi des cultures en ligne, livraison à côté de chez soi, qualité des produits exceptionnelle... Nous pouvons aussi nous vanter de payer les produits aux producteurs locaux plus de 20% plus cher que les supermarchés, qui utilisent la massification pour assommer les producteurs, et leur imposer leurs propres règles. 100% des produits de Monpotager.com cultivés dans les parcelles sont français ».

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Conclusion

De sa création à ce jour, la plateforme compte une communauté de 1200 « Ageekculteurs », et 16 500 inscrits n'ayant pas encore franchit le pas. Avec la conjoncture économique difficile et la baisse du pouvoir d'achat, les ménages restent frileux lorsqu'il s'agit de souscrire un abonnement mensuel assorti d'un engagement sur une année. Malgré cela, l'ambitieuse start-up murit doucement, mais sûrement depuis son lancement et prévoit à terme d'étendre son service à d'autres villes de l'Hexagone. Des discussions avec des acteurs européens sont en cours pour développer le concept au-delà de nos frontières.

La start-up a plusieurs autres projets dans ses cartons. D'ici la fin de l'année, elle prévoit notamment une refonte totale de son site, avec, au menu, de nouvelles fonctionnalités comme le suivi des cultures au jour le jour, ainsi qu'un système robotique qui enverra chaque jour une photo des plants et différentes mesures (humidité au sol, température, teneur en fertilisants, pluviométrie) aux clients. Grâce à une première levée de fonds de 700 000 euros réalisée pour un tiers avec des particuliers sur la plateforme de crowdfuding Wiseed, la start-up ouvrira également d'ici Noël sa première boutique façon « concept store » à Lyon, face au célèbre Hôtel-Dieu. Une jeune pousse décidément pleine de promesses...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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