Vous vous demandez peut-être ce qui, dans les dossiers de votre agence de publicité ou de votre studio créatif, peut bien intéresser des cybercriminels. Et c’est bien normal, car votre cœur de métier, c'est la création, pas la cybersécurité.

Agences de communication et studios créatifs : des cibles sous-estimées qui détiennent des données clients sensibles - ©Jacob Lund / Shutterstock
Agences de communication et studios créatifs : des cibles sous-estimées qui détiennent des données clients sensibles - ©Jacob Lund / Shutterstock

La réponse est simple. Une agence travaille presque toujours pour plusieurs clients à la fois, et pour chaque nouveau contrat, vous créez une base de données supplémentaire qui vient s’ajouter à vos serveurs.

Pour un pirate informatique, cette mine d’informations stockée dans une petite structure comme votre TPE ou votre PME vaut souvent plus qu’une grande entreprise.

Parce qu’en perçant une seule fois vos défenses, il accède aux clients de plusieurs organisations à la fois. Une grande entreprise cliente consacre souvent plus de moyens à sa sécurité informatique qu'une agence de taille modeste. Les cybercriminels le savent et attaquent d’abord le prestataire, plus vulnérable, plutôt que l’entreprise qu’il sert, c’est-à-dire vous.

Bitdefender

La solution tout-en-un pour protéger votre entreprise

Votre petite entreprise a de grandes ambitions. Protégez-là contre les pirates. Et développez sereinement votre activité !

Sponsorisé

Vos données ne sont jamais seulement les vôtres

Vos briefs confidentiels, les identifiants des comptes publicitaires de vos clients et leurs bases d’abonnés à votre newsletter sont souvent hébergés sur les mêmes serveurs, quel que soit le client concerné. Si vous dirigez un studio créatif, vous conservez aussi des maquettes de campagnes encore secrètes et des calendriers de lancement que les marques n’ont pas encore rendus publics. Un cybercriminel qui arrive à passer vos dispositifs de cybersécurité accède, d'un coup, à l'ensemble de vos clients.

C'’est ainsi qu’en janvier, des attaquants ont compromis un sous-traitant chargé du support client de ManoMano. Ils ont récupéré des noms, des adresses e-mail, des numéros de téléphone et l’historique de conversations de plusieurs clients de l’entreprise. Mais ce n’est pas ManoMano qui était la cible de l’intrusion. La CNIL, l’ANSSI et la plateforme cyber d’Île-de-France en ont été informées. Les données de vos clients transitent par vos outils et sont donc en danger au même risque que les vôtres.

Au titre du règlement européen sur la protection des données, vous avez souvent la qualité de sous-traitant de vos clients dès que votre agence traite leurs données personnelles. Vous devez donc respecter des obligations de sécurité précises, prévues par l’article 28 du texte, et vous répondez de vos manquements aux côtés de la marque que vous servez. Et attention, ça ne plaisante pas. En mai 2025, la CNIL a sanctionné Solocal Marketing Services à hauteur de 900 000 euros pour des manquements liés au consentement dans ses campagnes de prospection commerciale. La sanction portait sur la façon dont l’entreprise traitait les données de prospects avant de les exploiter commercialement, sans lien avec un piratage. Le secteur du marketing et de la communication est donc déjà sous surveillance étroite du régulateur français.

Les pirates informatiques exploitent d’abord les maillons humains et techniques

Le courrier électronique est l’outil le plus simple à pirater. Votre agence échange chaque jour avec des dizaines de journalistes, d’influenceurs et de fournisseurs extérieurs. Dans ce flux, vous ne pouvez pas forcément repérer un message frauduleux. Un attaquant peut imiter la facture d'un de vos prestataires habituels ou la demande urgente d'un client. Il suffit de cliquer une seule fois sur une pièce jointe piégée pour installer un accès durable dans vos systèmes. Vous n’avez pas le temps, agissez dans l’urgence ou par habitude et les cybercriminels profitent aussi de cela.

En plus de la messagerie, d’autres outils de votre système sont vulnérables.

Pour vos campagnes publicitaires, si votre compte Meta Business ou Google Ads est mal protégé, vous donnez directement accès aux budgets publicitaires de vos clients. En retrouvant un mot de passe réutilisé sur plusieurs plateformes, vous permettez aussi d’ouvrir bien plus qu’un seul compte à n’importe quel intrus.

Votre agence travaille aussi, la plupart du temps, avec des graphistes, des monteurs ou des rédacteurs freelances connectés depuis des ordinateurs personnels. Si leur matériel personnel n’est pas sécurisé, un attaquant peut ensuite atteindre vos outils partagés.

Selon Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de compte est la première menace signalée par les professionnels en 2025, en hausse de 52 % sur un an. Les violations de données et les intrusions informatiques sont aussi en forte progression, avec des hausses respectives de 40 % et 112 %. La fraude au virement est la menace qui grimpe le plus vite chez les professionnels, avec une hausse de 93 % en un an. Ce type d’escroquerie touche particulièrement les agences, qui manient souvent, pour le compte de leurs clients, des budgets de plusieurs dizaines de milliers d’euros destinés à l’achat d’espaces publicitaires.

Votre agence est, la plupart du temps, une TPE ou une PME. Le baromètre 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr indique que 16 % des TPE-PME interrogées ont déjà subi une cyberattaque au cours des douze derniers mois, et 22 % ne disposent d’aucune sauvegarde de leurs données. Trois répondants sur quatre consacrent moins de 2 000 euros par an à leur sécurité informatique. Et vous ?

Protégez-vous sans ralentir votre activité ni nuire à votre créativité

Commencez par séparer les accès. Réservez les droits d’administration des comptes publicitaires et des CRM à un nombre restreint de personnes, et activez la double authentification sur chaque outil qui le permet. Avec cette précaution, vous repoussez la plupart des tentatives de piratage de compte, même quand un mot de passe a fuité ailleurs.

Adoptez ensuite un gestionnaire de mots de passe pour toute l’équipe, plutôt que des mots de passe partagés dans un fichier ou répétés d’un outil à l’autre. Vous limitez les dégâts si un compte est compromis.

Mettez également à jour vos logiciels de création et vos extensions de navigateur dès qu’un correctif est disponible. N’oubliez pas que du point de vue d'un cybercriminel, une faille connue et non corrigée n’est pas un oubli, c’est une faille à exploiter.

Sauvegardez vos fichiers de travail et vos bases de contacts en dehors de votre poste principal, sur un service de stockage en ligne ou sur un disque externe déconnecté après chaque copie. Vous évitez qu'un rançongiciel ne détruise en une nuit des mois de travail créatif.

Vérifiez enfin les pratiques de sécurité de vos prestataires numériques, notamment les plateformes d’envoi d’e-mails et les outils de stockage en ligne, avant de leur confier des données clients. En tant que sous-traitant de vos clients au sens du règlement européen sur la protection des données, vous devez formaliser ces garanties dans vos contrats.

Formez vos équipes, en particulier les personnes qui suivent les budgets publicitaires au quotidien, à reconnaître un lien suspect ou une demande de virement inhabituelle. Une équipe formée repère souvent ce qu'un logiciel de sécurité laisse passer.

Une agence qui découvre une fuite de données et ne la signale pas à la CNIL dans les 72 heures risque une amende administrative pouvant s’élever à 10 millions d’euros ou 2 % de son chiffre d’affaires mondial, sans parler des pertes liées au piratage.