GPU mobile : NVIDIA GeForce GT 420M en test

Frédéric Cuvelier
23 septembre 2010 à 17h15
0
0096000001933580-photo-nvidia-logo.jpg
Avec sa série Mobility Radeon HD 5000, AMD a frappé un grand coup dans le monde de la puce graphique mobile. NVIDIA a accusé le coup, envoyant au front une série GeForce 300M pas vraiment à la hauteur. Aujourd'hui, la firme au caméléon tente un retour avec deux nouvelles gammes de GeForce 400M destinées aux ordinateurs portables.

Basées sur l'architecture Fermi, ces 7 nouvelles références (la GTX 480 étant annoncée depuis plusieurs semaines) sont toutes compatibles avec la technologie Optimus de NVIDIA et, pour certaines seulement, avec 3D Vision. Nous évoquions récemment dans nos colonnes ces différentes déclinaisons (voir Conférence de rentrée NVIDIA : GeForce 400M en approche).

Aujourd'hui, c'est une GeForce GT 420M -soit l'une des cartes d'entrée de gamme de la série des 400M- que nous allons tester et comparer avec deux autres GPU encore largement présents dans les ordinateurs portables actuellement commercialisés, à savoir la Mobility Radeon HD 5650 d'AMD et la GeForce GT 330M de NVIDIA appartenant à la précédente génération de GeForce mobiles.

Nous nous intéresserons évidemment aux performances de cette nouvelle puce, mais également à sa consommation, que nous tenterons d'estimer afin de savoir si NVIDIA est parvenu à conserver le TDP de son GPU sous un seuil raisonnable.

GeForce 400M : deux nouvelles gammes chez NVIDIA



Quoi de neuf avec cette série 400M ? Le premier élément à noter concerne la légère, mais notable, simplification de la gamme. Car si la série des GeForce 300M ne comprenait « que » 9 références, le nombre réel de modèles était bien plus important, en fonction de la fréquence de la mémoire ou du type de mémoire utilisé. Pour le moment, la série des GeForce 400M reste à peu près claire, mis à part pour la GT 445, qui possède deux déclinaisons très différentes. L'existence de la moins puissante d'entre elles est directement liée à une demande des OEM, d'après NVIDIA France.

Pour entrer un peu dans les détails de la série GeForce 400M, on distingue 3 gammes distinctes : l'entrée de gamme n'est plus constituée que d'une seule puce, le GT 415M. Le milieu de gamme est composé de 4 puces, du GT 420M à la version la plus légère du 445M. Les GTX 460M, 470M, 480M et, dans une certaine mesure, la seconde version de la GT 445M, forment quant à elles le haut de gamme.

03543094-photo-geforce-300m-400m.jpg

03543134-photo-geforce-300m-400m-bis.jpg

Constatation importante : quelle que soit la gamme, les puces proposées par NVIDIA semblent gagner significativement en puissance, particulièrement grâce à la multiplication de cœurs CUDA. En effet, si l'on compare la GT 320M et la GT 420M par exemple, on s'aperçoit que la fréquence du GPU est identique, que la mémoire utilisée est la même, tout comme le bus mémoire alors que la fréquence de cette dernière n'a quasiment pas changé. En revanche, le nombre de cœurs CUDA a triplé, d'où une puissance théorique qui grimpe de 60%, la GT 420M se retrouvant au niveau d'une GT 330M. Reste à savoir si, dans les faits, cette différence est si importante.

4 déclinaisons de Fermi, pas moins !



Toutes ces puces mobiles sont basées sur une déclinaison de l'architecture Fermi : le GTX 480M s'appuie sur le GF100, le GTX 470M sur le GF104, les GTX 460M et GT 445M sur le GF106, et les autres puces de la série sur le petit dernier, le GF108. L'architecture des GF104, GF106 et GF108 ont en commun la composition du Streaming Multiprocessor (SM), ou multiprocesseur. Ce dernier comprend 48 unités de calcul généraliste (les fameux cœurs CUDA) et 8 unités de texture. Le GF100, première déclinaison de l'architecture Fermi, propose quant à lui 32 cœurs CUDA et 4 unités de texture par SM. Toutes ces déclinaisons possèdent une unité de traitement géométrique (Polymorph Engine) par SM.

Ce qui différencie en fait les GF104, GF106 et GF108 est le nombre de ces Streaming Multiprocessor. Dans l'architecture Fermi, on compte un nombre maximal de 4 SM par GPC (Graphic Processing Cluster). Les GF106 et GF108 ne disposent que d'un GPC et sont donc limités à 192 coeurs CUDA et 32 unités de texture. Le GF104, fait de deux GPC, peut quant à lui bénéficier de 384 cœurs CUDA et 64 unités de texture. Enfin, le GF100 et ses 4 GPC peuvent théoriquement atteindre 512 cœurs CUDA (4 SM sur 4 GPC et 32 cœurs CUDA par SM) et 128 unités de texture, même si ces nombres ne sont pas atteints en pratique pour des raisons de rendement. Les 352 coeurs CUDA de la GTX 480M en sont la preuve.

0190000003525788-photo-diagramme-geforce-gts-450.jpg
Schéma représentant un Graphic Processing Cluster (GPC)

Vous l'aurez compris, les GF106 et GF108 sont des déclinaisons allégées du GF104 et, à fortiori, du GF100. La structure de la puce s'en trouve aérée et le TDP qui en résulte doit, en principe, diminuer en conséquence. Seulement voilà, NVIDIA ne communique aucune information concernant l'enveloppe thermique de ses puces. S'il est évident que cette information peut varier d'un modèle de portable d'une certaine marque à celui d'un autre constructeur, il devrait être toutefois possible pour NVIDIA de fournir un TDP de référence, comme le fait par ailleurs son concurrent AMD.

Sachez enfin que toutes ces puces fonctionnent en PCI-Express 2.0 16x et que seuls les modèles GTX sont compatibles SLI. Pas d'évolution concernant la finesse de gravure, puisqu'on retrouve ici le 40 nm déjà utilisé pour la série des GeForce 300M. Notez également que toutes ces puces gèrent le bitstream audio HD via la connectique HDMI.

DirectX 11 et Optimus généralisés...



00C8000002881518-photo-logo-nvidia-optimus.jpg
Au rang des bonnes nouvelles associées à la sortie de cette nouvelle série GeForce 400M, on note la promesse faite par NVIDIA concernant sa fameuse technologie Optimus. En effet, si, théoriquement, cette technologie est en mesure de fonctionner sur les ordinateurs portables équipés d'une puce NVIDIA depuis mai dernier, rares sont finalement les modèles qui en bénéficiaient réellement, faute d'une gestion logicielle effective. Cette fois, tous les portables proposant un GPU de la série GeForce 400M devraient inclure Optimus.

Si les plus curieux devront jeter un œil sur l'article que nous avions consacré à Optimus, voici pour les autres un petit résumé. Parmi les portables vendus actuellement dans le commerce, certains sont équipés à la fois d'une puce graphique embarquée (c'est le cas de tous les modèles pourvus de processeurs Intel Core i3 / Core i5) et d'une puce dédiée. Le principal reproche fait à ces ordinateurs concerne leur autonomie, rendue particulièrement faible du fait de la consommation importante du GPU. La solution mise en place, appelée switchable graphics, permet d'utiliser tantôt la puce embarquée (pour les tâches ne nécessitant pas de ressources), tantôt le GPU dédié, lorsque des calculs 3D sont impliqués. Mais avant Optimus, ce passage nécessitait l'intervention de l'utilisateur et parfois même le redémarrage du PC. C'est donc là que se trouvent les avantages de la technologie NVIDIA, qui est invisible pour l'utilisateur et autorise une mise en veille profonde du GPU dédié lorsqu'il n'est pas utilisé, ce qui augmente significativement l'autonomie des portables qui en sont équipés.

L'autre bonne nouvelle, c'est évidemment la généralisation du support DirectX 11, bien des mois après AMD... Il était temps !

... mais pas 3D Vision, ni le HDMI 1.4a, ni la GDDR5



00C8000002633292-photo-ordinateur-portable-asus-g51j-ix108v-3d-vision.jpg
En revanche, au niveau des regrets, on note l'incompatibilité de certaines puces avec la technologie 3D Vision (et a fortiori 3DTV) que nous testions fin aout 2009, alors même que NVIDIA communique beaucoup sur cette possibilité étendue aux ordinateurs portables. Les GT 415M et GT 420M, en l'occurrence, sont donc incapables de supporter 3D Visionn du fait de performances trop faibles.

Concernant le support de la version 1.4a de l'HDMI, on est dans un registre opposé puisque ce sont les puces haut de gamme (les GTX 460M, 470M et 480M) qui ne peuvent le gérer. La faute aux déclinaisons du Fermi : les GF106 et GF108 autorisent le HDMI 1.4a contrairement aux GF104 et GF100, plus anciens. On regrette enfin que la GDDR5 ne soit pas généralisée à l'ensemble des puces.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
0 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

Apple annonce les iPhone 11 et iPhone 11 Pro : de nouveaux modèles en panne d’inspiration
Le paiement sur Internet s'arme d'un nouveau système antifraude fonctionnel dès demain
Apple Watch Series 5 : la montre connectée se dote d’un écran always-on
Renault : son crossover électrique K-ZE lancé en Chine, à partir de 8 500 €
La Suisse veut forcer les compagnies aériennes à renseigner les émissions CO2 sur les billets d'avion
Maladies pulmonaires : les enquêteurs américains n'écartent aucune cigarette électronique
Un son pour avertir les piétons va être ajouté à la Tesla Model 3
Uber s'enfonce (un peu plus) dans l'incertitude et licencie plus de 400 employés
iPhone 11 : tout savoir sur le processeur A13 Bionic qui l'anime
Nintendo s'attaque à nouveau à un site de partage de ROM

Notre charte communautaire

1. Participez aux discussions

Nous encourageons chacun à exprimer ses idées sur les sujets qui l'intéressent, et à faire profiter l'ensemble de la communauté de son expertise sur un sujet particulier.

2. Partagez vos connaissances

Que vous soyez expert ou amateur passionné, partagez vos connaissances aux autres membres de la communauté pour enrichir le niveau d'expertise des articles.

3. Échangez vos idées

Donnez votre opinion en étayant votre propos et soyez ouverts aux idées des autres membres de la communauté, même si elles sont radicalement différentes des vôtres.

4. Faites preuve de tolérance

Qu'il s'agisse de rédacteurs professionnels ou amateurs, de lecteurs experts ou passionnés, vous devez faire preuve de tolérance et vous placer dans une démarche d'entraide.

5. Restez courtois

Particulièrement lorsque vous exprimez votre désaccord, critiquez les idées, pas les personnes. Évitez à tout prix les insultes, les attaques et autres jugements sur la forme des messages.

6. Publiez des messages utiles

Chaque participation a vocation à enrichir la discussion, aussi les partages d'humeurs personnelles ne doivent pas venir gêner le fil des échanges.

7. Soignez votre écriture

Utilisez la ponctuation, prohibez le langage SMS et les majuscules, relisez-vous afin de corriger un peu les fautes de frappe et de français : trop de fautes n’engagent ni à lire le message, ni à répondre à une question.

8. Respectez le cadre légal

Ne publiez pas de contenus irrespectueux, racistes, homophobes, obscènes ou faisant l'apologie de courants radicaux, qu'ils soient politiques ou religieux. N'utilisez pas plusieurs comptes utilisateurs.

9. Ne faites pas de promotion

Ne profitez pas d'une discussion pour faire la publicité d'un produit, d'un service ou même de votre site web personnel.

10. Ne plagiez pas

Exprimez uniquement vos opinions ou partagez des idées en citant vos sources.

scroll top