Union sacrée des géants du Web contre YouTube

Sous l'égide de NBC Universal et du groupe News Corp., les principaux géants du Web américain sont en passe de former une alliance sans précédent. Leur objectif : lancer le plus large réseau de distribution de vidéos jamais conçu sur Internet, financé par la publicité et doté de dizaines de milliers d'heures de programmes. AOL, Microsoft, ! et MySpace, propriété du conglomérat News Corp., seront les premiers partenaires de cette initiative sans précédent. Google, numéro un du secteur depuis l'acquisition de YouTube, apparait comme la cible directe de cette coalition qui pourrait également chambouler le secteur de la télévision traditionnelle.

Administré par une coentreprise fondée par NBC et News Corp., le site devrait être lancé au début de l'été. Il rassemblera des dizaines de milliers d'heures de contenus, émanant des différents studios et chaînes de télévision partenaires, auxquels les internautes devraient pouvoir accéder gratuitement. Le service, qui aurait déjà convaincu des annonceurs tels qu'Intel, ou General Motors, proposera par ailleurs des fonctionnalités de type communautaire. Les deux partenaires évoquent des séries telles que 24, Heroes, Prison Break, The Simspons, ou des films comme Little Miss Sunshine et Le diable s'habille en Prada.

Tous ces contenus seront également proposés sous forme de marque blanche à des sites partenaires qui pourront donc afficher sur leurs propres pages ces vidéos. En contrepartie, ces sites partageront leurs recettes publicitaires avec la coentreprise formée pour l'occasion. NBC et News Corp vont jusqu'à affirmer que leur réseau de partenaires actuels permettrait de toucher jusqu'à 96% des internautes américains. Et pour cause : celui-ci réunit Yahoo!, AOL (groupe Time Warner), Microsoft (MSN) ou MySpace (groupe Fox Interactive), qui représentent le trio de tête des sites américains les plus visités selon ComScore.

« Nous aurons accès à l'ensemble de l'audience Internet aux Etats-Unis dès le lancement », indique Peter Chernin, président et directeur éxécutif de News Corp. « Et pour la première fois, les consommateurs auront exactement ce qu'ils souhaitent - des vidéos professionnelles délivrées sur les sites qu'ils fréquentent », ajoute-t-il avant d'appeler les producteurs et les distributeurs de contenus à rejoindre l'alliance. Viacom (Paramount, MTV), qui poursuit actuellement Google à hauteur d'un milliard de dollars pour violation de ses droits d'auteur, aurait été sollicité.

Le contenu généré par les utilisateurs (UGC, pour User Generated Content) a forgé le succès de sites comme YouTube ou Dailymotion, mais fait peser sur eux une lourde épée de Damoclès à cause des nombreux contenus soumis aux droits d'auteur qui y circulent. Plutôt que d'éradiquer complètement ces vidéos, clips ou épisodes de séries de leurs services - une tâche digne de Sisyphe - ils cherchent désormais à partager leurs recettes avec les ayant-droits en l'échange du droit à l'utilisation de leurs contenus. Ainsi, Dailymotion a-t-il récemment annoncé la signature d'accords avec Warner, puis avec Universal Music. Les négociations risquent de se révéler de plus en plus difficiles pour les acteurs indépendants de la vidéo en ligne si un tel mastodonte se met en branle. A commencer par Google, adversaire désigné des partenaires de ce projet.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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