Suite à la fermeture de Funimation, intégré à Crunchyroll, des acheteurs de Blu-ray ont perdu l'accès aux copies numériques fournies avec leurs disques. Aux États-Unis, une pétition réclame désormais le droit de les recréer pour un usage personnel. Mais la législation américaine pourrait leur barrer la route.

Certains coffrets Blu-ray édités par Funimation, spécialiste de l'animation japonaise, étaient accompagnés d'un code permettant de regarder les mêmes films ou épisodes sur smartphone, tablette ou ordinateur, sans avoir besoin du disque. Mais en avril 2024, Funimation a fermé après son intégration à Crunchyroll. Les acheteurs ont conservé leurs Blu-ray, toujours lisibles, mais perdu l'accès aux copies numériques associées, que Crunchyroll n'a pas transférées vers son service.
En France, les amateurs d'animation japonaise ont connu une situation comparable avec Wakanim, également absorbé par Crunchyroll. Lors de sa fermeture en novembre 2023, les épisodes achetés sur la plateforme sont devenus inaccessibles pour ceux qui ne les avaient pas téléchargés. Contrairement à Funimation, il s'agissait toutefois d'achats numériques indépendants de tout disque.
Des disques toujours lisibles, mais impossibles à copier librement
Comme le rapporte TorrentFreak, Jayden Milne a déposé une pétition auprès du Copyright Office américain pour autoriser les acheteurs concernés à recréer les copies numériques devenues inutilisables.
La demande vise aussi les codes d'activation expirés. Milne cite notamment Warner Bros., dont certains codes cesseraient de fonctionner en fonction de la date de sortie du film, et non de celle de l'achat.
L'objectif n'est pas de permettre la copie de tous les Blu-ray. L'exception demandée serait limitée à un fichier personnel, sécurisé et conservé localement, sans dépasser la qualité de la version numérique initialement promise. Le problème est juridique : aux États-Unis, le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) interdit en principe de contourner les protections anticopie des disques, même lorsqu'on les possède légalement.
Une exception loin d'être acquise
Le 28 octobre, le Copyright Office a ouvert sa consultation triennale sur les exceptions au DMCA. Les partisans ont jusqu'au 7 décembre 2026 pour présenter leurs arguments, tandis que les opposants pourront répondre jusqu'au 22 février 2027. L'issue reste incertaine : le Copyright Office rappelle que des exemptions comparables ont déjà fait l'objet de recommandations défavorables par le passé.
En France, l'exception de copie privée existe, mais elle ne permet pas pour autant de contourner librement les protections anticopie. Cette procédure américaine ne modifierait donc pas directement la situation des consommateurs français.
En France, l'exception de copie privée existe, mais elle ne permet pas pour autant de contourner librement les protections anticopie. La question dépasse néanmoins les frontières : lorsqu'une copie numérique a été vendue avec un disque, sa disparition devrait-elle donner le droit d'en créer une nouvelle ?