Le CNRS abandonne Microsoft Exchange pour PARTAGE, la messagerie collaborative française de RENATER. La migration concerne 35 000 agents, mise sur le logiciel libre et la souveraineté numérique, avec à la clé de grosses économies.

Le CNRS bascule la messagerie de ses 35 000 agents de Microsoft Exchange vers PARTAGE, la solution souveraine de RENATER. © Alexandre Boero / Clubic
Le CNRS bascule la messagerie de ses 35 000 agents de Microsoft Exchange vers PARTAGE, la solution souveraine de RENATER. © Alexandre Boero / Clubic

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a annoncé mardi 3 novembre 2026 avoir souscrit à PARTAGE, le service de messagerie en mode SaaS opéré par RENATER, en lieu et place de Microsoft Exchange. L’organisme inscrit ce choix dans sa stratégie de sortie des GAFAM et dans un plan d’optimisation de ses coûts informatiques, puisqu'il devrait économiser plusieurs millions d'euros chaque année. Il rejoint par là même une plateforme hébergée en France, qui équipe déjà plus de 90 établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le CNRS migre sa messagerie de Microsoft Exchange vers PARTAGE de RENATER

La bascule de Microsoft vers PARTAGE touche l'ensemble des personnels du CNRS. Chacun des quelque 35 000 agents du CNRS a reçu ou va recevoir automatiquement une adresse @cnrs.fr, désormais hébergée sur PARTAGE. S'y ajoutent les boîtes partagées, consultées par plusieurs collègues, et les boîtes de service, rattachées à une équipe ou à un service plutôt qu'à une personne, soit environ 50 000 boîtes mail au total.

Côté technique, Exchange, le logiciel de messagerie de Microsoft, que le CNRS faisait jusqu'ici héberger à l'extérieur, cède la place à Zimbra. Cette solution issue du monde du logiciel libre, dont le code est ouvert et consultable par tous, est désormais opérée par RENATER sur ses propres infrastructures.

Voici un aperçu de la messagerie Partage. © Capture d'écran Clubic
Voici un aperçu de la messagerie Partage. © Capture d'écran Clubic

Ce changement respecte la logique de sevrage des GAFAM engagé par le CNRS (et plus largement d'autres entités administratives françaises), avec Microsoft en ligne de mire. En plus, animé par la volonté ferme de réduire ses coûts informatiques, l'organisme table sur environ 3,5 millions d'euros d'économies par an, une manne financière considérable. François Pouget, son directeur général délégué aux ressources, estime donc que cette bascule apporte plus de souveraineté et de sécurité, pour moins cher, grâce à la mutualisation.

Une messagerie 100 % française pour la recherche

RENATER, pour « Réseau National de télécommunications pour la Technologie, l'Enseignement et la Recherche », est le réseau national qui relie entre eux les universités, écoles et laboratoires français. Ce groupement d'intérêt public, structure qui réunit plusieurs partenaires publics, leur fournit aussi des services numériques, dont PARTAGE, la fameuse messagerie pensée sur mesure pour le monde de l'éducation et de la recherche.

Les données y sont hébergées à 100 % en France, dans des centres de données et sur des réseaux qui appartiennent à RENATER. Et seuls les utilisateurs identifiés peuvent s'y connecter. C'est un vrai atout quand les e-mails véhiculent des échanges scientifiques sensibles. La plateforme compte déjà plus de 930 000 utilisateurs, qui envoient quelque 30 millions de messages par an.

Le CNRS compte parmi les membres fondateurs du GIP RENATER. Pour son directeur général, Boris Dintrans, la messagerie reste le « premier canal d'échanges » des communautés de recherche. S'appuyer sur un logiciel libre et sur ses propres datacenters et réseaux permet, selon lui, de sécuriser leurs données scientifiques. Son objectif est d'atteindre 1,5 million d'utilisateurs d'ici fin 2027. Pour y parvenir, RENATER mise notamment sur un nouveau stockage objet, une architecture capable d'absorber d'énormes volumes de données sans sacrifier leur souveraineté.