Après des levées records, Sam Altman et son équipe doivent revoir leurs ambitions et courtiser les grandes fortunes. Ils n’auraient réuni que 11 milliards de dollars d’engagements sur les 30 initialement visés alors qu’Anthropic prépare son entrée en Bourse avec une croissance bien plus rapide.

Les grandes fortunes pourraient aider OpenAI à compléter une levée que certains investisseurs institutionnels hésitent à financer. L’ambiance a changé depuis le printemps, lorsque le groupe avait clôturé un tour de table de 122 milliards de dollars, après une première annonce de 110 milliards en février.
Des ambitions de financement et de valorisation revues à la baisse
Selon le Wall Street Journal, qui cite des personnes proches du dossier, OpenAI aurait réuni environ 11 milliards de dollars d’engagements pour sa nouvelle opération. Un peu plus du tiers de l’objectif de départ alors que le tour de financement doit encore se poursuivre.
Le groupe viserait désormais jusqu’à 20 milliards de dollars avec une valorisation de 1 250 milliards, contre 1 400 milliards espérés initialement. Pour compléter l’enveloppe, il se tournerait vers des particuliers très fortunés et des family offices, les structures qui gèrent le patrimoine de grandes familles.
La croissance d’Anthropic attire les regards
Les investisseurs ont aussi de quoi comparer les trajectoires des deux rivaux, OpenAI et Anthropic. Au deuxième trimestre 2026, l’entreprise de Sam Altman a réalisé 6,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 18% par rapport au trimestre précédent. Sa perte opérationnelle s’est néanmoins creusée. Sur la même période, Anthropic a plus que doublé ses revenus, rapporte le Wall Street Journal. OpenAI met toutefois en avant une accélération de ses revenus depuis juillet, selon le Financial Times.
Le créateur de Claude prépare parallèlement son introduction en Bourse. Les deux entreprises sollicitent donc des capitaux au moment où les investisseurs comparent davantage leurs performances.
Baisser les prix sans perdre la maîtrise des coûts
OpenAI aurait toutefois regagné des parts de marché après avoir réduit les tarifs d’accès à ses modèles, selon le quotidien américain. Cette stratégie peut relancer les ventes, mais elle oblige aussi à compenser la baisse des prix par davantage d’activité ou une réduction des coûts.
Or il faut financer les puces et les centres de données nécessaires à l’entraînement, puis à l’exécution quotidienne des modèles. La croissance des revenus ne suffit donc pas à rassurer lorsque les dépenses de calcul augmentent en parallèle. C’est cette équation qui nourrit les inquiétudes sur la rentabilité du secteur.
La collecte intervient aussi dans un climat boursier moins favorable. Selon le Financial Times, le recul des valeurs technologiques et les inquiétudes sur l’ampleur des dépenses liées à l’IA ont refroidi les investisseurs. Certains auraient réduit le montant qu’ils prévoyaient d’engager dans ce tour de table, compliquant la tâche d’OpenAI pour atteindre son objectif initial. Sam Altman doit désormais composer avec des investisseurs beaucoup moins faciles à convaincre…
Sources : Wall Street Journal, Financial Times et OpenAI.