Netflix vient d’annoncer la suppression d’environ 1 000 emplois, sa plus importante vague de licenciements depuis 2022. Derrière cette décision, le géant du streaming doit composer avec une croissance de son audience qui peine à suivre celle de ses revenus.

Netflix continue de gagner des milliards, mais cela ne l’empêche pas de sortir la calculatrice. Mercredi 14 octobre, le géant du streaming a annoncé une vaste réorganisation qui se traduira par la suppression de près de 6 % de ses effectifs. Une décision surprenante pour une entreprise qui enchaîne les résultats financiers solides, mais dont les perspectives de croissance inquiètent de plus en plus les investisseurs. Les licenciements ne touchent d’ailleurs pas seulement les équipes administratives ou techniques. Plusieurs responsables des productions cinématographiques et télévisées quittent également la plateforme, signe que Netflix revoit certaines de ses priorités. Et derrière ces coupes, une question commence à se poser : comment continuer à faire grandir un service qui compte déjà des centaines de millions d’abonnés ?
Netflix taille dans ses effectifs, jusque dans ses équipes de production
Selon les informations de Reuters, qui a consulté une communication interne, Netflix supprime environ 1 000 emplois, soit 6 % de ses effectifs. Les équipes chargées des produits, des technologies, des ressources humaines et des affaires juridiques sont principalement concernées.
Dans leur message aux salariés, les codirecteurs généraux Ted Sarandos et Greg Peters expliquent vouloir concentrer les ressources de l’entreprise sur les activités présentant le plus fort potentiel. Netflix assure néanmoins maintenir ses objectifs financiers pour l'année.
La réorganisation touche aussi les contenus. D’après le média spécialisé TheWrap, Doug Belgrad, vice-président de la division cinéma et proche collaborateur du responsable des films Dan Lin, figure parmi les départs. Sheroum Kim, chargée des productions indépendantes, est également concernée.
Du côté des séries, plusieurs responsables quittent leurs fonctions, notamment Carolina Garcia, qui avait travaillé sur Stranger Things, ainsi qu’Andrew McQuinn et Lisa Lang McMullen. Des départs qui témoignent de l’ampleur de la réorganisation, même s’ils ne permettent pas, à eux seuls, d’affirmer que Netflix prépare un changement radical dans sa politique de production.
La plateforme avait déjà commencé à revoir ses relations avec certains grands noms du cinéma. Ces nouvelles suppressions de postes interviennent donc dans un contexte où le groupe cherche à mieux répartir ses investissements entre films, séries, événements en direct et nouvelles formes de divertissement.

Netflix gagne toujours des milliards, mais peine à capter davantage notre attention
Car Netflix n’est pas en difficulté financière. Au deuxième trimestre 2026, la plateforme a réalisé 12,56 milliards de dollars de chiffre d’affaires et environ 3,4 milliards de bénéfice net. Des résultats qui feraient rêver bien des entreprises.
Le problème est ailleurs. Dans sa dernière lettre aux actionnaires, Netflix indique que ses abonnés ont regardé plus de 97 milliards d’heures de programmes au premier semestre 2026. Un chiffre impressionnant, mais en progression de seulement 2 % sur un an.
Cette croissance reste positive, et représente même une légère accélération par rapport à 2025. Elle montre néanmoins combien il devient difficile pour Netflix d’augmenter sensiblement le temps passé sur sa plateforme, alors que ses revenus progressent beaucoup plus rapidement.
On connaissait déjà les difficultés de certaines grandes séries Netflix à conserver leur audience d’une saison à l’autre. Mais le problème dépasse désormais les seules productions originales.
La concurrence ne vient plus uniquement de Disney+, Prime Video ou HBO Max. Selon les mesures de Nielsen, YouTube représentait 14,2 % du temps passé devant un téléviseur aux États-Unis en juillet 2026, contre 7,8 % pour Netflix. Les deux plateformes ne proposent pas exactement les mêmes contenus, mais elles se disputent les mêmes heures disponibles dans la journée.
Netflix tente de trouver de nouveaux relais de croissance avec les événements sportifs, les jeux vidéo, les podcasts filmés et la publicité. Ces activités peuvent attirer de nouveaux publics ou renforcer la fidélité des abonnés, mais leur contribution à long terme reste à démontrer.
C'est tout le paradoxe de la situation. Netflix continue de prospérer, tout en cherchant à réduire ses coûts et à réorganiser ses équipes pour préserver sa croissance. Les résultats du troisième trimestre, attendus le 20 octobre, apporteront un nouvel éclairage sur ses performances. Mais ils ne régleront pas forcément son principal défi : convaincre des spectateurs déjà sollicités de toutes parts de lui consacrer encore davantage de temps.
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