Coolpad prépare un smartphone à écran large vendu 999 yuans, soit environ 130 euros, et sa commercialisation est prévue en Chine en octobre. Jusqu’ici, seul Huawei proposait ce format sans charnière, sur un Pura X View six fois plus cher.

D’après Gizmochina, le téléphone de Coolpad est équipé d’un écran LCD de 6,3 pouces en définition 720p - Capture d'écran @Gizmochina / Mélina LOUPIA pour clubic
D’après Gizmochina, le téléphone de Coolpad est équipé d’un écran LCD de 6,3 pouces en définition 720p - Capture d'écran @Gizmochina / Mélina LOUPIA pour clubic
Huawei a lancé le Pura X en mars 2025. Une fois le pliable ouvert, son écran mesure 6,3 pouces au format 16:10, et le constructeur chinois a conservé cette largeur en supprimant la charnière sur le Pura X View, dévoilé en août. Ce monobloc de 6,39 pouces au format 16:9,5 est vendu à partir de 5 999 yuans, environ 770 euros, avec HarmonyOS 7 et sans les services de Google.

Coolpad reprend l’idée sous Android pour six fois moins cher, avec un logiciel signé Shanghai Droi Technology. L’éditeur chinois défend cette largeur au nom de son assistant d’intelligence artificielle, sur un appareil d’entrée de gamme dont Coolpad n’a pas encore confirmé la fiche technique complète.

Coolpad élargit l’écran pour l’assistant DroiClaw

D’après Gizmochina, le téléphone de Coolpad est équipé d’un écran LCD de 6,3 pouces en définition 720p. Sa bordure inférieure est nettement plus épaisse que celles du Pura X View. La dalle est au format 10:16, et Shanghai Droi Technology a adapté son système à cette proportion.

Dans un communiqué diffusé le 14 septembre, l’éditeur parle du « premier smartphone au format large conçu pour l’IA agentique ». Il limite toutefois cette primauté, dans la version chinoise du texte, à l’association du format large et des fonctions d’agent, puisque Huawei vend son monobloc large depuis septembre. Pour l’entreprise, l’utilisateur gagne surtout de la place pour lire des textes et suivre les tâches confiées à l’IA.

Shanghai Droi Technology présente DroiClaw Zhuge 3 en système d’exploitation conçu autour de l’IA, et non en simple assistant ajouté à Android. L’utilisateur formule une demande à l’oral ou par écrit, puis laisse l’assistant ouvrir et piloter les applications compatibles. Coolpad a mis en vente fin mai le Petit Cube, équipé de DroiClaw et d’un écran carré de 3,95 pouces. Selon le site chinois IT之家, l’utilisateur de ce petit modèle pouvait commander un taxi ou faire un achat en une seule phrase.

AppFunctions est un cadre de développement d’Android. Grâce à lui, un développeur peut ouvrir certaines fonctions de son application à une IA autorisée, et DroiClaw Zhuge 3 est compatible avec ce mécanisme ainsi qu’avec le protocole MCP lancé par Anthropic.

Sur le Coolpad, des données sensibles sont masquées avant leur envoi vers le cloud

Quand l’utilisateur confie ses applications à un assistant, il lui ouvre aussi l’accès à ses données personnelles. D’après l’éditeur, les services principaux du système sont écrits en Rust, et les outils et les scripts sont isolés dans des conteneurs. Certaines tâches sont traitées par des modèles installés sur le téléphone, et les plus lourdes partent vers des modèles hébergés dans le cloud.

Avant tout envoi vers ces serveurs, les numéros de téléphone, de carte d’identité et de carte bancaire, ainsi que les adresses e-mail, peuvent être repérés sur l’appareil et remplacés par des identifiants temporaires. Les informations d’origine sont ensuite restaurées en local, une fois le traitement terminé. La localisation et le presse-papiers sont soumis à l’autorisation de l’utilisateur. Sur les écrans sensibles pour la sécurité, l’opération en cours est interrompue et l’utilisateur reprend alors la main.

Ces protections ne sont connues que par la communication de l’éditeur, et Gizmochina rappelle que « des tests indépendants seront nécessaires » pour en mesurer la réalité. Le communiqué est d’ailleurs muet sur la fiche technique. D’après des images de prise en main diffusées sans autorisation, l’appareil est équipé d’une puce MediaTek Helio G99, une puce d’entrée de gamme gravée en 6 nm par TSMC. Sous Android aussi, OPPO préparerait un smartphone de 6,5 pouces au format 16:9, d’après des fuites rapportées début octobre.

Foire aux questionsContenu généré par l’IA
Qu’est-ce qu’un « smartphone large sans charnière » et en quoi le format d’écran (16:10, 16:9,5, 10:16) change l’usage ?

Un smartphone « large sans charnière » est un monobloc dont l’écran adopte une proportion plus horizontale que la norme des téléphones actuels, sans recourir à un mécanisme pliant. Le ratio d’écran (16:10, 16:9,5 ou 10:16 selon la façon dont on l’écrit) décrit le rapport largeur/hauteur, ce qui influence directement la place disponible pour afficher du texte, des colonnes ou deux zones côte à côte. Un format plus large peut améliorer la lisibilité et le multitâche, mais il peut aussi rendre la prise en main à une main moins confortable et compliquer l’adaptation de certaines interfaces. À diagonale proche, le ratio compte souvent plus que la taille en pouces pour l’impression de “surface utile”.

À quoi sert AppFunctions sur Android, et pourquoi c’est clé pour un assistant IA qui pilote des applications ?

AppFunctions est un cadre Android qui permet à une application d’exposer des actions précises (réserver, rechercher, payer, etc.) à un système autorisé, plutôt que de laisser une IA “deviner” quoi faire à l’écran. Concrètement, l’assistant peut appeler des fonctions déclarées par l’app, avec des paramètres structurés, ce qui réduit les erreurs par rapport à l’automatisation via captures d’écran et clics simulés. Ce modèle facilite aussi le contrôle des permissions, car l’app peut limiter exactement ce qui est accessible et dans quel contexte. Pour un « agent » capable d’enchaîner des tâches, c’est un socle technique important pour gagner en fiabilité et en sécurité.

Que signifie la compatibilité avec le protocole MCP (Anthropic) pour un assistant d’IA « agentique » sur smartphone ?

MCP (Model Context Protocol) est un protocole destiné à standardiser la manière dont une IA se connecte à des outils et sources de données (services, fonctions, connecteurs) via une interface commune. L’intérêt est d’éviter des intégrations sur mesure pour chaque application ou service : l’assistant peut s’appuyer sur des “outils” décrits de façon uniforme, avec des règles d’appel plus prévisibles. Dans une logique d’IA agentique (capable de planifier et d’exécuter des actions), cela aide à orchestrer plusieurs étapes et plusieurs services sans multiplier les bricolages spécifiques. La compatibilité MCP n’implique pas à elle seule un niveau de sécurité ou de performances donné, mais elle indique une orientation vers des intégrations plus standardisées et potentiellement plus extensibles.