Les Robotaxis de Tesla circulent désormais jusqu’à 23 heures à Austin. Elon Musk donne l’exemple d’un chaton gris sur un bitume gris, encore difficile à repérer pour ses voitures autonomes.

Le compte officiel Robotaxi a annoncé ce nouvel horaire sur X. « Le principal problème que nous essayons de résoudre, c’est de nous assurer de ne pas écraser d’animaux de compagnie quand ils sont difficiles à voir la nuit. Nous essayons littéralement d’éviter des chatons gris sur du bitume gris dans le noir », a répondu Elon Musk trente-cinq minutes plus tard.
Il a fait cet aveu alors que Tesla attend le vote des Vingt-Sept sur son système d’aide à la conduite FSD Supervised, repoussé à décembre. Des deux côtés de l’Atlantique, Tesla n’équipe ses voitures que de caméras, sans lidar ni radar. Dans l’obscurité, ce choix technique est mis à l’épreuve.
La nuit, point faible des caméras de Tesla
Lors du lancement à Austin, en juin 2025, Tesla proposait des courses jusqu’à minuit. Fin août 2026, le constructeur a avancé la dernière heure de prise en charge à 22 heures. Avec l’extension du 2 octobre, les clients d’Austin peuvent réserver un trajet jusqu’à 23 heures, soit une heure de moins qu'à l’ouverture du service.
Tesla fait rouler ses Robotaxis dans sept villes américaines, dont Miami et la baie de San Francisco, avec encore un employé de sécurité à bord dans certaines d’entre elles selon la réglementation locale. Partout, le constructeur confie la détection des obstacles à ses seules caméras. Pour une caméra, un chaton gris sur un bitume gris est une tache presque invisible, faute de contraste, surtout quand l’éclairage public est faible.
En juillet, lors des premiers essais du Cybercab sans volant ni pédales, on vous disait que la fiabilité de ces caméras peut diminuer par faible luminosité ou sous une forte pluie. Waymo, le principal concurrent de Tesla, ajoute des lidars et des radars aux caméras de ses véhicules. Avec un lidar, la distance d’un objet est calculée à partir du temps de retour d’impulsions laser, quelle que soit la lumière ambiante. La couleur du pelage d'un chat ne change alors rien à sa détection. Dans sa réponse, Elon Musk n’a évoqué aucun changement de capteurs, et Tesla n'a annoncé aucune date pour un service après 23 heures.
Tesla attend toujours le feu vert européen pour son FSD
Tesla installe le même type de caméras sur ses voitures vendues en Europe, où le constructeur demande l’homologation du FSD Supervised. Avec ce système d’aide à la conduite de niveau 2, le conducteur est seul responsable et doit garder les mains prêtes à reprendre le volant. L’autorité néerlandaise d’homologation (RDW) l’a autorisé en avril, après dix-huit mois d’essais et 1,6 million de kilomètres parcourus sur les routes européennes. Sept pays de l’Union, dont la Belgique et le Danemark, acceptent aujourd’hui le système, mais ils ne réunissent qu’environ 12 % de la population européenne. Pour une homologation à l’échelle de l'Union, Tesla doit convaincre au moins quinze des vingt-sept États membres, à condition qu’ils réunissent 65 % de la population.
Pour défendre son dossier, Tesla affiche un taux d’accident 4,1 fois plus faible qu’en conduite manuelle. Aucun organisme indépendant n’a toutefois vérifié ces statistiques maison, et plusieurs gouvernements reprochent au système sa tolérance aux excès de vitesse. L’office fédéral allemand des véhicules à moteur (KBA) a ainsi émis des réserves, car Tesla permet au FSD Supervised de choisir une vitesse jusqu’à 50 % supérieure à la limitation détectée. À Bruxelles, une association de piétons a même relevé des dépassements sur 55 % des zones à 30 km/h testées.
C'est demain que le comité technique des véhicules à moteur (TCMV) de la Commission européenne doit se réunir, mais ne consacrer que vingt-cinq minutes au dossier, sans vote. D’après le ministère allemand des Transports, le premier scrutin possible aura lieu en décembre, et Berlin n'a pas encore arrêté sa position.