Après presque sept ans d’attente, les clients australiens et néo-zélandais qui avaient réservé un Tesla Cybertruck apprennent qu’ils ne recevront jamais leur véhicule. Le constructeur annule leurs réservations par e-mail et promet de rembourser les acomptes, avec un geste commercial qui risque de faire grincer quelques dents.

Fin de parcours pour le Cybertruck, annoncé sans fleurs, ni couronnes, mais par mail ©Around the World Photos / Shutterstock.com
Fin de parcours pour le Cybertruck, annoncé sans fleurs, ni couronnes, mais par mail ©Around the World Photos / Shutterstock.com

Il faut parfois savoir se montrer patient lorsqu’on commande une Tesla. Mais attendre près de sept ans pour finalement apprendre que sa voiture ne sera jamais livrée, voilà qui commence à faire beaucoup. Depuis la présentation du Cybertruck en novembre 2019, des milliers de passionnés espéraient pouvoir mettre la main sur le pick-up électrique au design pour le moins particulier. En Australie et en Nouvelle-Zélande, cet espoir vient définitivement de s’envoler. Tesla a décidé d’abandonner la commercialisation du véhicule sur ces deux marchés, et s’est contenté d’un e-mail pour prévenir ses clients.

Sept ans d’attente, et un remboursement pour toute consolation

Le 23 octobre, Tesla a envoyé un message aux personnes ayant réservé un Cybertruck en Australie et en Nouvelle-Zélande pour leur annoncer l’abandon du projet.

Comme le rapporte le média australien EV Central, le constructeur indique avoir renoncé, après réflexion, à produire une version du pick-up destinée à ces deux pays. Les réservations sont donc annulées et les sommes versées seront intégralement remboursées.

En Australie, les premiers clients avaient déboursé 150 dollars australiens dès 2019 pour réserver leur véhicule. Tesla leur demande désormais de confirmer leurs informations de remboursement, avant de procéder au versement sous trente jours.

Et pour remercier ceux qui lui ont fait confiance pendant toutes ces années, le constructeur a prévu un petit cadeau : un an d’abonnement gratuit au Full Self-Driving (Supervised), son système avancé d’aide à la conduite.

Une offre qui comporte toutefois une condition assez savoureuse. Pour en bénéficier, les clients devront commander une nouvelle Tesla Model 3 ou Model Y. Autrement dit, après sept années d’attente, il faudra acheter une autre voiture pour profiter du geste commercial.

Précisons que le Full Self-Driving supervisé ne permet pas à la voiture de conduire de manière autonome sans surveillance. Le conducteur reste responsable du véhicule.

Le véhicule futuriste d'Elon Musk n'aura jamais trouvé les grâces du public © Iv-olga / Shutterstock
Le véhicule futuriste d'Elon Musk n'aura jamais trouvé les grâces du public © Iv-olga / Shutterstock

Le Cybertruck peine toujours à trouver sa place hors des États-Unis

Cette décision n’arrive pas totalement par surprise. Dès 2022, Tesla avait fermé les réservations du Cybertruck en Europe et sur plusieurs marchés internationaux.

Le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande présente une difficulté supplémentaire : ces deux pays roulent à gauche, ce qui nécessite une version du véhicule avec le volant à droite. Or, Tesla n’a jamais commercialisé une telle déclinaison.

Mais les ambitions internationales du Cybertruck se heurtent aussi à sa conception pour le moins atypique. Sa carrosserie en acier inoxydable, particulièrement rigide et aux arêtes anguleuses, pose notamment problème en Europe, où les normes de sécurité imposent une meilleure protection des piétons et des cyclistes en cas de collision.

Et cet inox n'a pas que des avantages. Dépourvue de vernis protecteur, la carrosserie demande un entretien particulier : Tesla recommande notamment d’éliminer rapidement les substances corrosives et prévient que les rayures affectent directement les panneaux métalliques.

Plus préoccupant, plus de 46 000 Cybertruck ont fait l’objet d’un rappel en mars 2025. En cause : un élément de carrosserie en inox susceptible de se décoller à cause d'un problème de fixation adhésive, avec le risque de se détacher pendant la conduite. Un défaut suffisamment sérieux pour imposer le remplacement de la pièce concernée. Ces difficultés s’ajoutent aux nombreux autres rappels du pick-up, notamment pour des problèmes de pédale d'accélérateur.

Les performances commerciales ne plaident pas davantage pour de nouveaux investissements. Malgré l’enthousiasme suscité lors de sa présentation, les ventes du Cybertruck se sont effondrées en 2025, avec environ 20 200 exemplaires livrés aux États-Unis selon Cox Automotive.

Adapter ce véhicule à de nouveaux marchés représente donc un défi industriel et réglementaire, sans garantie de rentabilité. Tesla n'a toutefois pas précisé les raisons exactes de l’abandon de sa commercialisation en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le constructeur avait pourtant exposé son Cybertruck en Australie en 2024, entretenant l’espoir des clients qui l’attendaient depuis plusieurs années. Deux ans plus tard, ils devront se contenter d'un remboursement, sans qu’aucun exemplaire destiné au marché local n'ait été livré.