Google a orienté par erreur les automobilistes de l’A9, en Écosse, vers une route de campagne à voie unique. Ces conducteurs voyaient l’axe principal fermé sur Google Maps, alors qu’il était ouvert. Dans trois villages du Perthshire, des riverains n’ont plus pu sortir de chez eux.

Le week-end dernier, des automobilistes ont commencé à quitter l’A9 entre Dunkeld et Pitlochry pour emprunter la U163, sur les conseils de Google Maps. Cette route non classée relie Ballinluig au hameau de Guay par Tulliemet, et elle n’a aucune aire de croisement aménagée. Le lendemain, indique la BBC, Transport Scotland a rappelé sur X que l'A9 était ouverte, et a mis en garde contre l’« itinéraire alternatif inadapté » proposé aux conducteurs sur Google Maps.
Google a depuis retiré ces fausses fermetures, sans en donner l’origine. Une erreur sur une carte a donc paralysé plusieurs villages de vendredi à lundi, et aucune autorité écossaise n'a aujourd’hui le moyen d’empêcher la prochaine.
Sur la U163, des camping-cars et un autocar guidés par Google Maps
Joanne Boyne habite à Guay, au bord de la U163. Tout le week-end, elle a vu passer des camping-cars et un grand autocar sur ce tracé sinueux, bordé d’arbres et de buissons. Certains conducteurs tiraient aussi une remorque, et l’un d’eux transportait un bateau. Sur cette route étroite, plusieurs véhicules roulaient jusqu’à 65 km/h. « Les gens faisaient simplement ce que Google leur disait, mais la vitesse excessive était incroyable », a raconté la riveraine à BBC Scotland News.
La circulation se faisait dans les deux sens. Dès que deux véhicules se retrouvaient face à face sans assez de place pour passer, tout le monde devait faire marche arrière. Les parents de Joanne Boyne vivent à Tulliemet, à environ cinq kilomètres de chez elle, en bordure de la route.
- Précision des cartes
- Base de données très riche
- Mises à jour rapides
Depuis vendredi, ils n’avaient plus quitté leur maison, pas même pour une promenade, parce que la circulation était trop dangereuse. D’ordinaire, leur fille les rejoint en une dizaine de minutes de voiture. Ce week-end, il lui a fallu près de 45 minutes.
Les habitants craignaient surtout une urgence médicale ou un incendie, puisque aucune ambulance ni aucun camion de pompiers n’aurait pu traverser ces bouchons. « Nous étions très inquiets à l’idée de ne pas pouvoir nous rendre à nos rendez-vous médicaux ou en cas d’urgence », a confié Joanne Boyne. Lundi vers 7 h 50, en partant au travail, elle a encore trouvé trois voitures à l’arrêt sur l’A9, prêtes à tourner vers la U163. À cette heure-là, elle n’avait jamais vu une telle file.
Google n’explique pas ces fermetures de route
Fin mai 2025, pendant le week-end de l’Ascension, des milliers d’automobilistes allemands avaient quitté les autoroutes pour des routes secondaires, à cause de fermetures fictives affichées par Google Maps. Google avait alors indiqué puiser ses informations de trafic auprès des autorités publiques et de fournisseurs tiers, en plus des signalements de ses utilisateurs, mais n’a jamais dit laquelle de ces sources était en cause.
En Écosse, un porte-parole de Google a évoqué « un problème technique qui affichait temporairement des fermetures de routes inexactes sur la carte ». Il n'a donné aucune autre précision et a seulement ajouté que l’entreprise avait retiré ces fermetures. Laura Hansler milite au sein du groupe A9 Dual Action pour le passage de l’A9 à deux fois deux voies. D’après elle, Google a corrigé le bug après qu’un membre du groupe a contacté l’équipe Google Maps de Londres. La militante voit régulièrement d’autres anomalies sur l’application, dont des limitations de vitesse erronées sur certains tronçons de l’A9, sans en connaître la cause. « Ce n’est pas une vieille déviation jamais annulée, c’est une de ces déviations absurdes qui n’ont aucun sens », a-t-elle lancé. Plusieurs jours après la correction annoncée par Google, des utilisateurs signalaient encore des perturbations sur ce secteur.
Entre Perth et Inverness, la plus longue route d’Écosse n'a le plus souvent qu’une voie dans chaque sens. Sur cet axe, beaucoup de conducteurs suivent leur GPS pour éviter les accidents et les travaux, et prennent chaque déviation pour le signe d’un incident réel, explique Laura Hansler. « Si ces cartes ne sont pas mises à jour, cela provoquera un accident », a-t-elle prévenu.
La militante a alerté à plusieurs reprises Transport Scotland et le gouvernement écossais. L’agence lui a répondu qu’elle n’entretenait aucune relation directe avec les fournisseurs de navigation par satellite comme Google, et qu'elle ne leur transmettait aucune donnée. A9 Dual Action demande maintenant au gouvernement écossais une réponse plus détaillée, ainsi que des mesures pour éviter de futurs incidents.