Donald Trump a une nouvelle lubie et a lancé un sondage pour trouver un nouveau nom à l'intelligence artificielle, avant d'annoncer la création d'une "AI Force" et la nomination prochaine d'un "czar" de l'IA. Il range au passage les critiques adressées à la technologie parmi les canulars qu'il attribue aux démocrates.

Après le golfe du Mexique et le lac Ontario, Trump veut maintenant renommer... l'IA ©Shutterstock
Après le golfe du Mexique et le lac Ontario, Trump veut maintenant renommer... l'IA ©Shutterstock

Le président américain a enchaîné les messages sur son réseau Truth Social ce weekend. L'homme veut réinventer l'IA, la protéger et dénigrer ses détracteurs.

Un sondage à refaire, puis une armée pour l'IA

Donald Trump juge le terme "Artificial Intelligence" mal choisi. Il propose trois nouveaux noms à ses abonnés : Superior Intelligence, Extreme Intelligence et Supreme Intelligence. Problème, deux de ces options partagent la même abréviation, "SI". Supreme Intelligence perd nettement le vote. Le président la retire alors, en évoquant sa proximité avec la Cour suprême, et relance un second sondage limité aux deux noms restants. Reste que ce sondage n'a bien entendu aucun intérêt.

Que l'IA puisse un jour décimer les humains, c'est, selon lui, un des canulars des démocrates, rangé aux côtés du réchauffement climatique et des dangers de la Russie. Le président des États-Unis affirme que son opposition s'en est d'abord prise aux data centers avant de réaliser la richesse et le prestige d'accueillir ces entreprises dans leur région. Il ajoute que ses opposants s'en prennent désormais directement à l'IA et à ses potentielles dérives qu'il juge infondées, sans toutefois avancer le moindre argument.

Des élus républicains comme démocrates s'opposent aux data centers, et l'État de New York a suspendu les permis pour les grands projets. Ces propos font écho à ceux tenus la semaine précédente lors d'un tournoi de golf, où Donald Trump se disait ouvert à des garde-fous tout en dénonçant des "forces négatives".

L'homme ajoute qu'il compte "chérir" l'industrie de l'IA, l'aider et veiller sur elle. Il annonce la création d'une "AI Force", sur le modèle de la Space Force lancée lors de son premier mandat, ainsi que la nomination prochaine d'un "czar" de l'IA réservé, selon ses mots, aux personnes au QI élevé. Ni les missions de cette force ni celles de ce poste ne sont précisées. David Sacks, précédent conseiller pour l'IA et les cryptomonnaies, avait quitté ce rôle plus tôt dans l'année pour coprésider un conseil scientifique de la Maison-Blanche.

Ces annonces arrivent après une semaine marquée par la démission d'un chercheur d'Anthropic, qui accusait les grandes entreprises du secteur de "jouer avec nos vies". Un peu plus tôt ce mois-ci, nous rapportions que ce départ avait relancé le débat sur les risques d'une IA hors de contrôle. Dario Amodei, patron d'Anthropic, a depuis proposé un plan pour ralentir le rythme de développement des modèles, apparemment soutenu par Sam Altman et Elon Musk. Jensen Huang, patron de Nvidia, va dans le sens de Trump et a lui aussi qualifié la défiance envers l'IA de "hoax" lors de l'All-In Summit, en assurant qu'aucun ralentissement ne serait toléré.