Pas pressé d'annoncer un Steam Deck 2, Valve semble se focaliser sur la puissance intrinsèque et non sur le coût possible de la machine.

Alors que la crise de la mémoire vive fait grimper les prix du matériel informatique, Valve assure qu'il ne bouleverse pas ses plans pour le Steam Deck 2. Une déclaration rassurante, mais qui rappelle surtout que la véritable attente de Valve n’est pas celle d’un meilleur prix : c’est celle d’une puce capable de faire franchir un vrai cap à sa console portable.
Le Steam Deck 2 n’est toujours pas pressé d’arriver
Clairement, le Steam Deck 2 n'est pas pour demain. Et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Valve répète depuis plusieurs années que la génération suivante de sa console portable ne sortira pas simplement pour cocher la case « nouveau produit ». Le constructeur veut un bond significatif en performances, sans sacrifier ce qui a fait le succès du premier modèle : l'autonomie, l'efficacité énergétique et un prix encore raisonnable. Encore que pour ce dernier point…
Cette philosophie explique en grande partie l'attente actuelle. Valve estime qu'augmenter les performances n'a pas beaucoup de sens si la contrepartie consiste à transformer le Steam Deck en radiateur portable doté d'une batterie anémique. Le Steam Deck original avait trouvé un compromis efficace grâce à son APU AMD personnalisé. Pour son successeur, Valve cherche donc la puce qui permettra de faire beaucoup mieux sans consommer bien plus. Pierre-Loup Griffais, figure connue de l'équipe hardware de Valve, confirme que l'entreprise réfléchit toujours au « comment » et au « quand » d'un tel appareil.
On se dit que la crise actuelle de la RAM est une donnée de plus. Le marché de la mémoire vive est sévèrement perturbé par la demande liée à l'intelligence artificielle, au point que les fabricants de matériel doivent composer avec une envolée des coûts et des disponibilités plus compliquées. Valve a déjà subi les conséquences de cette situation sur ses produits matériels que l'on parle du Steam Deck, de la Steam Machine ou, tout récemment, du Steam Frame. Pour autant, en ce qui concerne le Steam Deck 2, la réponse de Valve est simple : « pas vraiment ». La pénurie n'aurait pas modifié fondamentalement la manière dont l'entreprise envisage son futur appareil.
La vraie difficulté, c'est de trouver la bonne puce
Ce serait toutefois une erreur de croire que Valve dispose déjà d'un Steam Deck 2 parfaitement défini dans un tiroir et qu'il ne reste qu'à attendre que les prix de la DDR5 redescendent. Le problème est ailleurs.
Valve doit d'abord trouver le silicium capable de respecter son cahier des charges, puis construire la machine autour de celui-ci. Une méthode assez éloignée de celle des fabricants qui renouvellent leurs produits selon un calendrier plus ou moins immuable. Les progrès des processeurs mobiles sont évidemment prometteurs. Certaines puces récentes commencent à montrer ce que pourrait être le fameux saut générationnel attendu par Valve.
Elles restent cependant trop coûteuses, trop gourmandes ou tout simplement mal adaptées aux contraintes d'une machine portable. L'équation est délicate : il faut davantage de puissance CPU et GPU, une consommation maîtrisée, une dissipation thermique raisonnable et une batterie capable de tenir sur la durée. Ajouter des téraflops, certaines puces le font déjà, mais les ajouter sans vider la batterie en moins de deux heures l'est beaucoup moins.
En écoutant Valve et en essayant de lire entre les lignes, on pourrait presque se dire que la crise de la mémoire est un problème secondaire par rapport à cette quête du composant idéal. Si Valve trouve enfin l'APU qui lui semble capable de justifier un Steam Deck 2, il faudra alors vérifier l'impact de la mémoire vive dans le prix de cette future machine. Il ne faut pas oublier que toutes les estimations parlent d'un effondrement des ventes du Steam Deck premier du nom depuis son augmentation de prix.
Mieux que quiconque, Valve connaît très exactement ces chiffres de vente et l'impact de la RAM. La société a été contrainte de revoir ses ambitions tarifaires à la hausse et on ne peut pas imaginer qu'elle se satisfasse d'un Steam Deck à près de 800 euros ou d'une Steam Machine au-dessus du seuil fatidique des 1 000 euros. De fait, plus que jamais, si le Steam Deck 2 finira bien par arriver, on peut se dire qu'il est encore loin de nous. Valve n'a aucune raison de se précipiter et le marché actuel ne se prête guère à une telle sortie.