Six mois après avoir obtenu l’interdiction faite à TCL d’appeler certains téléviseurs « QLED » en Allemagne, Samsung se retrouve à son tour accusé de jouer avec les appellations sur certains de ses téléviseurs, aux États-Unis. Le litige concerne ses modèles MiniLED les plus abordables.

La bataille entre Samsung et TCL autour des appellations technologiques connaît un nouveau rebondissement. Le constructeur chinois a intenté une action auprès d’un tribunal fédéral de Los Angeles, accusant Samsung de publicité mensongère concernant ses téléviseurs MiniLED de série M commercialisés aux États-Unis.
Les modèles M70H, M80H et M90H sont visés. TCL affirme qu’ils ne possèdent pas les principales caractéristiques matérielles habituellement associées aux téléviseurs MiniLED, notamment un rétroéclairage Full Array accompagné d’une gradation locale.
Des MiniLED sans véritable local dimming ?
Les M70H et M80H utiliseraient un rétroéclairage installé sur les bords de la dalle, plutôt qu’un ensemble de LED réparties sur toute sa surface arrière. Cette architecture ne permettrait donc pas de piloter indépendamment plusieurs zones lumineuses, comme sur les téléviseurs MiniLED Full Array.
Samsung emploie pourtant l’appellation « Supreme MiniLED Dimming » dans ses caractéristiques. Sur la fiche du M70H, une note précise qu’il s’agit d’une technologie logicielle et non d’une gradation matérielle Full Array. TCL estime que cette présentation peut induire les consommateurs en erreur sur les performances réellement proposées.
L’ambiguïté dépasse d’ailleurs la seule série M. Selon Tom's Guide, Samsung a confirmé que le M70H et le QN70H, un NeoQLED plus haut de gamme, prennent tous deux en charge ce « Supreme MiniLED Dimming » logiciel. Cela ne signifie pas nécessairement que leurs rétroéclairages sont identiques, mais l’emploi d’une même appellation pour des architectures potentiellement différentes ne facilite guère leur compréhension.
Le terme MiniLED décrit avant tout la taille réduite des diodes constituant le rétroéclairage. Il ne garantit pas à lui seul leur implantation derrière toute la dalle, ni la présence d’un nombre minimal de zones. L’affaire repose donc sur l’écart entre cette définition technique assez large et les performances auxquelles le Mini LED est désormais associé auprès du public.
Samsung rejette les accusations et affirme qu’il défendra vigoureusement l’exactitude de ses descriptions commerciales.
Après le QLED, les rôles sont inversés
La situation ne manque d'ailleurs pas d’ironie. Dans une décision rendue publique en mars 2026, Samsung avait obtenu du tribunal régional de Munich l’interdiction faite à TCL d’appeler certains téléviseurs « QLED ». La justice allemande avait estimé que les quantum dots employés n’amélioraient pas la reproduction des couleurs comme attendu d’un téléviseur QLED.
Cette première affaire nous avait déjà conduits à nous demander ce que signifie réellement le label QLED. La même question se pose aujourd’hui avec le MiniLED, mais cette fois au détriment de Samsung.
Le différend est également commercial. TCL affirme avoir dépassé Samsung sur le marché américain du MiniLED entre 2023 et 2025. Samsung aurait ensuite lancé sa série M en mars, à des prix inférieurs à ceux des modèles MiniLED les moins chers de son concurrent.
TCL réclame désormais une injonction interdisant à Samsung de commercialiser et de vendre les modèles concernés comme des téléviseurs MiniLED, ainsi que des dommages et intérêts non chiffrés pour le moment. Ces accusations n’ont, à ce stade, pas encore été jugées.
L’action vise directement des références américaines. Elle soulève néanmoins une question plus large sur la terminologie employée par Samsung, puisque l’appellation « Supreme MiniLED Dimming » apparaît également sur certains NeoQLED commercialisés en Europe.