Sur le site officiel de la Maison Blanche, cinq jeux au graphisme pixelisé sont inspirés de Tetris, de Snake et de Flappy Bird. Dans l’un, il faut construire un mur à la frontière mexicaine. Dans l’autre, le joueur incarne le conseiller Tom Homan et rassemble des migrants venus du Rio Grande pour les expulser.

La Maison Blanche transforme Snake en jeu vidéo pour expulser des immigrés - ©MattariStudio / Shutterstock
La Maison Blanche transforme Snake en jeu vidéo pour expulser des immigrés - ©MattariStudio / Shutterstock

Cette collection de cinq jeux porte le nom d’Arcade.gov. Son slogan est « Enter the arcade of winning », soit « Entrez dans l'arcade de la victoire ». Mise en ligne cette semaine sur le site de la Maison Blanche, elle compte, outre Build the Wall et Rio Run, trois autres titres. Dans Flappy Bill, l’oiseau jaune de Flappy Bird est remplacé par un aigle chauve. Comme vous pourrez le voir dans la vidéo ci-dessous, publiée sur le compte officiel de la Maison Blanche, il survole des colonnes dont la silhouette ressemble à celle de la Maison Blanche. Trump Savings Tycoon s’inspire du principe de Duck Hunt pour mettre en scène les comptes d’épargne ouverts aux enfants par l’administration. Supply Line, enfin, consiste à retirer des aliments réputés malsains d’un tapis roulant de cantine scolaire. Dans Rio Run, Tom Homan, principal conseiller de Donald Trump pour les questions migratoires, gagne des points à chaque migrant qu’il rassemble avant de les expulser.

La Pokémon Company dénonce l’usage de son image par la Maison Blanche

The Tetris Company, qui détient les droits du jeu Tetris, a réagi vendredi à la mise en ligne de Build the Wall, rapporte notre confrère Le Monde. L’éditeur dit ne pas avoir autorisé l’usage de sa marque, et revendique « la connexion entre les gens plutôt que leur division ». Il n’a pas précisé s’il envisageait une action en justice. Contactée par l’AFP à ce sujet, la Maison Blanche n'a pas réagi vendredi soir. Cette marque n’est pourtant pas la seule concernée. Jeudi, sur son compte X, la Maison Blanche a aussi diffusé un visuel calqué sur le jeu mobile Pokémon Pokopia, pour promouvoir le slogan MAGA. Cet acronyme désigne « Make America Great Again », soit « rendre à l'Amérique sa grandeur ».

Selon la Pokémon Company International, l’entreprise n'a pas participé à la création ni à la diffusion de ce visuel, et aucune autorisation n'a été accordée pour l’utilisation de sa propriété intellectuelle. Un an plus tôt, en septembre 2025, le ministère de la sécurité intérieure (DHS) a publié une vidéo sur des arrestations de migrants. Cette vidéo reprenait le slogan « à la chasse, attrapez-les tous ». Des associations l’ont jugée dégradante. Le gouvernement japonais multiplie de son côté, depuis 2026, les protestations diplomatiques contre l'usage de personnages comme Pikachu ou Mario dans des vidéos de la Maison Blanche. Sur les réseaux sociaux, des joueurs ont par ailleurs repéré des emprunts aux logos de Xbox et de Sega dans les publicités de la collection, et interpellé les deux entreprises pour savoir si elles avaient validé cette utilisation.

Des joueurs signalent de nombreux bogues

Par ailleurs, plusieurs internautes ont relevé la mauvaise qualité technique de la collection. Entre autres, Build the Wall plante lorsque le mur atteint le sommet de l’écran. La partie ne peut alors plus continuer. Des joueurs ont aussi critiqué la lenteur de Rio Run, éloignée selon eux des sensations du Snake original.

Un responsable de la Maison Blanche a défendu, auprès de Fox News, une administration concentrée sur les moyens d’innover pour faire connaître les réussites du président de façon à toucher chaque Américain.

Très concrètement, sur le terrain, le ministère de la sécurité intérieure, le DHS revendique, pour le seul mois d’août, un record de près de 51 000 arrestations de personnes en situation irrégulière. Mais des défenseurs des migrants critiquent vivement cette politique. « Ils ont joué avec la vie des gens pendant des années, et maintenant ils font un jeu vidéo de leurs actions », a répliqué à l’AFP Amerika Garcia Grewal, codirectrice de l’ONG texane Frontera Federation.

Un sixième jeu, dont le thème n’a pas été précisé, doit prochainement rejoindre la collection.