L’intelligence artificielle est partout, mais son utilisation n’est pas toujours évidente, en particulier dans le domaine professionnel. Une nouvelle étude montre que les entreprises s’équipent, hélas, plus vite qu’elles ne forment.

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme un moyen de booster la productivité des salariés. Malheureusement, dans les faits, ce n’est pas toujours le cas et les besoins en formation dans le domaine sont conséquents. Si des initiatives comme « Osez l'IA » ont vu le jour, il reste encore beaucoup de chemin à faire, comme le montre une nouvelle étude.
Seul 1 professionnel sur 10 maîtrise actuellement l’IA
Le prestataire en formation britannique QA s’est intéressé à l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise et aux besoins en formation que cela suscite. Le résultat est loin d’être réjouissant : selon son étude, un tiers des employés n’a reçu aucune formation et seuls 15 % ont pu bénéficier d’un accompagnement sur la durée. Pire, à peine 9 % des collaborateurs interrogés ont estimé qu’ils étaient des utilisateurs avancés et seulement 13 %, soit un peu plus d’1 personne sur 10, maîtrisent, dans les faits, les bases de cette technologie. De quoi largement inquiéter les employeurs.
Interrogé par nos confrères de ZDNet, Jo Bishenden, qui pilote la formation chez QA, a donné quelques éléments de réponse pour expliquer pourquoi la situation en était arrivée là : les budgets sont, en général, dédiés à l'achat de licences et non à l’accompagnement des collaborateurs. En conséquence, ces derniers se retrouvent face à des outils, certes, extrêmement puissants, mais n’ont pas toujours le réflexe de vérifier les réponses données ni la capacité de repérer les éventuels résultats biaisés.

Quelles solutions pour faire face au manque de compétences IA ?
Heureusement, certaines organisations ont pris les choses en main. Il est rapidement devenu évident qu’une culture IA commune était indispensable au sein des équipes, de même qu'une formation réellement conçue pour répondre à des besoins métier précis. Autre point important : la formation doit être continue et non ponctuelle pour coller à l’évolution rapide des outils.
Les approches diffèrent toutefois selon les entreprises. Chez Sanofi, par exemple, on a choisi de former une centaine de cadres aux bonnes pratiques avant d’étendre ces connaissances au reste des équipes. Chez Zoom, des référents sont chargés de repérer les réussites individuelles pour les communiquer aux autres collaborateurs et permettre une montée en compétences continue.
Ces exemples restent toutefois isolés et sont, de plus, le fait de groupes disposant de budgets conséquents. Pour les organisations plus modestes, la formation à l’IA, bien qu’indispensable, reste encore trop souvent ignorée. Au risque de voir l’écart de compétences continuer à se creuser.
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