Après la cyberattaque ayant visé le système d’information de la Direction générale des Finances publiques, 678 000 particuliers et professionnels sont désormais concernés par un vol de données. La DGFiP doit commencer à les prévenir individuellement.

Une énième intrusion qui ébranle encore la confiance des Français. © HJBC / Shutterstock.com
Une énième intrusion qui ébranle encore la confiance des Français. © HJBC / Shutterstock.com

La question que tous les contribuables se posent est néanmoins de savoir si ses propres informations ont été compromises, et surtout comment réagir face aux tentatives d’escroquerie qui pourraient exploiter ces données ?

678 000 personnes concernées

L’attaque a été révélée il y a quelques jours, mais les intrusions remontent en réalité aux mois de juin et juillet 2026. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, un acteur malveillant est parvenu à accéder au système d’information de la DGFiP en usurpant les identifiants d’un agent ainsi que ceux d’un tiers habilité.

Les investigations ont depuis établi que certaines données concernant 678 000 particuliers et professionnels avaient été consultées ou extraites. Parmi elles figurent notamment le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, des informations telles que la raison sociale ou le numéro SIREN ont également pu être récupérées. Des données cadastrales, notamment les adresses et les surfaces de certains biens immobiliers, ont aussi été consultées.

Un point mérite toutefois d’être souligné : les espaces personnels sur impots.gouv.fr n’ont pas été compromis. La DGFiP assure également que les identifiants et mots de passe des particuliers et des professionnels n’ont pas été dérobés lors de cette attaque. Autrement dit, il n’est pas nécessaire de changer immédiatement ses identifiants.

Comment savoir si ses données ont été volées ?

Il n’y a aucune démarche particulière à effectuer pour le savoir. La DGFiP a annoncé qu’elle contacterait directement chaque particulier ou professionnel concerné. Les personnes touchées doivent recevoir un courrier électronique ou postal individuel, précisant notamment les informations susceptibles d’avoir été consultées ou extraites et, lorsque cela est nécessaire, les précautions à prendre.

Si aucun message n’a encore été reçu, inutile donc de chercher un formulaire permettant de vérifier son exposition ou de transmettre ses informations fiscales à un quelconque service. Vous vous doutez néanmoins que cette campagne d’information crée un contexte particulièrement favorable aux tentatives d’hameçonnage. Des escrocs peuvent en effet profiter de la médiatisation de la cyberattaque pour envoyer de faux messages prétendant confirmer que les données fiscales du destinataire ont été compromises.

Et les informations réellement volées pourraient rendre certaines tentatives plus crédibles en permettant de personnaliser davantage les messages.

Attention aux faux mails des impôts

C’est probablement le principal risque à court terme. La DGFiP rappelle régulièrement que des campagnes de phishing utilisent son identité pour récupérer des informations personnelles, des identifiants ou des coordonnées bancaires. Les messages peuvent reprendre les logos et le vocabulaire de l’administration et renvoyer vers des sites ressemblant fortement à impots.gouv.fr.

Dans le contexte actuel, un message indiquant que « vos données ont été compromises » ou qu’une « vérification de sécurité » est nécessaire pourrait donc sembler particulièrement crédible.

Le premier réflexe consiste à ne pas cliquer sur les liens contenus dans le message. Pour vérifier une information, mieux vaut ouvrir directement son navigateur et accéder soi-même à impots.gouv.fr, ou passer par la messagerie sécurisée de son espace personnel. Cybermalveillance.gouv.fr recommande précisément cette méthode lorsqu’un message prétend provenir de l’administration fiscale.

L’adresse de l’expéditeur peut également fournir un indice : la DGFiP utilise des adresses appartenant au domaine @dgfip.finances.gouv.fr et les sites officiels de l’administration utilisent le domaine .gouv.fr. Une adresse différente doit donc immédiatement éveiller les soupçons.

Attention toutefois à ne pas considérer ce seul élément comme une garantie absolue. Le plus sûr reste de ne jamais utiliser directement un lien reçu dans un message inattendu pour effectuer une démarche sensible.

Que faut-il faire si l’on fait partie des 678 000 personnes ?

Dans l’immédiat, pas grand chose. Aucune réinitialisation générale des comptes n’est demandée puisque les identifiants et mots de passe d’impots.gouv.fr n’ont pas été compromis.

La vigilance doit en revanche être renforcée face aux mails, SMS et appels téléphoniques utilisant des informations fiscales ou personnelles pour inspirer confiance. Le risque n’est donc pas seulement que les données volées soient consultées : elles pourraient servir de matière première à des campagnes de phishing beaucoup plus convaincantes.

La DGFiP a saisi la CNIL, annoncé le dépôt d’une plainte et indique avoir renforcé plusieurs mesures de sécurité après la découverte du vol. Les investigations se poursuivent également afin de déterminer précisément la nature et le volume des informations extraites.

Pour les 678 000 personnes concernées, le conseil le plus simple reste finalement le plus efficace : attendre la notification officielle de la DGFiP, ne transmettre aucune information sensible en réponse à un message et passer directement par impots.gouv.fr dès qu’un doute subsiste.