Le géant américain de l’IA a conclu un accord avec Riot Platforms, une entreprise texane anciennement spécialisée dans le minage de bitcoin qui se reconvertit progressivement en fournisseur d’infrastructures pour l’IA.

Anthropic loue des datacenters à divers acteurs. ©Stockinq / Shutterstock
Anthropic loue des datacenters à divers acteurs. ©Stockinq / Shutterstock

Anthropic a signé un nouveau contrat des plus importants de son histoire, pour s’assurer des capacités de calcul supplémentaires. Cette fois, son partenaire est Riot Platforms. Cette société avait pour activité principale autrefois, le minage de bitcoin. L’accord, d’une durée de vingt ans, est valorisé à 9,1 milliards de dollars et porte sur l’accès à une part importante de la capacité de calcul du campus texan de Riot. Ce dernier est en cours de conversion du minage de cryptomonnaies vers la location d’infrastructure pour l’intelligence artificielle.

Le contrat court jusqu’en juin 2048 et prévoit deux options de prolongation de cinq ans chacune. Si ces deux options sont exercées, la valeur totale de l’accord atteindrait 16,1 milliards de dollars.

Que prévoit ce contrat ?

Concrètement, Anthropic se voit garantir 191 mégawatts de capacité de calcul sur le campus de Riot à Rockdale, au Texas. Cette capacité sera mise en service par étapes. 96 mégawatts devraient être disponibles d’ici décembre 2027, et les 191 mégawatts complets d'ici juin 2028.

Pour financer la construction du site, Riot s’appuie sur un financement relais de 573 millions de dollars accordé par Morgan Stanley, un mécanisme devenu courant dans un secteur où les besoins en infrastructures croissent plus vite que les trésoreries des entreprises chargées de les satisfaire.

La bourse ne s’est pas faite attendre. En conséquence, le titre Riot a bondi d’environ 25 % lors des échanges après-bourse le 10 août, atteignant environ 24,30 dollars. L’intelligence artificielle, ça attire les investisseurs.

Reconversion professionnelle pour Riot

Riot Platforms reste une entreprise de minage de bitcoin : elle a miné 1 587 bitcoins au cours du seul deuxième trimestre 2026. Mais la société s’oriente désormais vers un nouveau modèle, celui de gestionnaire d’infrastructures de calcul à louer. Son directeur général, Jason Les, a indiqué que l’entreprise avait « signé des baux représentant 241 mégawatts de capacité, soit environ 9,8 milliards de dollars de revenus contractuels à long terme » avec des acteurs majeurs de l’IA en l’espace de six mois.

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Cette évolution n’est pas propre à Riot. D’autres anciens mineurs de bitcoin ont constaté que leurs sites, vastes et très gourmands en énergie, se prêtaient bien aux besoins de l’entraînement et de l’exploitation de modèles d’intelligence artificielle, et ont entrepris de louer ces capacités à ceux qui en avaient besoin.

La course aux infrastructures d’Anthropic

Anthropic a pris l’habitude de confier à des tiers la construction des datacenters qu’elle utilise ensuite pour ses propres charges de travail. Le fabricant de Claude a multiplié les accords de calcul ces derniers mois, nouant des arrangements de plusieurs milliards de dollars avec des fournisseurs cloud, des fabricants de puces et, désormais, d’anciens mineurs de cryptomonnaies. Tout cela, dans l’objectif de sécuriser des capacités avant que ses concurrents ne le fassent.

Pour faire fonctionner Claude, l'entreprise mise sur la puissance de calcul externalisée. ©gguy / Shutterstock

La demande pour ses modèles continue de progresser, et y répondre exige d’acheter, de louer ou de réserver des ressources de calcul partout où elles sont disponibles.

La question de savoir si ces engagements sur vingt ans paraîtront encore judicieux en 2048 reste, pour l’heure, sans réponse.

Source : TheNextWeb