Panneau de configuration, anciennes boîtes de dialogue, Éditeur du Registre… Microsoft veut moderniser Windows 11, mais doit composer avec des décennies de logiciels, de pilotes et d'habitudes que la firme de Redmond ne peut pas balayer d'un clic.

Sous les coins arrondis de Windows 11, plusieurs générations de Windows continuent de cohabiter. Le Panneau de configuration en est le symbole le plus visible. Près de quatorze ans après le lancement de Windows 8 et le début du transfert vers l'application Paramètres, il reste encore indispensable à certains usages.
Interrogé par Windows Central, Marcus Ash, vice-président chargé du design et de la recherche pour Windows, explique pourquoi cette modernisation avance avec autant de précautions. La difficulté ne consiste pas seulement à redessiner les anciennes interfaces. Il faut aussi s'assurer que tout ce qui s'appuie sur elles continue de fonctionner.Une compatibilité impossible à sacrifier
Lorsqu'un pilote, un périphérique ou un logiciel professionnel dépend d’une fonction ancienne, Microsoft ne peut pas simplement la supprimer. L'entreprise doit veiller à « ne pas rompre cette promesse de compatibilité », résume Marcus Ash.
Avant de retirer un élément du Panneau de configuration, sa version moderne doit donc au minimum proposer les mêmes fonctions, conserver des performances comparables et franchir une longue série de tests. Ce n'est qu'après cette transition que l'ancien composant peut commencer à disparaître de Windows 11.
Et le chantier dépasse largement le simple ravalement de façade. Microsoft doit également faire évoluer WinUI 3 et ses autres outils de développement pour reproduire des fonctions conçues parfois plusieurs décennies plus tôt. « Nous redoublons d'efforts pour moderniser », assure Marcus Ash. Certaines interfaces resteront néanmoins en place tant qu'un client ou un usage critique en dépendra. Cet héritage encombre Windows, mais il constitue aussi l'une de ses grandes forces.
L'Explorateur d’abord, Regedit en ligne de mire
Pour décider où intervenir en priorité, Microsoft s'appuie sur « l'usage, la télémétrie et les retours » des utilisateurs, mais aussi sur la maturité de ses outils. Dans l'Explorateur de fichiers, les équipes cherchent ainsi à moderniser des parcours complets, plutôt qu'à remplacer une boîte de dialogue isolée qui renverrait ensuite vers une interface vieille de vingt ans.
L'Explorateur et les applications les plus utilisées restent donc en tête de liste. Microsoft commence néanmoins à étudier une modernisation de Regedit, l'Éditeur du Registre, sans toutefois annoncer de calendrier. Là encore, l'objectif sera de renouveler l’apparence et les fondations sans perturber les logiciels ni les habitudes qui reposent sur la base de registre. Un chantier pour le moins délicat...