Redémarrages malvenus, installation forcée à l’arrêt, notifications à répétition, attente dès la configuration du PC neuf, Microsoft a confirmé qu'elle voulait lâcher du lest. Dans son billet du 20 mars, l’éditeur ne parle pas seulement de mises à jour plus rapides ou plus fiables. Il reconnaît surtout qu’elles prennent trop de place dans le quotidien.

Microsoft admet enfin que Windows Update en fait trop sur Windows 11 et promet de calmer le jeu. © willi Lumintang / Shutterstock
Microsoft admet enfin que Windows Update en fait trop sur Windows 11 et promet de calmer le jeu. © willi Lumintang / Shutterstock

Il fallait lire entre les lignes, mais le message est bien là. En détaillant ses priorités pour améliorer la qualité de Windows 11, Microsoft consacre plusieurs passages à Windows Update, dans un registre qui tranche quelque peu avec son discours habituel. Cette fois, il n’est plus seulement question de sécurité, de maintenance ou de déploiement plus efficace, mais de maîtrise, de prévisibilité et de discrétion. Dit autrement, l’entreprise admet que les mises à jour sont devenues un sujet en soi, moins parce qu’elles protégeraient mal que parce qu’elles interrompent trop souvent le quotidien. Sans renoncer à sa politique de mises à jour régulières, Redmond semble donc prête à en revoir les modalités. Le chantier est encore formulé au futur, mais après avoir longtemps imposé son calendrier, Windows Update doit désormais apprendre à se tenir un peu plus à sa place.

Windows Update n’a plus vocation à dicter le rythme du PC

Ce que Microsoft met sur la table n’a rien d’une refonte complète de Windows Update, ni d’un revirement sur le fond. Les correctifs continueront d’arriver, et la logique de mises à jour régulières ne disparaît évidemment pas. En revanche, l’entreprise semble avoir compris qu’entretenir un système ne justifie pas de compliquer sans cesse son usage.

Première résolution, l’allègement de la configuration initiale du PC (OOBE). Microsoft veut permettre de passer les mises à jour pendant cette étape pour accéder plus vite au bureau. La décision peut paraître secondaire, mais elle dit beaucoup de la place qu’ont prise les updates dans l’expérience Windows. La configuration d’un ordinateur neuf, censée marquer son entrée en service, s’est peu à peu transformée en parcours à rallonge, alourdi par des vérifications, des téléchargements et des redémarrages qui repoussent le moment où l’on peut enfin utiliser sa machine normalement.

L’autre évolution notable touche à l’arrêt et au redémarrage de l’ordinateur, Microsoft promettant davantage de liberté pour éteindre ou relancer son PC sans se voir imposer immédiatement l’installation d’une mise à jour déjà téléchargée. Là encore, le changement répond à des critiques récurrentes, celles d’un système qui laisse encore trop rarement la possibilité de redémarrer sans installer d’abord le correctif en attente.

Enfin, Microsoft dit vouloir assouplir le rythme même des mises à jour, évoquant des suspensions plus longues, moins de notifications et, dans la majorité des cas, un seul redémarrage exigé par mois. Bref, Windows Update ne doit plus s’imposer comme un rappel permanent de l’autorité du système, mais redevenir ce qu’il aurait toujours dû rester, un service d’arrière-plan, présent sans être envahissant. Il était temps.

Vous devriez bientôt pouvoir redémarrer votre PC sans avoir à vous farcir l'installation de la dernière mise à jour en attente. © Alexandre Boero / Clubic
Vous devriez bientôt pouvoir redémarrer votre PC sans avoir à vous farcir l'installation de la dernière mise à jour en attente. © Alexandre Boero / Clubic

L’heure de la remise en question a peut-être enfin sonné chez Microsoft

Des années durant, Microsoft a défendu une vision assez verticale de Windows Update. La sécurité primait, la régularité des correctifs aussi, et les utilisateurs comme les utilisatrices étaient priés de s’adapter au rythme imposé par l’éditeur. Les annonces récemment détaillées ne rompent pas totalement avec cette logique, mais elles en corrigent nettement les excès. Redmond ne se contente plus de rappeler l’importance des mises à jour, mais elle reconnaît aussi qu’à force de vouloir tout baliser, Windows a fini par épuiser un peu tout le monde.

Ce réajustement dépasse d’ailleurs le seul cadre de Windows Update. Au même moment, Microsoft a aussi commencé à revoir la place de Copilot dans Windows 11 comme dans Microsoft 365, en revenant sur plusieurs intégrations et déploiements automatiques jugés trop intrusifs. Scott Hanselman, vice-président chez Microsoft, a lui-même évoqué sur X l’objectif d’un OS « plus calme », moins plombé par les sollicitations commerciales. L’ensemble commence à ressembler à un début de marche arrière. Et pour les personnes qui utilisent Windows 11 au quotidien, ce n’est déjà plus un petit aveu.

Source : Microsoft

  • Refonte graphique de l'interface réussie
  • Snap amélioré
  • Groupes d'ancrage efficaces
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Foire aux questionsContenu généré par l’IA
Que signifie « configuration initiale » (OOBE) dans Windows 11, et pourquoi les mises à jour y posent problème ?

La configuration initiale, souvent appelée OOBE (Out-Of-Box Experience), correspond à la suite d’écrans affichés au premier démarrage d’un PC pour finaliser les réglages, le compte et la connexion réseau. Quand Windows Update s’y invite, le système peut lancer des vérifications, télécharger des correctifs et imposer des redémarrages avant même l’accès au bureau. Le résultat, c’est un temps de mise en service plus long et moins prévisible, surtout si la connexion est lente ou si plusieurs mises à jour s’enchaînent. Permettre de “passer” les mises à jour à ce stade revient à dissocier la prise en main du PC de la maintenance, tout en reportant l’installation à un moment choisi.

Qu’est-ce qui déclenche l’installation d’une mise à jour lors de l’arrêt ou du redémarrage d’un PC Windows ?

Quand une mise à jour est déjà téléchargée, Windows peut entrer dans une phase dite de « pending install » (en attente d’installation), où l’application du correctif nécessite un redémarrage. Selon le type de correctif (cumulatif mensuel, sécurité, composant système), une partie de l’installation se fait hors session, pendant l’extinction ou au démarrage, ce qui rallonge ces étapes. Les options du menu d’alimentation (« Mettre à jour et arrêter/redémarrer ») reflètent précisément cet état. Donner plus de liberté à l’utilisateur consiste surtout à mieux contrôler le moment où Windows bascule dans cette phase obligatoire, sans transformer chaque arrêt en séance d’installation.

En quoi consiste le modèle de mises à jour « cumulatives mensuelles » de Windows 11, et pourquoi cela influence le nombre de redémarrages ?

Windows 11 s’appuie largement sur des mises à jour cumulatives : un seul paquet regroupe les corrections publiées jusque-là, ce qui évite d’installer une longue chaîne de patchs séparés. Ce modèle simplifie la maintenance, mais il peut aussi concentrer les changements, rendant certains redémarrages difficiles à éviter (fichiers système verrouillés, pilotes, composants bas niveau). La promesse d’« un seul redémarrage par mois dans la plupart des cas » revient à mieux synchroniser ces paquets et à réduire les installations intermédiaires qui fragmentent l’expérience. La difficulté est de concilier ce rythme plus discret avec les correctifs urgents, qui peuvent nécessiter une installation plus rapide hors du cycle mensuel.