Un fil Reddit a révélé ce week-end qu'une recherche Google basique donnait accès à plusieurs centaines de conversations partagées sur Claude, l'assistant conversationnel d'Anthropic, un chiffre que certains utilisateurs du forum évaluaient plutôt en milliers. Certaines pages indexées contenaient des échanges professionnels ou personnels.

©gguy / Shutterstock
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L'opérateur "site:", qui restreint une recherche Google à un nom de domaine précis, permettait d'afficher les conversations rendues publiques par les utilisateurs de Claude en tapant "site:claude.ai/share". Une partie de ces échanges portait sur des stratégies juridiques, du code ou des dépannages techniques, ou encore des sujets personnels, sans que leurs auteurs aient anticipé une telle visibilité.

Une page de partage sans balise anti-indexation

Quand un utilisateur de Claude clique sur le bouton "partager", l'outil génère une adresse publique, laquelle peut être consultée par toute personne qui la reçoit. En revanche, Claude ne génère pas d'instruction "noindex". Ce petit bout de code, placé dans l'entête d'une page web, demande aux moteurs de recherche de ne pas l'ajouter à leurs résultats. Sans cette balise, dès qu'un lien circule sur un forum ou un réseau social, ou qu'il est publié par erreur sur un espace visible, les robots de Google peuvent l'explorer et l'indexer. Une conversation professionnelle rendue publique peut ainsi exposer des données confidentielles ou des éléments de propriété intellectuelle.

Le mécanisme rappelle un incident déjà rencontré par ChatGPT l'an dernier, quand des liens partagés s'étaient, eux aussi, retrouvés dans les résultats de recherche. Nous rappelions récemment les réglages à vérifier avant de confier des documents sensibles à ChatGPT, notamment la gestion de ses liens partagés, une précaution qui vaut désormais aussi pour Claude.

Résultats dans Brave Search
Résultats dans Brave Search

Dès dimanche, une grande partie des liens avait disparu des résultats Google, ce qui suggère un retrait rapide du côté du géant de Mountain View. Anthropic n'a toutefois communiqué aucun message officiel au moment de l'enquête. Les mêmes conversations restent encore à l'heure disponibles sur Bing et Brave Search, deux moteurs qui n'avaient pas encore répercuté le nettoyage. Au passage, un lien retiré des résultats de recherche ne devient pas non plus inaccessible pour autant : toute personne l'ayant enregistré ou reçu au préalable peut encore l'ouvrir, tant qu'Anthropic ne l'a pas désactivé côté serveur.

Pour vérifier si des conversations personnelles ont été exposées, il suffit de consulter la liste de ses partages actifs depuis Réglages > Confidentialité > Conversations partagées, dans l'application Claude. Les liens devenus inutiles peuvent y être supprimés directement. Dans tous les cas, mieux vaut donc éviter de publier une adresse de partage sur un espace public (forum, réseau social, messagerie ouverte) pour limiter aussi le risque qu'elle soit reprise par un robot d'indexation.