Grâce à une dérogation de la Commission européenne, les wearables vont finalement échapper à l’obligation d’embarquer une batterie remplaçable d'ici 2027. Une décision qui interroge.

La Commission européenne affine sa position sur les batteries amovibles.  ©Pawel Michalowski / Shutterstock
La Commission européenne affine sa position sur les batteries amovibles. ©Pawel Michalowski / Shutterstock

Pour lutter contre l’obsolescence programmée, l’Union européenne imposera dès le 18 février 2027 aux fabricants de concevoir des appareils dotés de batteries remplaçables. Une obligation à laquelle s’est déjà conformée la marque Nintendo. Si les smartphones étaient épargnés, des doutes subsistaient pour certaines technologies portables (montres connectées, par exemple). La Commission européenne vient de trancher.

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Les wearables échappent aux batteries amovibles

L’exécutif européen a annoncé cette semaine que les montres connectées, traqueurs d’activités, lunettes connectées et autres appareils intégrés à des vêtements échapperaient à l’obligation d’être équipés d’une batterie remplaçable. Ces objets rejoignent donc d’autres exceptions, comme certains jouets électriques et dispositifs médicaux. Certains appareils, comme les écouteurs sans fil, pourraient aussi faire partie des exceptions, même s’ils ne sont, pour l’heure, pas explicitement cités.

La raison de cette décision ? La « sécurité, la durabilité ou l'étanchéité pourraient être compromises par l'accès de l'utilisateur à la batterie ». En effet, avec ces boîtiers minuscules, un démontage pourrait s’avérer dangereux : « la miniaturisation des dispositifs portables et des batteries portables qui les alimentent peut entraîner des situations où la batterie est si étroitement encapsulée dans son réceptacle que son retrait peut créer un risque non négligeable de dommage ou de perforation de la batterie ». Difficile de contredire un tel argument.

Le texte doit maintenant passer devant le Parlement européen et le Conseil de l'UE. Sauf objection, il entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal Officiel.

La Commission européenne fait marche arrière sur les batteries amovibles des montres connectées. ©Amanz / Unsplash

Une victoire de taille pour les fabricants

Cette décision devrait réjouir les fabricants, qui n’auront pas à lancer des refontes coûteuses de leurs produits. Interrogé par The Register, un porte-parole de la Commission européenne a assuré que celle-ci n’avait cédé à aucune pression extérieure : « Nos propositions font suite à une large consultation publique menée auprès des associations de consommateurs, des acteurs du secteur et des États membres. La question a été soulevée par plusieurs représentants  », a-t-il notamment déclaré.

Si l’UE estime que les « limitations techniques rendent l'accès par le consommateur irréaliste », elle ne referme toutefois pas totalement la porte : les wearables devront pouvoir être réparés par des professionnels indépendants, avec des outils simples.

Le problème, c’est qu’une telle dérogation risque d’ouvrir une brèche dans laquelle pourraient se glisser d’autres fabricants. Ces derniers pourraient, par exemple, décider de soulever le même argument de sécurité pour échapper eux aussi aux limitations. Des manœuvres qui pourraient bien, à terme, vider le texte de son essence.

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