Alors que les entreprises américaines de la tech veulent être neutres, voire négatives en carbone, les émissions de Microsoft remontent rapidement. En cause ? L'intelligence artificielle, bien sûr !

L'entreprise américaine a vu ses émissions de gaz carbonique bondir en 2025. ©Erman Gunes / Shutterstock
L'entreprise américaine a vu ses émissions de gaz carbonique bondir en 2025. ©Erman Gunes / Shutterstock

Microsoft a révélé une augmentation de 25 % de ses émissions de carbone en 2025 par rapport à l’année précédente, selon son rapport annuel sur la durabilité environnementale publié en 2026. Ce document couvre l’exercice fiscal 2025 et évalue les progrès de l’entreprise par rapport à son niveau de référence établi en 2020.

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L'intelligence artificielle comme source de CO2

La hausse des émissions est principalement attribuée à l’extension de ses datacenters dédiés à l’intelligence artificielle. Dans son rapport, Microsoft reconnaît que "bien que l’IA stimule la demande en énergie, en eau, en terres et en matériaux, les solutions durables ne se développent pas assez rapidement pour répondre à cette demande". L’entreprise indique devoir ajuster ses stratégies en fonction de l’évolution des conditions, de l’amélioration des données et de la clarification des arbitrages à effectuer.

Le solaire fait partie des stratégies de production d'électricité bas carbone. ©TotalEnergies

En 2020, l'entreprise s’était engagée à devenir négative en carbone d’ici 2030, un pari risqué. Autrement dit, retirer plus de carbone de l’atmosphère qu’elle n’en émet. Avec quatre années restantes pour atteindre cet objectif, la tâche s’annonce complexe. Mais selon Melanie Nakagawa, directrice de la durabilité chez Microsoft, l'entreprise conserve ses ambitions.

Un changement de méthode dans le calcul des émissions

Nonobstant l’expansion de ses infrastructures, Microsoft explique aussi cette hausse par l’arrêt de l’achat de certificats d’énergie renouvelable non associée. Ces certificats attestent qu’une entité a financé la production d’un megawatt-heure d’électricité décarbonée injectée dans le réseau.

En d'autres mots, si Microsoft injecte assez d'énergie solaire dans le réseau, l'entreprise peut être considérée comme plus vertueuse.

En renonçant à cette pratique, Microsoft assume une augmentation temporaire de ses émissions déclarées. L'entreprise justifie toutefois ce choix par une volonté de privilégier l’ajout direct d’électricité sans carbone aux réseaux où elle opère, plutôt que de s’appuyer sur des compensations. Microsoft dit penser que ce choix générera des résultats plus durables.

De gros progrès à noter

Malgré cette hausse des émissions, Microsoft met en avant certains résultats pour l’exercice 2025. L’entreprise affirme avoir couvert 100 % de sa consommation électrique annuelle mondiale par des énergies renouvelables. Elle indique également avoir restitué plus d’eau qu’elle n’en a prélevée à l’échelle mondiale. L'objectif étant là aussi, en 2030, de restituer plus d'eau que l'entreprise n'en consomme.

En plus de consommer de l'électricité, Copilot est gourmand en eau. ©Saeidreza maghsoudi / Shutterstock

Si le résultat pour Microsoft est donc en demi-teinte, l'entreprise semble déterminée à poursuivre ses efforts et à atteindre ses objectifs. L'avenir nous dira si la firme américaine gagne son pari.

Source : Engadget