Anthropic dévoile Claude Science, un nouvel outil proposant un traitement local des données pour les scientifiques. L'application promet de réunir bases de données, calcul distant et rédaction de manuscrits dans un seul espace de travail.

Anthropic a détaillé cet outil lors d'un événement consacré à l'IA scientifique. L'application cible en priorité la génomique, la protéomique, la biologie structurale et la chimie computationnelle.
Un agent coordinateur plutôt qu'un modèle inédit
Ce qui change, c'est l'environnement construit autour du modèle. Claude Science se connecte à plus de 60 bases de données scientifiques (UniProt, PDB, Ensembl, ClinVar, ChEMBL, GEO, entre autres) et intègre les outils du BioNeMo Agent Toolkit de NVIDIA pour dialoguer avec les modèles Evo 2, Boltz-2 et OpenFold3. Un agent principal joue le rôle de chef de projet : il peut créer des sous-agents spécialisés pour se répartir les tâches, ou solliciter des agents "experts" construits au préalable par le chercheur. Un agent réviseur distinct vérifie ensuite les citations et les calculs avant publication, ce qui limite le risque de statistiques inventées ou d'hallucinations. Cette vérification reste toutefois assurée par le même modèle sous-jacent qui se relit lui-même, et non par une source de vérité indépendante.

Chaque figure produite (structure protéique en 3D, piste de génome, structure chimique) est accompagnée du code exact qui l'a générée, d'une description en langage courant et de l'historique complet des échanges. Un chercheur peut demander de retirer un quadrillage ou de passer un axe en échelle logarithmique : l'agent modifie alors son propre code plutôt que de le décrire. Côté calcul, l'application tourne en local sur macOS, Linux, ou via une connexion SSH vers un cluster de calcul intensif. De cette manière, les données sensibles ne quittent pas l'infrastructure du laboratoire. Avant de lancer un job, elle rédige un plan et demande une validation, puis répartit l'analyse sur une ressource GPU unique ou sur plusieurs centaines.
Anthropic annonce qu'elle finance jusqu'à 50 projets de recherche avec 30 000 dollars de crédits chacun, les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 juillet 2026. Les projets retenus démarreront en septembre pour s'achever en décembre.
L'entreprise n'est pas seule sur ce terrain. OpenAI a publié en avril dernier GPT-Rosalind, un modèle entraîné spécifiquement pour le raisonnement biologique, réservé à des clients professionnels validés comme Amgen, Moderna, Thermo Fisher ou Novo Nordisk. De son côté, Google DeepMind possède ses propres modèles scientifiques, dont AlphaFold et AlphaGenome, regroupés avec plus de 30 bases de données dans Gemini for Science. Au final, nous avons donc trois approches : un accès large par abonnement chez Anthropic, un accès restreint aux grands comptes chez OpenAI, et des modèles propriétaires fermés chez Google.
- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique