Pour la première fois, Amazon dévoile sa consommation d’eau totale, et les chiffres, que l’entreprise s’empresse de relativiser, sont aussi impressionnants qu’effrayants. Ils illustrent surtout la soif insatiable de l’intelligence artificielle (IA).

Les infrastructures hydrauliques d'Amazon dans un data center. ©Amazon
Les infrastructures hydrauliques d'Amazon dans un data center. ©Amazon

Car, c’est désormais un fait connu, l’IA générative tourne grâce à des centres de calcul gigantesques qui chauffent énormément. Et pour éviter la surchauffe, ces installations ont besoin d’être refroidies. Aujourd’hui, l’eau reste l’une des solutions les plus efficaces face aux pics. Dans la logique, plus l'IA progresse, plus la demande en eau grimpe avec elle.

C’est en partie pour cette raison que de plus en plus d’entreprises souhaitent envoyer les data centers en orbite. Mais pour l’instant, cette technologie n’est pas viable, et les supercalculateurs demeurent bel et bien sur Terre.

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Dans le détail

Sur l’ensemble de son parc mondial, Amazon a puisé environ 2,5 milliards de gallons d’eau en 2025, soit près de 9,5 milliards de litres. Selon ses calculs, cela représente seulement 0,12 litre d'eau par kilowattheure consommé, contre une moyenne de 0,84 litre dans le reste du secteur. Le géant de l’e-commerce affirme ainsi être 7 fois plus efficace que la moyenne de l’industrie, et en amélioration par rapport aux 0,15 litre par kilowattheure enregistrés un an plus tôt.

Environ 90 % du temps, ses data centers se refroidissent simplement grâce à l’air extérieur, sans une goutte d’eau. Ce n’est que lorsque les températures dépassent près de 29 degrés Celsius que le système bascule vers le refroidissement par évaporation, plus gourmand en eau. Amazon assure en outre avoir relevé ses seuils de température de fonctionnement, ce qui aurait permis de réduire de moitié la consommation d’eau dans des installations comparables.

Et l’entreprise ne manque pas de rappeler que chaque année, les Américains utilisent 1 300 fois plus d’eau que l’ensemble de ses data centers pour arroser leur jardin.

Un data center Amazon. ©Amazon / Noah Berger

Tous les géants du cloud sont touchés

Mais, comme le rappelle le média Quartz, les sites de colocation, ces data centers tiers où Amazon loue de la capacité de calcul et qui représentaient environ un cinquième de sa puissance totale en 2024, ne sont pas inclus dans le décompte. Pas plus que l’eau consommée en amont pour produire l’électricité qui alimente ses installations.

Bien entendu, Amazon n'est pas un cas isolé. Microsoft affichait pour sa part 0,27 litre par kilowattheure sur son dernier exercice, soit plus du double du ratio annoncé par sa rivale. Une chose est sûre : avec la montée en puissance continue de l'IA, cette consommation d'eau collective n'est pas près de diminuer.