Stellantis commercialise en Europe la huitième génération de la Dodge Charger, muscle car américaine née en 1966. Quatre versions au programme, de 420 à 670 ch : deux thermiques à six cylindres turbo, deux 100 % électriques sous le nom Daytona. Les prix européens ne sont pas encore annoncés.

C’’est officiel, Stellantis commercialisera de la Dodge Charger en Europe, soixante ans après le lancement du modèle aux États-Unis. KW Automotive, importateur officiel de la marque sur le continent, distribuera les véhicules via son réseau de revendeurs agréés, sans passer par les circuits des autres marques du groupe. Fabio Catone, directeur de Dodge Europe, a déclaré que la Charger avait « toujours revendiqué sa différence » et que cet état d’esprit guidait son retour.
Stellantis a construit cette génération sur l’architecture STLA Large. Deux versions thermiques au catalogue : la R/T de 420 ch et la Scat Pack de 550 ch, chacune motorisée par le six cylindres 3,0 litres biturbo Hurricane Sixpack. En électrique, la Daytona R/T développe 536 ch et la Daytona Scat Pack monte à 670 ch avec deux moteurs. Pour chaque motorisation, l’acheteur aura le choix entre un coupé deux portes et une berline quatre portes, avec transmission intégrale de série.
En France, les versions thermiques butent sur le malus CO2
Depuis le 1er mars 2025, la France taxe à 70 000 euros tout acheteur d’un véhicule dépassant 193 g/km de CO2. Or un acheteur français d’une Charger Sixpack de 420 ou 550 ch paierait ce plafond en plus du prix catalogue : la Ford Mustang V8, dont le moteur développe une puissance comparable, émet 274 g/km et coûte au total plus de 110 000 euros en France. Ford a fini par retirer la Mustang V8 du marché français. Chevrolet a également arrêté la distribution de la Camaro en Europe sans avoir résolu ce problème fiscal.
En Allemagne, en Espagne ou en Pologne, en revanche, les acheteurs ne paient pas de taxe CO2 à l’immatriculation : sur ces marchés, KW Automotive vendra les versions Sixpack au prix catalogue, sans surcoût fiscal.

Outre-Atlantique, la Daytona électrique peine à séduire
Aux États-Unis, Dodge a écoulé 7 421 unités de la Daytona électrique sur l’ensemble de 2025, dont seulement 346 au dernier trimestre, après la suppression du crédit fédéral de 7 500 dollars (environ 6 800 euros) à l’achat. Au premier trimestre 2025, les acheteurs américains ont davantage acheté les anciens modèles Charger et Challenger, dont Dodge avait arrêté la production fin 2023, que la Daytona électrique : 1 974 unités contre 1 947.
Dodge a par ailleurs retiré la déclinaison R/T électrique d’entrée de gamme, officiellement en raison des droits de douane, mais les concessionnaires accumulaient plus de 3 500 unités invendues début 2025.
À titre de comparaison, les acheteurs américains ont acquis 51 620 Ford Mustang Mach-E sur la même période, soit sept fois le volume de la Daytona.
En Europe, Dodge n’a communiqué ni date de mise en vente ni prix ; aux États-Unis, la Daytona Scat Pack est vendue 75 185 dollars, environ 68 300 euros, avant taxes locales et frais d’importation.
Source : Stellantis
