Stellantis fabriquera dès 2028 une petite électrique abordable, sous les marques Fiat et Citroën d'abord, d'autres labels du groupe ensuite. Antonio Filosa, son directeur général, promet un véhicule « révolutionnaire ». Le tarif officiel n'est pas connu, mais la rumeur tourne autour de 15 000 euros avant aides.

Stellantis officialise son projet E-Car, dont l'acronyme renvoie à Européen, Émotionnel, Électrique et Écologique©MikeDotta / Shutterstock
Stellantis officialise son projet E-Car, dont l'acronyme renvoie à Européen, Émotionnel, Électrique et Écologique©MikeDotta / Shutterstock

Sera-ce la Dolce vita à Pomigliano d'Arco, près de Naples, pour Stellantis ? Sur l'entrée de gamme électrique, Citroën, Opel et Peugeot avaient baissé pavillon, mais le créneau redevient stratégique depuis que Renault y a placé sa nouvelle Twingo E-Tech sous la barre des 20 000 euros et que Volkswagen prépare aussi son retour avec l'ID.Polo à moins de 25 000 euros puis l'ID.EVERY1 sous 20 000 en 2027.

Il était temps de réagir pour Stellantis, qui officialise donc son projet E-Car, dont le « E » renvoie à Européen, Émotionnel, Électrique et Écologique. À Pomigliano, la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Du côté de Citroën, on cherchera à combler le trou entre l'Ami et la C3. Pour le prix, il faudra patienter, car Stellantis n'a pas lâché le moindre chiffre officiel. Mais selon certaines rumeurs, on se situerait toutefois autour des 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. À titre de comparaison, la C3 électrique démarre aujourd'hui à 19 990 euros avec 200 km d'autonomie. Quant aux concepts Fiat et Citroën préfigurant l'E-Car, Stellantis les présentera en octobre au Mondial de Paris.

Un supercrédit de 1,3 par voiture vendue et un gel des normes sur dix ans

En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie réglementaire dite M1e, réservée aux électriques jusqu'à 4,2 mètres fabriquées dans l'Union. Chaque exemplaire vendu comptera pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions CO2 du constructeur. Vendre une M1e revient donc à effacer une partie des émissions d'un thermique vendu à côté. Sans ce coefficient, les constructeurs européens risquaient jusqu'à 15 milliards d'euros d'amendes sur plusieurs années selon l'ACEA. Stellantis avait d'ailleurs dû acheter des crédits CO2 à Tesla début 2025 pour échapper aux sanctions.

Bruxelles a aussi gelé les normes techniques sur dix ans pour cette catégorie. Désormais, aucune nouvelle exigence d'homologation ne tombera pendant la décennie, et les États membres pourront accorder des incitations fiscales ciblées, notamment des subventions à l'achat, une exonération de péages ou un accès privilégié au stationnement. Mais le coefficient reste réservé aux modèles fabriqués dans l'Union, ce qui exclut de fait la Slovaquie hors UE ou le Maroc.

Et si Stellantis a retenu Pomigliano plutôt qu'un site extra-européen, c'est parce que seul un site de l'Union donne droit à cet avantage comptable. Au total, la Commission compte 706 millions d'euros d'économies annuelles pour les constructeurs grâce au paquet de simplifications.

Le créneau des E-Cars, redevient stratégique depuis que Renault y a placé sa nouvelle Twingo E-Tech sous la barre des 20 000 euros - ©Renault
Le créneau des E-Cars, redevient stratégique depuis que Renault y a placé sa nouvelle Twingo E-Tech sous la barre des 20 000 euros - ©Renault

Pomigliano, une usine qui a perdu un cinquième de sa production en un an

Stellantis a également jeté son dévolu sur cette usine parce qu'elle traverse une crise industrielle profonde. Le site Giambattista Vico assemble la Fiat Panda depuis 2011 ainsi que l'Alfa Romeo Tonale. Or, en 2025, la production y a chuté de 21,9 %, à 131 180 voitures, avec un recours massif aux aides sociales. La Tonale a perdu 32 % de ses volumes sur l'année, tandis que la Pandina en a perdu 14 %. Sans nouveau modèle, le site risquait un arrêt de production irréversible selon les syndicats italiens. Le projet E-Car va donc redonner du souffle à une région dont le coeur bat au rythme industriel.

Fiat continuera d'assembler la Pandina jusqu'en 2027 au minimum. Ensuite, Stellantis basculera vers la plateforme STLA Small, déjà fléchée depuis 2025 pour deux nouveaux modèles compacts à Pomigliano, conçue pour les segments A, B et C.

Techniquement, Stellantis annonce « des technologies électriques de pointe développées avec des partenaires sélectionnés », sans en dire davantage. Le groupe a pourtant déjà investi dans le sodium-ion via la française Tiamat et collabore avec le chinois Leapmotor sur des électriques à coûts réduits. On ignore pour l'instant laquelle de ces pistes finira dans l'E-Car.