Ford réaccélère sur l’électrique en Europe, et le constructeur américain promet pas moins de cinq nouveaux modèles électrifiés pour reconquérir un marché européen en pleine mutation, sur fond de menace chinoise.

Le plan annoncé par Ford inclut cinq modèles à destination des particuliers. ©Ford
Le plan annoncé par Ford inclut cinq modèles à destination des particuliers. ©Ford

Après plusieurs années de doutes et autres restructurations, l’américain Ford semble prêt à remettre un grand coup d’accélérateur sur le Vieux Continent. Le constructeur américain a reconfirmé l’arrivée de cinq nouveaux modèles électrifiés en Europe d’ici à la fin de la décennie. Pour Ford, il s’agit de retrouver des couleurs sur un marché où la marque a progressivement perdu du terrain face aux géants européens… mais surtout face aux constructeurs chinois.

Ford veut devenir un acteur majeur de l’électrique en Europe

Cette nouvelle feuille de route intervient alors que Ford entrevoit des signaux encourageants sur plusieurs marchés européens, notamment en France. Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a récemment indiqué que les modèles électriques représentaient 55% des commandes enregistrées dans l’Hexagone au mois d’avril.

Ford profite notamment de l’arrivée récente de plusieurs modèles stratégiques comme l’Explorer électrique ou encore le Capri EV, développés sur la plateforme MEB de Volkswagen.

Dans le détail, le plan annoncé par Ford inclut cinq nouveaux véhicules à destination des particuliers. Parmi eux, on retrouvera notamment une petite citadine électrique (type Fiesta), un SUV compact zéro émission, mais aussi plusieurs SUV proposés en versions électriques, ainsi qu’en versions hybrides.

Ford a notamment confirmé l’arrivée en Europe d’un nouveau SUV compact issu de la famille Bronco, qui sera produit à partir de 2028 dans l’usine Ford de Valence, en Espagne. Le constructeur promet un véhicule au style « robuste et aventurier », pensé pour séduire le marché européen des SUV compacts électrifiés.

Ford face à la menace chinoise

Depuis plusieurs mois, Jim Farley, le CEO de Ford, multiplie les mises en garde concernant l’ascension fulgurante des constructeurs chinois. Le patron américain n’hésite plus à parler de « menace existentielle » pour les constructeurs occidentaux, citant notamment BYD parmi les acteurs les plus redoutables venus de Chine.

Alors que Ford tente de relancer sa présence européenne, les marques chinoises gagnent du terrain à une vitesse fulgurante grâce à des modèles souvent moins chers et technologiquement très avancés. Ce même BYD continue d’enregistrer une croissance spectaculaire de ses ventes en Europe, pendant que Ford peinait encore l’an dernier à stabiliser ses parts de marché.

Pour répondre à cette offensive, l’idée pour Ford (comme pour d’autres constructeurs) n’est plus de basculer brutalement vers le tout électrique, mais d’opérer une transition vers le zéro émission alignée avec les usages réels des automobilistes.

« Nous ne construisons pas des véhicules pour répondre à des mandats réglementaires, nous les construisons pour les utilisateurs », explique le président de Ford Europe, Jim Baumbick.

Le constructeur espère également réduire ses coûts grâce à plusieurs partenariats industriels, notamment avec Renault pour certains futurs modèles électriques produits en France.