Le marché automobile européen continue de voir déferler les constructeurs chinois, avec une stratégie qui consiste désormais à s’implanter localement plutôt que simplement exporter. Et dans cette nouvelle bataille industrielle, Stellantis a choisi de faire équipe avec Dongfeng.

Avec le chinois Dongfeng, Stellantis veut créer une coentreprise européenne. ©Rokas Tenys / Shutterstock
Avec le chinois Dongfeng, Stellantis veut créer une coentreprise européenne. ©Rokas Tenys / Shutterstock

Pendant longtemps, les constructeurs chinois faisaient sourire en Europe. Designs approximatifs, réputation fragile, technologies encore balbutiantes… Désormais, des groupes comme BYD, MG, Leapmotor ou encore Dongfeng avancent leurs pions avec une efficacité absolument redoutable sur le Vieux Continent. Avec des voitures électriques agressivement tarifées, dotés d'une excellente autonomie et d'un équipement ultra complet, les marques chinoises ne viennent plus seulement tâter le marché européen, elles veulent s’y installer durablement.

Stellantis et Dongfeng veulent accélérer la cadence en Europe

Exit les cargos remplis de SUV électriques débarquant dans les ports européens, la nouvelle stratégie est beaucoup plus subtile, à savoir produire localement, contourner les tensions douanières et profiter ainsi du précieux label « Made in Europe ». Une manière aussi de rassurer des consommateurs parfois encore méfiants face à ces modèles venus de Chine.

C’est précisément dans ce contexte que Stellantis et Dongfeng Motor Group viennent d’annoncer leur intention de créer une nouvelle coentreprise européenne comme le rapporte Ouest-France. Une alliance qui ne tombe pas du ciel, puisque les deux groupes collaborent déjà depuis plusieurs années sur différents marchés, notamment en Chine.

Une coentreprise européenne… avec un accent breton ?

Dans le détail, cette future structure, basée en Europe et pilotée par Stellantis, serait dédiée à plusieurs activités stratégiques, à savoir la vente et la distribution, la production, les achats, mais aussi l'ingénierie. Il ne s’agit pas simplement d’importer quelques véhicules supplémentaires sous un nouveau badge, mais bien de construire une véritable implantation industrielle européenne pour Dongfeng, avec l’appui du géant franco-italo-américain.

Le point qui attire particulièrement l’attention concerne l’usine Stellantis de Rennes, en France. Les partenaires envisagent en effet d’y localiser la production de certains modèles Voyah de Dongfeng (dont la distribution sera gérée par Stellantis), afin de répondre aux exigences de production locale.

Récemment, le groupe automobile ouvrait des discussions avec un autre constructeur chinois, Leapmotor, autour d’une production en Ontario, au Canada.

Bien sûr, ce rapprochement illustre aussi une réalité parfois un peu ironique du marché actuel, car si l’Europe s’inquiète de l’arrivée massive des constructeurs chinois, certains groupes européens choisissent désormais de coopérer directement avec eux.

Dans le cas présent, le mouvement n'est pas à sens unique puisque Stellantis et Dongfeng ont récemment annoncé la production de nouveaux modèles Peugeot et Jeep en Chine, destinés aussi bien au marché local qu’à l’exportation.

Reste à voir comment cette future coentreprise sera accueillie en Europe, à l’heure où Bruxelles surveille de très près les investissements chinois dans l’automobile.