Geely vient de créer Geely Technology Europe, un hub R&D unifié entre Gothenburg et Francfort, pour passer de douze mois à moins de six entre le lancement chinois et l'arrivée sur les marchés internationaux. Un délai divisé par deux, au moment précis où la marque s'apprête à débarquer en France et en Belgique.

Pendant des années, quiconque voulait acheter une voiture d’un constructeur chinois en Europe savait qu'il fallait être patient. Un modèle lancé sur le marché domestique pouvait mettre plusieurs mois, parfois plus d’un an, à arriver chez les concessionnaires européens, le temps de satisfaire aux exigences réglementaires, d’adapter les systèmes électroniques et d’ajuster l’expérience utilisateur.
Geely a décidé de couper court à tout ça. Le groupe a officialisé la fusion de ses deux centres d'ingénierie européens, en Suède et en Allemagne, sous une entité unique baptisée Geely Technology Europe. Pour Giovanni Lanfranchi, son directeur général il ne faudra pas plus de six mois entre la commercialisation en Chine et le lancement à l'international.
C'est deux fois moins que ce que pratique le groupe aujourd'hui.
Geely joue deux coups simultanément
Geely ne crée pas un centre de R&D pour préparer une future offensive européenne hypothétique, car l'offensive est déjà lancée. Jenny Jin vient d'être nommée directrice générale de Geely France pour accompagner le lancement des opérations dans l'Hexagone, prévu fin avril 2026. L'Allemagne et l'Italie sont déjà couvertes. Pour le Benelux et l'Espagne c'est pour ce trimestre, avec deux SUV en vitrine : le Galaxy E5 électrique et le Starray EM-i hybride rechargeable. Les prix s'échelonnent entre 37 990 et 41 990 euros pour la version électrique au Benelux.
Pour ce qui est de la certification, Geely a déjà décroché son sésame pour son système d'aide à la conduite. En mars, le G-ASD a reçu la certification UN R171 auprès de la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies, délivrée conjointement par le CATARC et l'IDIADA espagnol. Avant Geely, seul BMW y avait réussi, fin 2025. Concrètement, ça permet de commercialiser des véhicules avec des fonctions avancées d'aide à la conduite dans l'ensemble des États signataires, sans validation supplémentaire pays par pays. Le premier modèle certifié est prévu sur les routes européennes en juin 2026.

Le joker Volvo et le moteur « français »
Le groupe Geely possède depuis 2010 plusieurs marques européennes, dont Volvo, Polestar, Smart et Lynk & Co. Et s'il a choisi Göteborg pour installer ce nouveau hub, c'est que depuis 2013, il y collabore étroitement avec les ingénieurs suédois. Le bureau d’études de Volvo conserve son autonomie, mais certaines expertises, notamment en sécurité passive, ont directement alimenté le plus grand centre mondial de tests de sécurité automobile inauguré par Geely en décembre 2025 à Hangzhou Bay, en Chine.
Le Starray EM-i, SUV hybride rechargeable de 4,74 mètres prévu pour la France, embarque un moteur thermique développé avec Horse Powertrain, l'entité issue du rapprochement entre Renault et Geely. La marque au losange lui fait bénéficier de son réseau, stocks, délais de pièces, outils de diagnostic, une politique de garantie et une brique technologique calibrée aux normes locales. Geely a choisi d'en fabriquer une en partenariat avec un acteur européen, plutôt que d'adapter un moteur chinois après coup.
Zeekr, la marque premium du groupe, s'apprête quant à elle à ouvrir 25 à 30 concessions en France au cours du deuxième trimestre 2026, avec le soutien du réseau Volvo pour l'après-vente. Lynk & Co vise 40 points de vente français d'ici fin 2026. Geely envoie tout le monde en même temps et maintient que la prochaine génération de modèles n'aura pas à patienter plus de six mois après leur sortie en Chine pour arriver en Europe.
Source : Car News China