Le groupe Iliad, maison-mère de Free, publie jeudi ses résultats du premier trimestre 2026. Si le nombre d'abonnés patine en France, les revenus augmentent légèrement, avec le dossier SFR qui s'invite en toile de fond.

Free a dévoilé, jeudi, ses résultats financiers du premier trimestre 2026. © Alexandre Boero / Clubic
Free a dévoilé, jeudi, ses résultats financiers du premier trimestre 2026. © Alexandre Boero / Clubic

Free et le groupe Iliad viennent de publier, jeudi, leurs résultats du premier trimestre 2026. En France, l'opérateur de Xavier Niel compte toujours 23,3 millions d'abonnés, ses revenus progressent, mais ses bénéfices opérationnels reculent légèrement, tiraillés par des coûts réseau en hausse. La fibre, elle, s'impose désormais chez près de neuf abonnés haut débit sur dix. À l'étranger, l'Italie affiche une croissance spectaculaire et la Pologne engrange des marges record pendant que, en coulisses, le rachat négocié de SFR pourrait tout changer pour le marché télécom français.

En France, Free progresse sur le fixe, conserve sa solide base d'abonnés mais trébuche un peu sur les marges

En France, Free a généré 1,654 milliard d'euros de chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, en hausse de 1,2 % sur un an. L'opérateur comptait fin mars 15,7 millions de clients mobiles et 7,6 millions d'abonnés Freebox, des chiffres stables par rapport à fin 2025, mais en légère progression (+1 %) sur douze mois. C'est l'internet fixe qui tire la croissance (+1,3 %), porté par une clientèle qui dépense un peu plus chaque mois et par une activité auprès des professionnels et entreprises en bonne forme.

La fibre, fermeture du cuivre progressive oblige, continue de gagner du terrain au sein de tous les opérateurs. Mais chez Free, 6,8 millions de foyers sur les 7,6 abonnés sont désormais connectés en fibre optique, soit 89,1 % des clients internet fixe, un taux en progression de 1,4 point en trois mois seulement. Sur le mobile, 78 % des clients utilisent la 4G ou la 5G. Du coup, de moins en moins d'abonnés quittent l'opérateur, que ce soit sur le fixe ou le mobile, et Free montre qu'il est tout à fait capable de fidéliser et de se constituer une large base d'abonnés.

Le vrai bémol se situe au niveau de la rentabilité. Le bénéfice opérationnel de Free en France a reculé de 6,1 %, à 543 millions d'euros, pénalisé par des coûts réseau en hausse, une taxe spécifique aux télécoms (l'IFER) plus lourde et des dépenses d'équipements moins favorables qu'un an plus tôt. La bonne nouvelle, c'est que l'opérateur a nettement réduit ses investissements (-21,7%), ce qui se traduit par davantage de cash disponible (hausse de 11,5 % à 304 millions d'euros). Pour séduire de nouveaux clients, l'opérateur a sorti Free Max, un forfait mobile à 29,99 euros par mois qui inclue l'internet illimité en France et dans plus de 135 destinations à travers le monde. On pourra sans doute mesurer le succès de ce forfait lors du prochain bilan trimestriel de l'entreprise.

Iliad en feu en Italie et en Pologne, et le dossier SFR toujours en embuscade

À l'échelle du groupe Iliad cette fois, le premier trimestre aura été solide, avec 2,608 milliards d'euros de chiffre d'affaires (+2,9 %, +3,3 % en organique) et un OFCF (la trésorerie générée par l'activité opérationnelle courante de l'entreprise) en bond de 17,6 % à 591 millions. L'Italie agit en vraie locomotive. Là-bas, les revenus sont en hausse de 11,2%, l'OFCF explose (+150 %), et Iliad Italien reste l'opérateur qui recrute le plus d'abonnés, et ce pour le trente-deuxième trimestre consécutif.

En Pologne, Play affiche la rentabilité la plus élevée du groupe. Près de la moitié de ses revenus se transforment en bénéfice opérationnel, une performance rare dans le secteur. À l'échelle du groupe, le cash disponible après investissements bondit de 92,5 % à 416 millions d'euros. Concrètement, Iliad génère beaucoup plus d'argent qu'il n'en dépense. Mieux encore, le groupe s'est désendettée de 474 millions d'euros en trois mois, et son niveau de dette globale, rapporté à ses bénéfices, continue de diminuer trimestre après trimestre.

L'information qui intéresse sans doute le plus le grand public, c'est que depuis le 17 avril, Free, Orange et Bouygues Telecom négocient en exclusivité pour racheter une grande partie de SFR, à une valeur d'entreprise de 20 milliards d'euros. La part d'Iliad serait d'environ 31%, soit quelque 6,2 milliards. L'exclusivité des échanges prolongée jusqu'au 5 juin ne garantit rien. Thomas Reynaud lui-même, directeur général d'Iliad, admet que « l'issue reste incertaine ». D'après nos informations, ce discours du « oh mais vous savez, le rachat n'est pas sûr », commence à se propager au sein de chacun des opérateurs, qui semblent vouloir faire preuve de prudence.