Tout créateur majeur de 18 ans et plus pourra activer l'outil de détection de ressemblance de YouTube dans les prochaines semaines. Auparavant réservée à un cercle restreint, la fonction scanne les vidéos mises en ligne et signale celles qui reproduisent un visage déjà enregistré.

Likeness Detection est désormais ouvert à tous les créateurs de contenus sur YouTube©JarTee / Shutterstock
Likeness Detection est désormais ouvert à tous les créateurs de contenus sur YouTube©JarTee / Shutterstock

YouTube ouvre désormais son système anti-deepfake à tous les créateurs adultes, et plus seulement aux chaînes monétisées. N'importe quelle personne peut en pratique s'inscrire, même sans chaîne active. Le pilote remonte à 2024, puis YouTube a lancé l'outil en octobre 2025 auprès des membres du Partner Program. En mars 2026, journalistes et personnalités politiques ont eu accès au dispositif.

Un mois plus tard, l'extension touchait les célébrités et agences artistiques via CAA, UTA, WME et Untitled Management. Cette dernière vague élargit la fonction au grand public adulte, avec toutefois certaines restrictions.

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Une procédure biométrique en plusieurs étapes

Mais comme Rome ne s'est pas faite en un jour, rien n'est automatique ni simple avec cet outil.

L'inscription se fait obligatoirement depuis YouTube Studio sur ordinateur. Si vous êtes intéressés, voici ce qu'il faut faire:

  • Ouvrez l'onglet « Ressemblance » dans la section « Détection de contenu » ;
  • Flashez un QR code avec votre smartphone ;
  • Uploadez une pièce d'identité officielle ;
  • Tournez une courte vidéo selfie de vérification.

Google compare la pièce et le selfie au visage qui apparaît dans les vidéos publiées sur la plateforme. YouTube exige donc une signature biométrique complète avant d'activer la moindre détection. Un seul scan a lieu sur chaque nouvelle vidéo uploadée, mais le système ne repasse pas sur le catalogue déjà en ligne.

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Une fois inscrit, vous vous retrouvez dans le même onglet la liste des vidéos potentiellement concernées. Vous avez alors trois options pour chaque correspondance :

  • Demander la suppression au titre du droit à la vie privée ;
  • Déposer une plainte pour atteinte au droit d'auteur ;
  • Archiver la vidéo, sans action immédiate.

YouTube demande également au déclarant si la voix a, elle aussi, été reproduite. Mais l'outil ne sait pas détecter une usurpation à partir de la voix seule. Le système repère un visage, puis interroge l'utilisateur sur la bande son. La détection vocale automatisée n'existe pas dans cette version. Pourtant, c'est l'incident à l'origine du projet.

En septembre 2024, le YouTubeur Jeff Geerling découvrait sa voix clonée par la société Elecrow dans des tutoriels Raspberry Pi. Il a alors reproduit un clone convaincant de savoix pour 5 dollars, soit environ 4,60 euros, via l'outil Instant Voice Cloning d'ElevenLabs pour prouver la facilité de la manoeuvre. Et il n'a suffi pour cela que d'une minute de son podcast. Le clonage de la voix est aussi utilisé pour les campagnes de fishing, notamment avec la vague d'appels silencieux dont vous êtes probablement victimes depuis quelques semaines.

Détecter un clone de son visage ne veut pas dire retirer le deepfake pour YouTube

Une correspondance n'entraîne aucun retrait automatique. YouTube traite chaque demande comme une requête classique de confidentialité, examinée par ses équipes au regard de ses politiques internes. La plateforme protège expressément la parodie, la satire et la critique politique. Un créateur peut donc voir son visage cloné dans un sketch satirique et essuyer un refus.

Le rapprochement avec Content ID s'arrête là. Content ID redirige une part des revenus publicitaires vers les ayants droit. Likeness Detection n'offre aucun mécanisme équivalent à ce jour. Amjad Hanif, vice-président des produits créateurs chez YouTube, a mentionné une future extension aux voix reconnaissables et aux personnages populaires, mais on ignore pour quand.

YouTube adosse par ailleurs son dispositif au NO FAKES Act, projet fédéral américain qui graverait dans la loi un droit à la protection de l'image et de la voix face aux répliques IA. Côté européen, ni Google ni YouTube ne s'engagent sur une date française, alors que la collecte d'une pièce d'identité et d'un selfie pour s'inscrire peut remettre en question la notion de conservation des données biométriques au sens du RGPD.

Source : Engadget