Le 5 mai 2026, Anthropic et Perplexity ont lancé simultanément leurs outils d’IA dédiés à la finance professionnelle. Deux géants de l’IA qui s’attaquent au même gâteau institutionnel, mais avec des armes bien différentes.

Même jour, même cible : les cols blancs de la finance institutionnelle. Pendant qu’Anthropic déroule le tapis rouge devant JPMorgan, Goldman Sachs et Citi avec 10 agents IA prêts à l’emploi, Perplexity déploie son « Computer for Professional Finance », une armada de 35 workflows pré-mâchés taillés pour les fonds spéculatifs et le capital-investissement. La coïncidence du calendrier n’en est absolument pas une : automatiser le travail des analystes financiers est devenu le terrain de chasse prioritaire des grands labos d’IA. La bataille pour imposer le standard logiciel de Wall Street vient de s’accélérer brutalement.
Anthropic vise les grands comptes de la finance avec 10 agents IA
Dix agents, déployables en quelques jours. C’est le cœur de l’offensive d’Anthropic : des templates prêts à l’emploi couvrant les tâches les plus chronophages du secteur, de la construction de pitchbooks à la réconciliation comptable en passant par le screening KYC et la clôture mensuelle. Chaque agent embarque ses propres instructions métier, ses connecteurs de données et ses sous-agents spécialisés. Les équipes peuvent les brancher directement dans Claude Cowork ou Claude Code, ou les faire tourner en mode autonome via Claude Managed Agents pour des traitements nocturnes ou des portefeuilles entiers.
L’écosystème de données derrière est conséquent : FactSet, S&P Capital IQ, MSCI, PitchBook, Morningstar, LSEG, et désormais Dun & Bradstreet, Verisk, Third Bridge ou encore Moody’s, qui intègre ses notations de crédit sur 600 millions d’entreprises directement dans l’interface Claude. Le tout s’appuie sur Claude Opus 4.7, qui affiche un score de 64,37 % sur le benchmark Vals AI Finance Agent. Pour contextualiser : ce benchmark mesure la capacité d’un agent à réaliser des tâches financières réelles de bout en bout. Pas un test académique, une évaluation terrain.

- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique
Perplexity fait de l’intégration sa force de frappe
De l’autre côté du ring, Perplexity ne fait pas dans la dentelle grand public. Contrairement à son image de moteur de recherche « pour tous », la firme cible frontalement l’institutionnel : hedge funds, private equity, et gestionnaires d’actifs. Son arme ? « Computer for Professional Finance », un système qui embarque 35 workflows dédiés.
Perplexity joue la carte de la greffe transparente sur les outils existants : l’IA se branche directement sur les terminaux de données sous licence (Morningstar, PitchBook, Daloopa) via des connecteurs MCP, ou s’appuie sur ses 14 fournisseurs intégrés. Le tout fonctionne directement dans Microsoft Teams et bientôt dans Excel. L’analyste n’a pas à changer d’environnement : il lance une requête, et le système recrache une fiche de synthèse complète ou un écran de sourcing interactif.
L’argument de vente majeur de Perplexity repose sur une promesse simple : tuer l’hallucination. La finance ne pardonne pas les approximations. Le système assure une traçabilité absolue où chaque chiffre généré est cliquable et renvoie à la ligne exacte du document de la SEC d’origine, tout en affichant le calcul intermédiaire.
Si Anthropic vise l’infrastructure lourde de la donnée, Perplexity s’impose comme l’usine de production de livrables « zéro défaut ».
- Sources mises en avant
- Fraicheur des résultats
- Envoi de fichiers pour traitement
Deux stratégies, un même secteur sous pression
La simultanéité des annonces n’est pas anodine. Elle révèle une convergence : la finance professionnelle est perçue comme le secteur où l’IA peut démontrer une valeur économique immédiate et mesurable. Jamie Dimon, patron de la JP Morgan, évoque une transformation profonde du travail portée par ces outils.
Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Anthropic et Perplexity sont en concurrence directe et frontale. Ils chassent exactement les mêmes fonds d’investissement et banques d’affaires. Seule leur philosophie technologique diffère. Anthropic vend une armée d’agents personnalisables, taillée pour le travail de fond et les traitements de masse en back-office. Perplexity, de son côté, livre un outil « plug and play », greffé aux terminaux existants, obsédé par la sacro-sainte traçabilité de chaque virgule.
La finance est officiellement devenue le laboratoire grandeur nature de l’IA agentique. L’enjeu n’est plus technologique, il est psychologique et réglementaire : jusqu’où un analyste ou un gestionnaire de portefeuille sera-t-il prêt à laisser un modèle IA engager sa responsabilité et signer à sa place ?