Divine, héritière de Vine, interdit les vidéos générées par IA et mise sur l'authentification cryptographique pour garantir la créativité humaine sur les réseaux sociaux.

Vine est mort en 2017, tué par Twitter aujourd'hui X.com, faute de modèle économique viable. Neuf ans plus tard, il revient sous un autre nom. Divine, application de vidéos en boucle de six secondes disponible depuis le 29 avril sur iOS et Android, récupère 500 000 vidéos archivées de l'époque originale et ouvre ses portes aux anciens créateurs, tels que, pour les plis connus et célèbres d'entre eux, Lele Pons, JimmyHere, MightyDuck, Jack & Jack. Evan Henshaw-Plath, dit « Rabble », ex-employé de Twitter et fondateur du projet, a bénéficié du soutien financier de Jack Dorsey via le collectif open source And Other Stuff. L'application tourne sur Nostr, un protocole décentralisé et ouvert.
Une interdiction de l'IA adossée à la cryptographie
D'entrée de jeu, ne cherchez pas d'AI slop dans le catalogue. Divine interdit explicitement les contenus générés par intelligence artificielle et ça n'a rien d'un effet d'annonce ni d'une minuscule mention dans ses conditions d'utilisation.
Chaque nouvelle vidéo publiée dans le fil affiche un label indiquant si elle a été réalisée par un humain. En cliquant dessus, l'utilisateur accède à un scanner de détection de contenu génératif, fondé sur une approche cryptographique baptisée ProofMode. Autrement dit, l'authenticité d'une vidéo n'y relève pas de la confiance mais d'une vérification technique.
Là où TikTok, Instagram ou YouTube intègrent des outils de génération IA dans leurs interfaces sans contrainte sur leur usage, Divine prend le contre-pied. La règle n'est pas une option, ni un filtre modéré a posteriori mais bel et bien une condition d'accès à la plateforme. JimmyHere est le créateur présent dès le lancement. Il souhaite que l'on retrouve l'état d'esprit de l'époque Vine. « Aucune IA, aucun gros contrat de marque, juste des gens avec des téléphones de mauvaise qualité qui essayaient de divertir », dit-il dans le communiqué de presse de Divine.
Divine mise sur une croissance par invitation et non grâce à l'algorithme
Pour avoir accès à Divine, pour l'instant, il faut un code d'invitation. Les créateurs sont les premiers arrivés, donc les premiers servis, puis amènent progressivement leurs abonnés. Rabble explique que les réseaux ont longtemps grandi parce que les gens choisissaient d'être là où se trouvaient leurs amis et leurs créateurs favoris, non parce qu'un algorithme publicitaire les y attirait. L'invitation reconstitue cette mécanique.
Tout comme Vine, on a là un ovni dans le monde des modèles de lancements en masse habituels des plateformes sociales, dont la croissance repose quasi systématiquement sur la viralité algorithmique et les dépenses publicitaires
Divine parie plutôt sur une audience construite par choix, non par exposition forcée. Idem pour la monétisation. Les créateurs gardent le contrôle de leur contenu et de leurs abonnés, avec la possibilité de développer leurs propres sources de revenus. Jack Dorsey, qui avait admis ne jamais avoir trouvé de modèle pour Vine, a tiré une leçon de cet échec.
Lele Pons, dont la carrière avait décollé sur Vine alors qu'elle était encore au lycée, a contacté Rabble dans les heures qui ont suivi l'annonce initiale en novembre dernier. « Vine était le début de tout », a-t-elle dit, en parlant d'un moment clé dans sa trajectoire personnelle et dans la culture internet.
Pour l'heure, il est possible de visionner les premières vidéos postées sur divine.video sans compte. Le déploiement complet à un public plus large est prévu dans les prochains mois.
Source : Engadget