La start-up néo-zélandaise Halter vient d'annoncer un partenariat avec SpaceX pour relier ses colliers intelligents directement aux satellites Starlink, sans antenne au sol, pilotables depuis un smartphone même en zone blanche totale.

Une seule vache désignée, la « lead cow », dialogue avec Starlink à un instant donné, puis redistribue les données aux autres bêtes via un réseau maillé de courte portée - ©Halter
Une seule vache désignée, la « lead cow », dialogue avec Starlink à un instant donné, puis redistribue les données aux autres bêtes via un réseau maillé de courte portée - ©Halter

Pendant des années, les éleveurs perdaient des zones entières de pâturage, faute de signal. Les colliers GPS intelligents de Halter fonctionnaient via des antennes radio installées sur les exploitations, efficaces en terrain plat, mais inutilisables dans les reliefs montagneux ou les terres isolées. Halter vient d'annoncer des colliers capables de communiquer directement avec les satellites Starlink, sans tour cellulaire ni infrastructure radio sur le ranch. Partout où le ciel est dégagé, le système tourne.

Côté tarifs, le collier Starlink revient à 9 dollars par animal et par mois, contre 8 dollars pour la version à mâts. Mais pour les grandes exploitations, le bénéfice est considérable. Craig Piggott, fondateur et directeur général de Halter, cite l'exemple d'un ranch américain ayant investi environ 100 000 dollars pour cinquante mâts. Avec Starlink, l'éleveur n'a plus aucun frais d'infrastructure.

Chaque vache est un nœud de réseau à part entière

Chaque animal est à la fois acteur et spectateur dans le réseau. Halter ne connecte pas tous les colliers simultanément aux satellites. Une seule vache désignée, la « lead cow », dialogue avec Starlink à un instant donné, puis redistribue les données aux autres bêtes via un réseau maillé de courte portée. Ses copines portent elles aussi un collier Starlink pour permettre la rotation du rôle de relais au fil des déplacements et gérer les animaux qui s'éloignent du groupe. Le troupeau est lui-même l'infrastructure.

En cas de perte de signal, les colliers conservent les dernières consignes reçues et les vaches restent dans le périmètre virtuel défini. Si une situation d'urgence impose de nouveaux ordres, l'éleveur peut se connecter en Bluetooth direct, le réseau maillé se chargeant de propager la commande, jusqu'à une portée d'environ 15 mètres.

Un marché mondial étendu par le satellite

Pour l'instant, le partenariat est déployé en Nouvelle-Zélande, terre qui compte quelque 3 000 exploitations bovines, notamment dans les régions de Central Otago, Gisborne et les hautes terres du Southland. Elles n'ont aujourd'hui aucune couverture cellulaire. Craig Piggott estime que l'option Starlink élargira d'environ 50 % le marché adressable de Halter aux États-Unis. Les prochains marchés qui devraient suivre seront l'Amérique du Sud et grande première, l'Afrique, pour la première fois.

Valorisée 3,3 milliards de dollars après une levée de 377 millions, Halter équipe déjà plus d'un million d'animaux sur plus de 2 000 exploitations. Bevan McKnight, locataire de Northburn Station dans les Dunstan Mountains en Otago central, gère 200 bovins Angus et 11 000 mérinos sur 13 000 hectares. Avant Starlink, pour atteindre certains de ses pâturages, il lui aurait fallu installer et déployer 25 mâts. Avec ce système de collier, il va pouvoir, comme dans un jeu de plateau, débloquer des blocs entiers de terres jamais pâturées.

Chacun son satellite Starlink et les vaches seront bien gardées.

Source : PC Mag