Sundar Pichai l'a annoncé lors du Cloud Next 2026 : 75 % du nouveau code produit chez Google est désormais généré par l'IA. Il y a six mois, ce chiffre était de 50 %. Personne ne freine.

En six mois, Google a fait passer la part de code généré par l'IA de 50 à 75 %. Ce n'est pas une projection, pas un objectif : c'est le chiffre réel, annoncé par Sundar Pichai lui-même dans un article publié en marge du Cloud Next 2026 à Las Vegas. La progression est suffisamment rapide pour qu'on se pose la question sérieusement : à quel rythme ce curseur va-t-il continuer de monter ? Et surtout, qu'est-ce que ça change concrètement pour les ingénieurs qui travaillent là-bas ?
75 % du code généré par l'IA : ce que le chiffre cache vraiment
La formule de Pichai est précise, et il faut la lire attentivement. Selon Businessinsider, le PDG de Google a déclaré : « 75 % de tout le nouveau code chez Google est désormais généré par l'IA et approuvé par des ingénieurs. » Chaque ligne reste relue et validée par un humain. L'IA n'a pas les clés du dépôt Git en autonomie totale ; elle rédige, les ingénieurs arbitrent. C'est une nuance importante, même si elle ne doit pas masquer l'ampleur du basculement.

Ce qui frappe davantage, c'est la vitesse. Passer de 50 à 75 % en un semestre, c'est une adoption interne qui ressemble moins à une expérimentation qu'à un déploiement en force. Google utilise ses propres équipes comme terrain de test pour sa plateforme Gemini Enterprise avant de la commercialiser à ses clients cloud. La stratégie a un nom en interne : « Customer Zero ». Autrement dit, Google s'impose à lui-même ce qu'il vendra demain.
Du copilote à l'agent autonome : le vrai tournant
Le chiffre des 75 % est spectaculaire, mais le vrai sujet est ailleurs. Google ne parle plus de simples suggestions de code ou d'autocomplétion intelligente. Pichai décrit un passage aux « workflows agentiques » : des ingénieurs qui orchestrent des escouades d'agents autonomes plutôt que de taper des lignes de code une par une. Un exemple concret a été cité : une migration de code particulièrement complexe, réalisée six fois plus vite qu'il y a un an grâce à cette collaboration homme-agents. Six fois.
Autre illustration : l'application Gemini native pour macOS aurait été prototypée en quelques jours seulement via une plateforme interne baptisée « Antigravity ». Ce glissement du chatbot vers le travailleur autonome n'est pas propre à Google, c'est la direction que prend toute l'industrie. Mais Google, avec ses dizaines de milliers d'ingénieurs, est peut-être le premier à le faire à cette échelle. Ce qui en fait à la fois un laboratoire et un signal fort envoyé à la concurrence.
La vraie question que ce chiffre pose n'est pas technique, elle est structurelle : si trois quarts du code sont déjà générés par des machines supervisées par des humains, quel est le plafond ? 90 % ? 95 % ? Et combien d'ingénieurs faut-il pour superviser des agents qui travaillent, eux, sans pause ? Google ne répond pas à ça. Ce que Pichai vend ici, c'est une vision de la productivité augmentée. Ce qu'il ne dit pas, c'est comment cette transformation redéfinit, à terme, les effectifs dont une entreprise comme la sienne a réellement besoin.