Le tchat anonyme Coco est de nouveau en ligne sous l’adresse Cocoland.cc malgré l'opération judiciaire de juin 2024. Cette réapparition avec une infrastructure technique identique provoque la colère de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance. Elle dénonce une agression contre la protection des mineurs et promet une traque active des responsables.

Coco renaît sous la forme de COCOtchat - ©Mélina Loupia / Clubic
Coco renaît sous la forme de COCOtchat - ©Mélina Loupia / Clubic

L'optimisme et la satisfaction des autorités françaises après la saisie des serveurs de Coco.gg aura été de courte durée. Le portail revient avec une interface familière et des fonctionnalités inchangées. Cette résurrection fait suite à la mise en examen d'Isaac Steidl pour pédopornographie et proxénétisme aggravé en 2025. Sarah El Haïry qualifie chez notre confrère Ouest-France ce retour de « vraie gifle à la promesse de protection » faite aux familles.

Elle mobilise désormais des signaleurs de confiance pour documenter les infractions constatées sur cette nouvelle adresse. Les dérives criminelles passées, comme les guets-apens ou le trafic de stupéfiants, hantent à nouveau le web. Or, la structure actuelle du site profite de revenus publicitaires via des régies mondiales. Les autorités craignent l'efficacité de ce nouveau domaine, car les prédateurs utilisent les mêmes failles pour attirer des proies mineures.

Le financement publicitaire par des acteurs légitimes

L'architecture technique permet le maintien en ligne de la plateforme, mais sur l'aspect financier, on ne sait pas quelle est la responsabilité des prestataires.

Des publicités diffusées par Google AdSense apparaissent sur les salons de discussion. Pourtant, le passé judiciaire de ce tchat appartient au domaine public depuis les révélations liées aux viols de Mazan. Une entreprise française de marketing digital, Baevo, fournit également des outils de communication à la plateforme.

Ces services facilitent la viabilité économique du site, alors le haut-commissariat à l'Enfance envisage des signalements auprès de l'Arcom.

Les revenus générés autorisent les administrateurs à financer des hébergements complexes en Ukraine ou en Bulgarie. Sarah El Haïry demande une vigilance accrue des régies publicitaires pour couper les vivres à ces espaces dangereux.

La haute-commissaire à l’Enfance Sarah el Haïry a alerté ce samedi 18 avril 2026 sur le retour de ce site, selon notre confrère Ouest-France - ©ToninT / Shuttertsock
La haute-commissaire à l’Enfance Sarah el Haïry a alerté ce samedi 18 avril 2026 sur le retour de ce site, selon notre confrère Ouest-France - ©ToninT / Shuttertsock

L'échec partiel de la coopération judiciaire frontalière

À Rotterdam, des sociétés de protection de données dissimulent toujours l'identité des véritables administrateurs. Ces intermédiaires masquent le nom des propriétaires de domaines et les saisies physiques réalisées par Eurojust sur les anciens serveurs sont de fait inutiles. Les autorités européennes ont débranché les machines, mais elles n'ont pas pu identifier les responsables qui pilotent désormais la version miroir du site. Si Isaac Steidl dort aujourd'hui en prison, une équipe technique fantôme a donc pu commander de nouveaux espaces d'hébergement en toute discrétion.

Avec cette anticipation méticuleuse, les gérants parviennent à déjouer les futures offensives des magistrats. Cet anonymat verrouillé entrave la fermeture définitive du tchat, et donnent un temps d'avance et une certaine impunité aux prédateurs qui retrouvent leurs habitudes dans l'obscurité des salons de discussion.

Sarah El Haïry promet un harcèlement sans répit contre les initiateurs de ce projet. Elle compte sur des signalements systématiques auprès de PHAROS afin d'obtenir le blocage du domaine sur le territoire national. Il en va de sa sécurité des mineurs.

  • Signalement simplifié des contenus illicites en ligne
  • Collaboration étroite avec la police nationale
  • Plateforme sécurisée et anonyme